<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847</id><updated>2011-10-03T13:37:44.773+02:00</updated><title type='text'>Carnets indiens</title><subtitle type='html'>2006-2007 . Une année en Inde, à New Delhi . Impressions, anecdotes et découvertes .</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>56</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-6175626260767811547</id><published>2007-07-18T23:28:00.002+02:00</published><updated>2008-04-13T16:59:26.642+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- FIN -&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a href="http://julien-phototext.blogspot.com/"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-6175626260767811547?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/6175626260767811547/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=6175626260767811547' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/6175626260767811547'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/6175626260767811547'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/fin.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-504511792037394142</id><published>2007-07-18T23:22:00.000+02:00</published><updated>2007-07-18T23:29:32.058+02:00</updated><title type='text'>Le mot de la fin</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;    Cela va faire exactement un an cette semaine que j'ai pris pour la première fois le vol Paris - Delhi : c'était le 19 juillet 2006, et j'avais tant à découvrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Aujourd'hui, et alors qu'une année riche en expériences, en découvertes et en rencontres s'est passée depuis, j'ai l'impression de n'avoir exploré qu'une infime partie de l'Inde, de son peuple, de sa culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Je suis revenu en France depuis presque deux mois maintenant, et j'y ai repris mes habitudes, mon ancien train de vie. Cependant, et alors que le temps qui passe et m'éloigne de mon séjour en Inde me donne aussi plus de recul, je prends chaque jour un peu mieux la mesure de tout ce que j'ai appris au cours de cette année inoubliable. Je me sens plus adulte qu'il y a un an : j'ai appris à me débrouiller par moi-même, à m'adapter à des conditions auxquelles je ne suis pas habitué, à aller vers les gens de façon plus spontanée. Je crois aussi être devenu plus ouvert d'esprit, plus humble, et davantage conscient de ce que sont mes faiblesses et mes forces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   J'avais, avant de partir, un certain nombre d'attentes quant à cette année en Inde, et je peux dire qu'elles ont été comblées. Je cherchais le dépaysement, et je l'ai trouvé, au-delà de ce que j'avais pu imaginer. Je cherchais une expérience intense, parfois difficile sans doute, mais humainement et culturellement enrichissante, et là non plus, je n'ai pas été déçu. Je voulais mieux me connaître en étant confronté à des situations qui m'étaient inconnues, mieux connaître le monde en sortant de ma bulle privilégiée, mieux connaître l'Homme en partant à la découverte d'une culture, d'une société et de façons de penser totalement différentes de celles dont j'étais familier. Et de fait, j'aurai progressé dans ces directions au cours de mon séjour en Inde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   J'ai très peu de regrets ; très clairement, je n'ai pas celui d'avoir choisi l'Inde. Je n'ai pas non plus celui d'être maintenant rentré en France, car j'ai profité de cette année autant que j'en étais capable. Il y a naturellement bien des endroits que je n'ai pas vus, bien des choses que je n'ai pas faites, mais qui aurait été assez fou pour espérer tout voir et tout connaître de l'Inde en dix mois? Mon seul véritable regret est, je crois, d'avoir rencontré moins d'Indiens que je n'aurais peut-être pu le faire. Non pas que je n'en aie pas rencontré beaucoup, non pas que ces rencontres n'aient pas été enrichissantes. Mais le peuple indien est si fascinant et si divers qu'on voudrait toujours mieux le connaître, mieux le comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Bien qu'il y ait en Inde bien des choses qui me déplaisent, me révoltent ou me choquent, bien que je ne sache pas dire au juste si j'aime ce pays - tout dépend, bien sûr, de ce que veut dire aimer un pays -, je resterai profondément attaché à l'Inde. J'aime avant tout son peuple, qui me touche et m'émeut par son apparente simplicité, qui cache une complexité et une richesse insoupçonnables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   L'Inde m'a donc beaucoup apporté, et, davantage qu'il y a un an, je me sens prêt à avancer, vers la fin de mes études et le début de ma vie "active". Ce séjour en Inde aura été pour moi une sorte de transition profonde, intime. De mon côté, je ne peux évidemment pas prétendre avoir apporté quoi que ce soit à l'Inde, mais j'espère avoir laissé une bonne impression à ceux que j'ai rencontrés là-bas, qui me manqueront, et, surtout, je souhaite, de tout mon coeur car c'est tout ce que je suis en mesure d'offrir, que l'Inde progresse rapidement et sûrement sur la voie du développement économique et social. Il faut que cette misère indicible, insoutenable, inhumaine, pour laquelle l'Inde est tristement connue, disparaisse. Il faut que les sourires magnifiques des enfants indiens, et leurs regards pétillants, puissent être vus dans des écoles et des maisons en dur, non devant des bidonvilles boueux à l'intersection des grandes routes des grandes villes. Il en va de la dignité de l'humanité toute entière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Il y a hélas, à l'égard du développement futur de l'Inde, beaucoup de raisons d'être pessimiste, la principale étant pour moi la médiocrité malsaine et désespérante de la sphère politique indienne, la corruption omniprésente qui y règne, la lourdeur administrative qui la caractérise, et qui donne lieu à de nombreux blocages, l'absence de réelle volonté politique et l'incapacité des élites à résoudre les conflits sociaux ou communautaires, et la reproduction sempiternelle, de maintes manières, des mêmes schémas de discrimination et d'exclusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Cependant il y a au moins une raison d'être optimiste quant au futur de l'Inde, et de croire en un développement harmonieux : cette raison, c'est l'identité même du peuple indien. Les Indiens ont beau être divers et représenter un sixième de l'humanité, ils sont uniques au monde, et ils portent avec eux un héritage historique et culturel colossal. Dans leur mentalité même, dans leurs ambiguïtés, dans leur diversité, ils ont une richesse, un atout, une force, qui peut être difficile à maîtriser, mais qui est susceptible de réaliser des miracles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Après tout, l'Inde elle-même n'est-elle pas un miracle?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Au moment de clore ces carnets, un an après mon envol pour l'Inde, je souhaite exprimer ma sincère gratitude à tous les gens que j'ai rencontrés au cours de cette année en Inde, et qui rendirent cette année vivante, même si la plupart ne liront jamais ces lignes ; mais aussi à tous ceux qui furent les lecteurs, réguliers ou occasionnels, de ces carnets, et notamment à ceux qui m'adressèrent leurs remarques, compliments ou critiques, soit publiquement par le biais des "commentaires", soit de manière privée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Je tiens également à dire que je serai ravi d'aider, dans la mesure de mon possible, toute personne désireuse d'aller en Inde, et qui se poserait des questions, pratiques ou autres, sur le pays. Je reste évidemment joignable par le biais de ce blog.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Si j'ai donné aux lecteurs l'envie d'aller en Inde, ces carnets auront atteint un de leurs principaux objectifs. Mais quoi que vous ayiez pensé de ce blog, je ne saurais trop vous encourager à saisir ardemment toute opportunité d'aller en Inde qui se présenterait à vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   A tous, bon voyage!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-504511792037394142?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/504511792037394142/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=504511792037394142' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/504511792037394142'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/504511792037394142'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/le-mot-de-la-fin.html' title='Le mot de la fin'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-6708397427763594301</id><published>2007-07-18T23:07:00.001+02:00</published><updated>2007-07-18T23:21:08.810+02:00</updated><title type='text'>Promenade dans les montagnes : bis</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp6C1srqSuI/AAAAAAAAATw/S7loIX5FjAw/s1600-h/-+300.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; 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display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_h8rqSnI/AAAAAAAAAS4/6l1OnWqlkho/s400/-+230.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088644850176903794" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Après l'orage&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_iMrqSoI/AAAAAAAAATA/ZHi_7Ow9-jA/s1600-h/-+235.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_iMrqSoI/AAAAAAAAATA/ZHi_7Ow9-jA/s400/-+235.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088644854471871106" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_icrqSpI/AAAAAAAAATI/ckKhCZWPF8M/s1600-h/-+261.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_icrqSpI/AAAAAAAAATI/ckKhCZWPF8M/s400/-+261.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088644858766838418" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_i8rqSqI/AAAAAAAAATQ/iWcgCNd6eQU/s1600-h/-+269.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_i8rqSqI/AAAAAAAAATQ/iWcgCNd6eQU/s400/-+269.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088644867356773026" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_jMrqSrI/AAAAAAAAATY/mT2-b6wt5nY/s1600-h/-+285.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_jMrqSrI/AAAAAAAAATY/mT2-b6wt5nY/s400/-+285.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088644871651740338" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp6AVcrqSsI/AAAAAAAAATg/dLpdybH3Fps/s1600-h/-+287.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp6AVcrqSsI/AAAAAAAAATg/dLpdybH3Fps/s400/-+287.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088645734940166850" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp6AWsrqStI/AAAAAAAAATo/HNtFuSEm27Q/s1600-h/-+290.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp6AWsrqStI/AAAAAAAAATo/HNtFuSEm27Q/s400/-+290.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088645756415003346" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-2592119563729695767?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/2592119563729695767/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=2592119563729695767' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2592119563729695767'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2592119563729695767'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/sarahan-village-perdu-dans-les.html' title='Sarahan, village perdu dans les montagnes'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5_h8rqSnI/AAAAAAAAAS4/6l1OnWqlkho/s72-c/-+230.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-1766880242695916491</id><published>2007-07-18T22:31:00.001+02:00</published><updated>2007-07-18T22:51:02.823+02:00</updated><title type='text'>Promenade dans les montagnes</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp566srqSfI/AAAAAAAAAR4/3nVprJLY1Ik/s1600-h/-+145.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp566srqSfI/AAAAAAAAAR4/3nVprJLY1Ik/s400/-+145.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088639777820527090" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp567MrqSgI/AAAAAAAAASA/W7OpYpvDmbk/s1600-h/-+165.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp567MrqSgI/AAAAAAAAASA/W7OpYpvDmbk/s400/-+165.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088639786410461698" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp567srqShI/AAAAAAAAASI/l4C5tnDck1c/s1600-h/-+166.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp567srqShI/AAAAAAAAASI/l4C5tnDck1c/s400/-+166.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088639795000396306" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp568MrqSiI/AAAAAAAAASQ/uySu_IcS3Uc/s1600-h/-+172.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp568MrqSiI/AAAAAAAAASQ/uySu_IcS3Uc/s400/-+172.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088639803590330914" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp568crqSjI/AAAAAAAAASY/C5tEmscPIg0/s1600-h/-+178.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp568crqSjI/AAAAAAAAASY/C5tEmscPIg0/s400/-+178.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088639807885298226" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp58xMrqSkI/AAAAAAAAASg/L5Ipppjjhzo/s1600-h/-+202.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp58xMrqSkI/AAAAAAAAASg/L5Ipppjjhzo/s400/-+202.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088641813635025474" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp58xcrqSlI/AAAAAAAAASo/7e1erqGXLNE/s1600-h/-+205.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp58xcrqSlI/AAAAAAAAASo/7e1erqGXLNE/s400/-+205.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088641817929992786" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp58xsrqSmI/AAAAAAAAASw/xtwAO4dcevA/s1600-h/-+212.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp58xsrqSmI/AAAAAAAAASw/xtwAO4dcevA/s400/-+212.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088641822224960098" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Promenade dans les montagnes au-dessus de Dharmshala.&lt;br /&gt;En haut (environ 3400m), le brouillard et quelques plaques de neiges éternelles.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-1766880242695916491?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/1766880242695916491/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=1766880242695916491' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1766880242695916491'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1766880242695916491'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/promenade-dans-les-montagnes.html' title='Promenade dans les montagnes'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp566srqSfI/AAAAAAAAAR4/3nVprJLY1Ik/s72-c/-+145.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-1019504353805071942</id><published>2007-07-18T22:16:00.001+02:00</published><updated>2007-07-18T22:30:56.073+02:00</updated><title type='text'>Dharmshala, ville du Dalaï Lama</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp521srqSaI/AAAAAAAAARQ/XM7xNs-LfLs/s1600-h/-+114.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp521srqSaI/AAAAAAAAARQ/XM7xNs-LfLs/s400/-+114.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088635293874669986" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Dharmshala, dans les montagnes himalayennes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp525crqSdI/AAAAAAAAARo/B0c9uOljlYA/s1600-h/-+125.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp525crqSdI/AAAAAAAAARo/B0c9uOljlYA/s400/-+125.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088635358299179474" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5258rqSeI/AAAAAAAAARw/_R6MErXZNY4/s1600-h/-+136.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5258rqSeI/AAAAAAAAARw/_R6MErXZNY4/s400/-+136.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088635366889114082" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp522MrqSbI/AAAAAAAAARY/KGadb30sZbo/s1600-h/-+095.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp522MrqSbI/AAAAAAAAARY/KGadb30sZbo/s400/-+095.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088635302464604594" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;A l'intérieur d'un temple bouddhiste. Le moine a fait tourner le rouleau, qui contient des pages de prières. Faire tourner le rouleau équivaut à réciter les prières. Pratique!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp523srqScI/AAAAAAAAARg/8_7-WxEbShc/s1600-h/-+118.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp523srqScI/AAAAAAAAARg/8_7-WxEbShc/s400/-+118.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088635328234408386" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;L'après-midi, les moines bouddhistes débattent entre eux. Ils assènent leurs arguments en tapant et en frappant dans leurs mains, comme pour donner une force physique à leurs propos.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-1019504353805071942?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/1019504353805071942/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=1019504353805071942' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1019504353805071942'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1019504353805071942'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/dharmshala-ville-du-dala-lama.html' title='Dharmshala, ville du Dalaï Lama'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp521srqSaI/AAAAAAAAARQ/XM7xNs-LfLs/s72-c/-+114.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-8708469999929284353</id><published>2007-07-18T22:01:00.001+02:00</published><updated>2007-07-18T22:15:59.444+02:00</updated><title type='text'>Amritsar, capitale des Sikhs</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zLcrqSTI/AAAAAAAAAQY/7nUXNOLuIq4/s1600-h/-+005.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zLcrqSTI/AAAAAAAAAQY/7nUXNOLuIq4/s400/-+005.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088631269490313522" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zL8rqSUI/AAAAAAAAAQg/yOuPzXwFQbw/s1600-h/-+019.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zL8rqSUI/AAAAAAAAAQg/yOuPzXwFQbw/s400/-+019.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088631278080248130" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;A la sortie de la cantine du Temple d'or&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zMsrqSVI/AAAAAAAAAQo/3abg9Md_uLw/s1600-h/-+025.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zMsrqSVI/AAAAAAAAAQo/3abg9Md_uLw/s400/-+025.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088631290965150034" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zM8rqSWI/AAAAAAAAAQw/whDeDH6UL64/s1600-h/-+028.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zM8rqSWI/AAAAAAAAAQw/whDeDH6UL64/s400/-+028.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088631295260117346" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp50MsrqSZI/AAAAAAAAARI/0tNrCctb3Rw/s1600-h/-+079.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp50MsrqSZI/AAAAAAAAARI/0tNrCctb3Rw/s400/-+079.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088632390476777874" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp50McrqSYI/AAAAAAAAARA/N1t3Du-F4Ps/s1600-h/-+067.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp50McrqSYI/AAAAAAAAARA/N1t3Du-F4Ps/s400/-+067.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088632386181810562" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zNMrqSXI/AAAAAAAAAQ4/1Idgb79Jj0U/s1600-h/-+065.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zNMrqSXI/AAAAAAAAAQ4/1Idgb79Jj0U/s400/-+065.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5088631299555084658" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le jour et la nuit au Temple d'Or&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-8708469999929284353?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/8708469999929284353/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=8708469999929284353' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/8708469999929284353'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/8708469999929284353'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/amritsar.html' title='Amritsar, capitale des Sikhs'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5zLcrqSTI/AAAAAAAAAQY/7nUXNOLuIq4/s72-c/-+005.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-2569398908714206463</id><published>2007-07-18T21:44:00.001+02:00</published><updated>2007-07-18T21:57:53.111+02:00</updated><title type='text'>Le Rajasthan : le désert Thar</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rp5vq8rqSNI/AAAAAAAAAPo/GE6lhqBLtEg/s1600-h/RJ+400.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; 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display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RppK2crqR9I/AAAAAAAAANo/WdVIZHHoaYc/s400/RJ+077.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087461028341106642" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Pushkar&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RppE58rqR3I/AAAAAAAAAM4/mgHVVCN33xI/s1600-h/RJ+019.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RppE58rqR3I/AAAAAAAAAM4/mgHVVCN33xI/s400/RJ+019.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087454491400882034" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RppE6MrqR4I/AAAAAAAAANA/JqK1fbLv3No/s1600-h/RJ+022.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RppE6MrqR4I/AAAAAAAAANA/JqK1fbLv3No/s400/RJ+022.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087454495695849346" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RppE6crqR5I/AAAAAAAAANI/gi91NsLSPPE/s1600-h/RJ+039.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RppE6crqR5I/AAAAAAAAANI/gi91NsLSPPE/s400/RJ+039.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087454499990816658" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Jaipur, de nouveau.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-7344994368963958096?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/7344994368963958096/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=7344994368963958096' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/7344994368963958096'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/7344994368963958096'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/le-rajasthan-jaipur-bis-et-pushkar.html' title='Le Rajasthan : Jaipur (bis) et Pushkar'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RppK1MrqR6I/AAAAAAAAANQ/mic2IkshbAg/s72-c/RJ+023.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-4694264199064615887</id><published>2007-07-15T16:22:00.000+02:00</published><updated>2007-07-15T17:17:35.266+02:00</updated><title type='text'>Old Delhi</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5icrqRyI/AAAAAAAAAMQ/3L3WkfYW-Sg/s1600-h/-+026.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5icrqRyI/AAAAAAAAAMQ/3L3WkfYW-Sg/s400/-+026.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087441993046050594" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5i8rqRzI/AAAAAAAAAMY/-v-61if33FU/s1600-h/-+031.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5i8rqRzI/AAAAAAAAAMY/-v-61if33FU/s400/-+031.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087442001635985202" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5jcrqR0I/AAAAAAAAAMg/EN-eM1HUYBc/s1600-h/-+037.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5jcrqR0I/AAAAAAAAAMg/EN-eM1HUYBc/s400/-+037.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087442010225919810" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5j8rqR1I/AAAAAAAAAMo/28e_RSkqh9k/s1600-h/-+040.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5j8rqR1I/AAAAAAAAAMo/28e_RSkqh9k/s400/-+040.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087442018815854418" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5kcrqR2I/AAAAAAAAAMw/NgP8tNH10K8/s1600-h/-+044.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5kcrqR2I/AAAAAAAAAMw/NgP8tNH10K8/s400/-+044.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087442027405789026" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Dans les rues du vieux Delhi&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2k8rqRtI/AAAAAAAAALo/oEoDDVqE3YQ/s1600-h/-+058.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2k8rqRtI/AAAAAAAAALo/oEoDDVqE3YQ/s400/-+058.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087438737460840146" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2lcrqRuI/AAAAAAAAALw/hLONRX8jbXU/s1600-h/-+070.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2lcrqRuI/AAAAAAAAALw/hLONRX8jbXU/s400/-+070.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087438746050774754" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2lsrqRvI/AAAAAAAAAL4/VV56EIw1lTQ/s1600-h/Delhi+001.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2lsrqRvI/AAAAAAAAAL4/VV56EIw1lTQ/s400/Delhi+001.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087438750345742066" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2l8rqRwI/AAAAAAAAAMA/ZfmJYpJ7R_U/s1600-h/-+081.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2l8rqRwI/AAAAAAAAAMA/ZfmJYpJ7R_U/s400/-+081.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087438754640709378" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2mcrqRxI/AAAAAAAAAMI/AHfLmtHFQ9c/s1600-h/-+099.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo2mcrqRxI/AAAAAAAAAMI/AHfLmtHFQ9c/s400/-+099.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087438763230643986" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jama Masjid&lt;/span&gt;, grande mosquée de Delhi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai finalement pris très peu de photos de Delhi... Comme si cela m'était trop proche pour que je le photographie.&lt;br /&gt;Voici néanmoins quelques photos du vieux Delhi, quartier le plus populaire, le plus densément peuplé, le plus pittoresque et le plus typiquement indien de la capitale.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-4694264199064615887?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/4694264199064615887/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=4694264199064615887' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/4694264199064615887'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/4694264199064615887'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/old-delhi.html' title='Old Delhi'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpo5icrqRyI/AAAAAAAAAMQ/3L3WkfYW-Sg/s72-c/-+026.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-1620018049636791933</id><published>2007-07-15T16:07:00.000+02:00</published><updated>2007-07-15T16:21:28.733+02:00</updated><title type='text'>Munirka</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RposJMrqRpI/AAAAAAAAALI/vyJQrZjGV38/s1600-h/-+150.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RposJMrqRpI/AAAAAAAAALI/vyJQrZjGV38/s400/-+150.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087427265603192466" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RposJsrqRqI/AAAAAAAAALQ/OhaxibWFbfY/s1600-h/-+136.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RposJsrqRqI/AAAAAAAAALQ/OhaxibWFbfY/s400/-+136.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087427274193127074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Munirka Market : c'est son quotidien que l'on photographie en dernier...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RposJ8rqRrI/AAAAAAAAALY/y9-EOThgPTk/s1600-h/-+127.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RposJ8rqRrI/AAAAAAAAALY/y9-EOThgPTk/s400/-+127.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087427278488094386" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Munirka DDA Flats et ses immeubles rouges caractéristiques&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RposKsrqRsI/AAAAAAAAALg/Ff1ChDBPfp4/s1600-h/-+122.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RposKsrqRsI/AAAAAAAAALg/Ff1ChDBPfp4/s400/-+122.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087427291372996290" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Mon appartement était au dernier étage de l'immeuble jaune, tout à droite. Parmi ces câbles, il y avait celui qui me donnait accès à Internet, câble par lequel l'essentiel de ce blog a transité.&lt;span style="font-style: italic;"&gt; (Emotion des lecteurs.)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-1620018049636791933?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/1620018049636791933/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=1620018049636791933' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1620018049636791933'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1620018049636791933'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/munirka.html' title='Munirka'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RposJMrqRpI/AAAAAAAAALI/vyJQrZjGV38/s72-c/-+150.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-8695066321326107373</id><published>2007-07-15T15:38:00.000+02:00</published><updated>2007-07-15T16:07:12.149+02:00</updated><title type='text'>JNU : photos du campus</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpoo18rqRlI/AAAAAAAAAKo/Lgygr4kff6o/s1600-h/-+053.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpoo18rqRlI/AAAAAAAAAKo/Lgygr4kff6o/s400/-+053.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087423636355827282" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La statue de Jawaharlal Nehru dans le jardin de l'université&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpoo2crqRmI/AAAAAAAAAKw/GBO5Mm-IfNk/s1600-h/-+064.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpoo2crqRmI/AAAAAAAAAKw/GBO5Mm-IfNk/s400/-+064.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087423644945761890" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpoo3MrqRnI/AAAAAAAAAK4/5NjZ6jLAc9s/s1600-h/-+014.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpoo3MrqRnI/AAAAAAAAAK4/5NjZ6jLAc9s/s400/-+014.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087423657830663794" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpoo3srqRoI/AAAAAAAAALA/bDkdlpXtTlo/s1600-h/-+045.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpoo3srqRoI/AAAAAAAAALA/bDkdlpXtTlo/s400/-+045.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087423666420598402" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;hostel&lt;/span&gt;, un bâtiment de cours et la grande bibliothèque&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RpomC8rqRjI/AAAAAAAAAKY/ifOgiSBcky4/s1600-h/-+028.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RpomC8rqRjI/AAAAAAAAAKY/ifOgiSBcky4/s400/-+028.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087420561159243314" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RpomDcrqRkI/AAAAAAAAAKg/2wq7jp4rSW0/s1600-h/-+072.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RpomDcrqRkI/AAAAAAAAAKg/2wq7jp4rSW0/s400/-+072.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5087420569749177922" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les cantines de JNU, avec leurs affiches politiques&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-8695066321326107373?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/8695066321326107373/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=8695066321326107373' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/8695066321326107373'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/8695066321326107373'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/07/jnu-photos-du-campus.html' title='JNU : photos du campus'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rpoo18rqRlI/AAAAAAAAAKo/Lgygr4kff6o/s72-c/-+053.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-6126977173263127470</id><published>2007-05-31T19:46:00.000+02:00</published><updated>2007-05-31T20:04:52.397+02:00</updated><title type='text'>Amritsar, l'Himalaya... et la France!</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;    Voilà bien longtemps que je n'ai plus ajouté une ligne à ces carnets, et pour tout dire, j'écris ce nouveau billet depuis... la France. Mon séjour en Inde est en effet arrivé à son terme : je suis rentré en France le 24 mai à l'aube.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Les sensations du retour ont été les mêmes qu'en décembre - à la différence que le retour est, cette fois, définitif. Se retrouver soudain chez soi, dans son pays, au milieu des siens, après des mois dans un pays fortement dépaysant comme l'Inde peut l'être, suscite cette impression à la fois étrange et agréable de la replongée dans un univers quotidien, familier, habituel, et en même temps quelque peu distant, quelque peu embrumé par le long séjour ailleurs. Rien n'a changé, tout est tel que vous l'avez laissé, et pourtant rien n'est plus pareil : c'est que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vous&lt;/span&gt; avez changé, c'est que votre regard sur les personnes et les choses n'est plus le même. Ce n'est pas de dépaysement inversé qu'il s'agit, mais l'on a la sensation d'avoir pris plus de distance, plus de recul par rapport à ce qui nous était proche. C'est comme si le familier, tout en restant familier, s'était éloigné, non pas tant en termes d'affection qu'en termes d'appartenance et d'identité. Car l'on a connu autre chose. C'est peut-être la manifestation de l'ouverture d'esprit dont on dit qu'elle est la conséquence inévitable - et ô combien souhaitable! - des voyages, et a fortiori des longs séjours à l'étranger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Mon séjour en Inde étant arrivé à son terme, ces carnets doivent parvenir à leur conclusion. Mais avant de dresser un bilan de ces dix mois en Inde, je veux raconter mon dernier voyage, d'autant qu'il fut aussi l'un des plus beaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    La raison pour laquelle je n'avais rien écrit dans ces carnets depuis début mars est tout simplement qu'entre mars et la mi-mai, je n'ai rien fait d'extraordinaire, je n'ai pas quitté Delhi une seule fois. Je suis resté cantonné à la routine des cours à JNU - pour autant que l'on puisse parler de routine pour un Occidental en Inde. Le 1er mai, j'ai eu mon dernier examen de fin de semestre à JNU, et je me suis retrouvé en vacances - non sans une certaine ironie, le jour de la fête du travail. Puisque je ne quittais le pays que le 24 mai, j'ai pu entreprendre un dernier voyage en Inde, avant de me consacrer aux fastidieux préparatifs de retour - il m'a fallu vendre mes meubles, expédier une lourde malle par la poste (puisse-t-elle m'arriver!), faire mes adieux, prendre des photographies de ce que j'avais toujours oublié de photographier car c'était en permanence devant mes yeux, c'est-à-dire mon quotidien, JNU et Munirka.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    A Delhi, depuis début avril, le climat était brûlant - avec des températures voisines de 40°C, montant parfois jusqu'à 45°C - et aride, ce qui avait pour effet de rendre l'air particulièrement irrespirable, chargé de pollution et de poussière. Ce climat est au final largement moins désagréable que le climat moins chaud mais plus humide que j'avais trouvé à mon arrivée en Inde, et qui s'était prolongé jusqu'en septembre - on souffle et transpire beaucoup plus à 32°C et 80% d'humidité qu'à 45°C et 10% d'humidité. Néanmoins, pour mon dernier voyage, j'étais désireux de trouver un climat plus doux, un air plus respirable, et d'aller dans la seule direction que je n'avais pas encore explorée. J'avais fait l'Est avec Kolkata, l'Ouest avec Bombay et le Rajasthan, le Sud avec Goa, Pondichéry, etc. J'ai donc fini par le Nord, par l'Himalaya, comme pour faire un premier pas vers les nuages où m'emmènerait l'avion du retour, comme pour prendre de l'altitude et du recul pour contempler l'Inde à mes pieds - en toute modestie, naturellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    J'ai effectué ce voyage avec Clémence et Christian, que les lecteurs assidus de ces carnets connaissent déjà car j'ai déjà voyagé avec eux, mais aussi avec Mike, un Américain du Vermont, qui a passé un semestre à JNU. Ce fut un groupe de voyage extrêmement sympathique et solide, au plus grand étonnement de certains Indiens, qui ont parfois du mal à comprendre comment deux Français, un Allemand et un Américain peuvent s'entendre. L'amitié franco-allemande, en particulier, suscite fréquemment des froncements de sourcils chez les Indiens. Faut-il leur dire qu'un jour, peut-être, il en ira des Pakistanais et des Indiens comme il en va aujourd'hui des Allemands et des Français? Que les rivalités entre peuples ne sont jamais définitives, et qu'il est possible de convertir les pires hostilités en sincères amitiés, autour d'un projet pacifique et humaniste, défendant les intérêts communs aux deux peuples? Le caractère novateur, progressiste et moderne, voire post-moderne de l'Union européenne est saisissant... dès que l'on sort de l'Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Mais l'Inde est une nation encore jeune. Le temps n'est pas si lointain, où Churchill la qualifiait de "simple expression géographique". L'Inde est une nation jeune, oui, et elle en a les attributs : les Indiens sont profondément patriotes, chauvins, ou nationalistes, selon les individus. A cet égard, j'ai assisté à un spectacle qui m'a semblé surréaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    En effet, mon dernier voyage indien, a commencé par une étape à Amritsar, capitale du Punjab. Amritsar n'est absolument pas dans les montagnes, il y fait aussi chaud et étouffant qu'à Delhi, mais je voulais voir cette ville, qui est connue pour être la ville sacrée des Sikhs. Les Sikhs forment une minorité religieuse indienne. Leur foi est à la croisée de l'hindouisme, de l'Islam et des croyances zoroastriennes, avec une composante progressiste et une composante guerrière - les Sikhs, qui s'appellent presque tous Singh ('lion'), sont animés de valeurs de courage, de vertu militaire et de résistance, portent toujours un poignard sur le flan - en plus du turban sur la tête et du bracelet au poignet - et, de fait, représentent traditionnellement un fort pourcentage des effectifs de l'armée indienne. (L'actuel premier ministre indien, Manmohan Singh, est un Sikh.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Amritsar est donc la ville sainte des Sikhs, bâtie autour du magnifique Temple d'Or, qui flotte sur son lac, au milieu d'un sanctuaire de marbre blanc, aveuglant au soleil. Ce sanctuaire, comme beaucoup de lieux de culte en Inde, donne l'impression d'être un lieu de vie plus encore qu'un lieu de prière - ce que nos églises se contentent d'être. On y trouve une cantine, où chacun peut être nourri gratuitement, et des salles de repos. Les gens viennent en famille, après leur journée de travail, font leur toilette dans l'eau sacrée, se prélassent à l'ombre des colonnades, discutent entre eux. C'est un lieu de socialisation élémentaire, un lieu saint, mais qui est en même temps pris avec une légèreté et une familiarité qu'on ne trouve pas dans les religions d'Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    La grande majorité des Sikhs indiens vivent à Amritsar et dans le petit Etat du Punjab dont Amritsar est la capitale. Hors du Punjab, on ne trouve guère de Sikhs que dans les grandes métropoles, comme Delhi ou Bombay, et, à la rigueur, dans les Etats voisins du Punjab. Au début des années 1980, il y avait donc de fortes revendications de la part de nombreux Sikhs pour un Punjab indépendant. Elles prirent un tour violent, et Indira Gandhi réprima durement le mouvement, en commettant le sacrilège d'assassiner des militants sikhs qui s'étaient réfugiés dans le Temple d'Or, et en causant de graves dommages au sanctuaire. Ce tort irréparable lui coûta cher, puisque la fille de Nehru fut assassinée en 1984 par ses gardes du corps sikhs...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je disais donc, pour en revenir à ce sujet, que j'ai assisté au spectacle surréaliste du patriotisme des Indiens. Amritsar, en effet, est toute proche de la frontière indo-pakistanaise. Or, au poste frontière de Waga, à une trentaine de kilomètres d'Amritsar, se déroule tous les soirs une étrange cérémonie, que j'ai pu suivre. Des deux côtés de la porte entre les deux pays, autour du poste frontière, les soldats indiens et pakistanais font les coqs : c'est à qui sera le plus impressionnant, à qui marchera le plus vite, à qui lèvera la patte le plus haut, à qui tiendra son cri le plus longtemps sur la même note sans respirer. Puis la porte s'ouvre, et un officier indien serre vigoureusement la main d'un officier pakistanais. Alors que le soleil se couche, les drapeaux des deux pays sont ensuite abaissés simultanément, de sorte que l'un ne soit jamais plus haut que l'autre. Bref, c'est un concours en la matière de l'honneur militaire le plus primaire. Mais le vrai spectacle est dans les tribunes, des deux côtés de la frontière : car c'est une foule immense qui assiste à la cérémonie. Et tandis que les soldats des deux pays rivalisent dans la marche militaire, les spectateurs des deux pays les encouragent avec ferveur et rivalisent, eux, dans le slogan patriotique. Il faut hurler plus fort, montrer plus d'enthousiasme, afficher plus de fierté nationale que de l'autre côté de la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Vraiment, il n'y a rien de plus curieux que cette grande messe du patriotisme pour un Européen pour qui l'idée même de Nation n'est plus forcément de la plus fraîche actualité et de la plus grande pertinence. Pour tout dire, je me suis même senti mal à l'aise, devant cette démonstration impressionnante, quoi que bon enfant, d'un patriotisme aveugle, proche du nationalisme militariste construit sur l'opposition à un rival, phénomène dont on sait les ravages qu'il a causé en Europe, à une époque où les nations européennes avaient l'âge qu'ont aujourd'hui les nations indienne et pakistanaise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Cette cérémonie quotidienne est en tout cas une manifestation très claire de ce que les Indiens se sont enfin débarassés du complexe d'infériorité hérité d'une longue domination coloniale, et se perçoivent comme une nation forte, avec beaucoup d'orgueil. Malgré les innombrables problèmes qui pèsent encore sur la destinée de l'Inde, les Indiens sont extrêmement fiers de leur pays, et peut-être même un peu trop confiants en son avenir - ils donnent souvent l'impression de croire que les problèmes de pauvreté, de sous-développement, d'inégalités et de discriminations, etc., se résoudront d'eux-mêmes, automatiquement, par l'opération de quelque force surnaturelle, ou de la seule croissance économique. Je le leur souhaite, mais je n'y crois pas une seconde, évidemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Après Amritsar, nous sommes donc bel et bien allés dans les montagnes, et plus précisément en Himachal Pradesh, un des Etats himalayens de l'Inde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Notre première étape là-bas fut Dharmshala / McLeod Ganj (les deux noms sont corrects, le premier est plus connu mais le second est plus précis). Mike et moi y arrivâmes par un bus qui roula de nuit pendant quatre heures et dans lequel nous n'avions pas de place assise - mais c'est chose fréquente en Inde, où les bus sont toujours bondés. Clémence et Christian, qui ne nous avaient pas accompagnés à Amritsar (ayant déjà visité cette ville), nous rejoignirent pour le petit déjeuner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Située à 1700m d'altitude, McLeod Ganj est célèbre pour être la capitale du gouvernement tibétain en exil. C'est donc là que réside le Dalaï Lama. Toute la région est donc profondément marquée par la culture tibétaine et le bouddhisme - qui sont indissociables l'un de l'autre, évidemment. Ainsi, outre par les touristes et les babacools, les rues de McLeod Ganj sont fréquentées par des moines bouddhistes dans leurs tuniques rouges bordeaux, et l'on peut visiter plusieurs temples et monastères, pas forcément très beaux en eux-mêmes, mais en tout cas intéressants pour en apprendre davantage sur le bouddhisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    McLeod Ganj est entouré de hautes et belles montagnes, mais qui sont fréquemment dans les nuages. Ce fut hélas le cas le jour où nous avions décidé de faire une grande randonnée. Si la vue dont nous pûmes jouir en fut considérablement réduite, et parfois même limitée à quelques mètres lorsque nous fûmes au milieu des nuages, notre promenade n'en fut pas moins magnifique pour autant. Le chemin que nous suivîmes, bien que plutôt sportif, était très fréquenté, en particulier par des touristes indiens peu sensibles au silence majestueux des grands paysages. Le parcours était même régulièrement ponctué de dhabas - ces petites baraques qui servent à boire et à manger. Même à 2900m, au lieu-dit Triund, nous avons trouvé une dhaba qui a pu nous vendre un plat chaud, ce qui était bien agréable - car nous étions loin des 45°C de Delhi! Christian et moi avons ensuite continué au-delà de Triund, vers la&lt;span style="font-style: italic;"&gt; "snow line"&lt;/span&gt;, située à 3200 ou 3400m (selon les versions), où nous avons pu voir et toucher les restes des neiges éternelles! Finalement, si les nuages obstruaient une vue sans doute superbe sur les autres montagnes, ils donnèrent leur charme propre, un peu magique, à la scène. Ce fut un moment assez inoubliable lorsque nous nous retrouvâmes seuls là-haut, à fouler les neiges éternelles au milieu des nuages, sans y voir à plus de cinquante mètres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Un autre moment inoubliable de notre séjour à McLeod Ganj fut notre sortie au cinéma : en fait de cinéma, il s'agissait d'une petite salle aux murs en contreplaqué, avec pour fauteuils de vieux sièges de bus. L'appareil de projection était un vidéo-projecteur familial des plus ordinaires. Et quant au film, c'était une copie pirate, filmée par quelqu'un dans un cinéma chinois - à en croire les sous-titres originaux, auxquels le "pirate" avait ajouté des sous-titres écrits dans l'anglais le plus approximatif et le plus incohérent. L'image était inclinée, et l'ombre du fauteuil de devant - dans le cinéma chinois où le film avait été filmé, vous me suivez? - en cachait la partie inférieure. On voyait aussi des ombres - chinoises, donc - se lever de temps en temps, vraisemblablement pour aller satisfaire quelques besoins élémentaires. Tout ceci, pour la modique somme de 30 Roupies, était bien plus amusant que le film lui-même, navet ordinaire dont je ne tairai pas le nom : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Spiderman 3&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    De McLeod Ganj, nous allâmes ensuite à Simla, capitale de l'Etat, qui nous fit très mauvaise impression - mais sans doute n'étions-nous pas dans les meilleures conditions pour l'apprécier, après une nuit passée dans un bus particulièrement inconfortable sur des routes chaotiques. Nous reprîmes donc aussitôt le bus vers Sarahan... Où nous arrivâmes finalement en taxi. En effet, le chauffeur du bus que nous avions pris à Simla me fit la peur de ma vie en conduisant de manière complètement inconsciente : sur ces routes de montagne tortueuses et non goudronnées, serpentant le long d'un abrupt ravin, il roulait véritablement à tombeau ouvert, faisant la course avec un autre bus, doublant dans les virages, et, signe inquiétant, il avait aux lèvres le sourire béat d'un enfant irresponsable, comme s'il s'amusait. Je suis pourtant habitué à la conduite un peu folle des Indiens, et je n'avais jamais protesté avant, mais ce jour-là c'en était trop, et la fatigue de la nuit passée dans un autre bus aidant, je m'énervai. Après avoir tenté de raisonner le chauffeur, voyant d'une part qu'il se moquait de moi, et d'autre part que deux policiers qui étaient dans le bus semblaient plus choqués par mon emportement que par la conduite irresponsable du chauffeur - quelle farce que la police indienne! -, je décidai que je n'irais pas plus loin par ce bus. Mes compagnons de voyage me suivirent gentiment - eux avaient contenu leur peur mais n'étaient guère plus sereins que moi - et nous finîmes donc le trajet en taxi. Cela nous coûta plus cher, mais je ne le regrette absolument pas : très honnêtement, j'avais l'impression de risquer ma vie à chaque virage dans ce bus fou. D'ailleurs, les carcasses de camions et de bus défoncées qui jonchaient çà et là les rebords de la route n'étaient pas pour me rassurer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Sarahan, situé à plus de 2000m d'altitude, est sans conteste le village le plus petit et le plus isolé que j'aie visité en Inde - à l'exception, peut-être, du village du désert Thar d'où mes parents et moi avions commencé notre excursion à dos de dromadaire. Perdu dans les montagnes, Sarahan est tout-à-fait charmant. L'endroit est calme, reposant, frais, pur. On y trouve un superbe temple en bois dédié à la déesse Kali. Lorsque nous arrivâmes, les nuages nous cachaient les montagnes, une fois de plus ; mais le lendemain, après une violente tempête, les nuages se dissipèrent en début d'après-midi, et les montagnes qui encerclent le village nous apparurent, avec leurs sommets noirs saupoudrés de neige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Ces montagnes furent le cadre d'une autre grande randonnée avec la journée, cette fois en compagnie d'un guide local, car le chemin était loin d'être clairement balisé, et d'ailleurs nous ne croisâmes pas une seule personne de toute la journée - sauf peut-être un ou deux fermiers. Ce n'était d'ailleurs pas pour nous déplaire. Alors que rien n'effraie tant les Indiens que la solitude et le silence, nous autres Occidentaux les recherchons avidement. Et en Inde, il est peu d'endroits où on puisse si aisément les trouver que dans les montagnes. Le plaisir de ces marches en montagne est complet : on se sent vivifié par la marche, on respire l'air frais et pur, on se délecte de ce silence bruyant des torrents et du vent dans les arbres, on déguste les odeurs qui émanent des fleurs dans les prairies et du humus dans les bois, et l'on fixe sur sa rétine des images mémorables : lorsque nous émergeâmes de la forêt et que nous atteignîmes le premier sommet, un paysage magnifique, avec, partout autour de nous, des montagnes couvertes de neige, récompensa nos efforts. Il y a quelque chose d'émouvant à être sur un sommet - si modeste fut-il - de l'Himalaya, chaîne mythique entre toutes en raison des records mondiaux d'altitude qu'elle détient. Il y a quelque chose d'extraordinaire à se dire que cela aussi, c'est l'Inde ; que l'Inde, c'est aussi cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Quel pays extraordinaire que l'Inde, aux proportions gigantesques, aux contrastes absolus, des sommets himalayens à la plaine du Gange, du désert Thar aux forêts tropicales de Goa, de la foule de Bombay à l'isolement de Sarahan! Et il va de soi qu'à la diversité géographique de l'Inde font écho de semblables diversités sociales, religieuses, culturelles, en un mot humaines. Comment s'ennuyer en Inde? Combien de vies faudrait-il pour pouvoir prétendre connaître l'Inde? Les Indiens eux-même la connaissent si mal, eux qui sont si peu à pouvoir voyager - en dix mois, j'ai vu plus d'endroits en Inde que la plupart des Indiens n'en voient pendant toute leur vie. Quelle que soit la pertinence et la cohérence de l'Inde en tant que pays et en tant que Nation, l'Inde a des dimensions telles et connaît une telle diversité et une telle richesse qu'elle est et demeure un pays éternellement et universellement étranger, étranger à tous, étranger aux Indiens eux-mêmes. Etre indien, c'est ainsi être étranger en son propre pays. Il ne fait aucun doute qu'un Indien natif de Goa est bien plus un étranger à Sarahan qu'un Français n'est étranger en Grèce. Churchill n'avait pas tort, au fond, l'Inde est bel et bien une simple expression géographique ; le miracle est qu'elle existe en tant que Nation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Après Sarahan, nous rentrâmes à Simla le vendredi après-midi, d'où partait notre train de retour. Notre impression de Simla, qui est donc la capitale de l'Himachal Pradesh, fut bien meilleure lorsque nous y retournâmes après Sarahan que lorsque nous y étions arrivés de McLeod Ganj. Nous appréciâmes notre visite du musée municipal, lequel recèle un certain nombre de merveilles artistiques de la région - des masques et des sculptures de différentes époques, et de superbes fresques murales, notamment. Nous pûmes également visiter le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Viceroy's Lodge&lt;/span&gt;, c'est-à-dire la résidence d'été du Vice-Roi des Indes - Simla, située à 2000m d'altitude et donc plus fraîche que Delhi, fut en effet la capitale d'été du Raj britannique. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Viceroy's Lodge&lt;/span&gt; est un beau bâtiment en briques, entouré d'élégants jardins, et il n'aurait pas dépareillé à Cambridge. En Inde, il détonne davantage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Après cet agréable séjour dans les montagnes, au frais, il fut un peu désagréable de retrouver la touffeur de Delhi. Mais, sitôt ce voyage terminé, il me fallut penser à un tout autre voyage, celui du retour vers la France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Avoir de belles images de montagne dans la tête, être allé au Nord et au Sud, à l'Est et à l'Ouest du pays, c'était sans doute la meilleure façon de quitter l'Inde sans regret, sans tristesse, avec le sentiment d'avoir profité autant que possible de ces dix mois ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Il me reste, cependant, tant de choses à voir et à découvrir, à vivre et à apprendre, dans ce pays extraordinaire et infini qu'est l'Inde. Dix mois furent juste suffisants pour que je me fasse une idée de l'étendue de ce que je n'ai pas eu le temps de faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le 24 mai, je n'ai pas dit adieu à l'Inde. Je reviendrai en Inde, je le sais. Et je sais aussi que l'Inde ne me quittera jamais. Je rapporte avec moi des sensations, des images, des souvenirs qui m'accompagneront toujours. L'Inde est un pays qu'on n'oublie pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-6126977173263127470?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/6126977173263127470/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=6126977173263127470' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/6126977173263127470'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/6126977173263127470'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/05/amritsar-lhimalaya-et-la-france.html' title='Amritsar, l&apos;Himalaya... et la France!'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-2766772253388416827</id><published>2007-03-19T17:26:00.000+01:00</published><updated>2007-03-19T20:57:05.461+01:00</updated><title type='text'>Holi, une journée à voir la vie en rose</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt;Le 4 mars avait lieu &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt;, une fête religieuse hindoue très importante, qui célèbre le printemps et les couleurs, même s'il y a également un arrière-plan mythologique. Les Indiens célèbrent &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt;en se lançant des poudres de couleurs les uns sur les autres et en buvant des &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;bang lhassis&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt;. Le &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;lhassi&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt; est une boisson traditionnelle indienne, à base de lait fermenté, qui est très agréable pour apaiser les bouches enflammées par les épices. Le &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;bang lhassi&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt;, qui ne se trouve qu'à l'occasion de &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt;, est un &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;lhassi&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt; à la marijuana... Cela donne une première idée du caractère pour le moins surprenant de cette fête : la consommation de drogue est interdite en Inde, mais, le jour de &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt;, on trouve des &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;bang lhassis&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt; absolument partout. Les cantines des universités elles-mêmes en vendent.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div  style="font-family: arial; text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;JNU a la réputation d'être le meilleur endroit à Delhi pour assister aux célébrations de &lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi&lt;/span&gt;. C'est donc tout naturellement sur le campus que je me suis rendu pour participer à ce qui s'est très vite imposé comme une des choses les plus folles qu'il m'ait été donné de voir. Imaginez : sur une sorte de terrain vague entre deux hostels, des centaines d'étudiants dansent sur des rythmes endiablés joués sur des caisses vides, et se lancent des poudres de couleurs, rouges, roses, jaunes, bleues et vertes, dans une extraordinaire hystérie collective - encouragée par la consommation par certains de bang lhassis. Après quelques secondes de plongée dans cette foule, votre chemise est arrachée sans pitié, afin qu'on puisse mieux vous peinturlurer, et vous êtes multicolore des pieds à la tête, jusqu'au fin fond de vos narines et de vos oreilles. C'est une vision surréaliste. Tout le monde est hilare. Personne n'oppose de résistance, ou alors seulement pour jouer. Même entre inconnus, on s'aborde, on se salue, on se saupoudre de couleurs, et puis on se souhaite &lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;"happy holi"&lt;/span&gt; en riant, dans une sorte de communion universelle, abolissant toutes les distinctions d'âge, de sexe, d'ethnie, de caste, et même de religion - car si &lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi&lt;/span&gt; est une fête hindoue, elle est plus ou moins célébrée par tous les Indiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi&lt;/span&gt; est un moment de folie collective dont l'intensité semble vouloir faire oublier pour une journée les problèmes de la vie quotidienne. &lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi &lt;/span&gt;est un anesthésiant, une thérapie de groupe, un arc en ciel dans un ciel noir, un feu d'artifice dans une nuit sombre. &lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi &lt;/span&gt;est une des expériences les plus indiennes et les plus extrêmes que l'on puisse faire en Inde, une de ces expériences qui vous font aimer l'Inde, pour ce qu'elle a d'unique au monde, pour son peuple, capable d'être si chaleureux, si généreux, et si doué pour l'auto-dérision, pour cette euphorie un peu folle qui anime périodiquement plus d'un milliard d'individus à l'unisson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces moments-là sont toujours trop courts. &lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Holi&lt;/span&gt;, cependant, laisse des traces : pour quelques jours encore, on peut observer des tâches dans les rues, et les cheveux de certains ont d'étranges couleurs. Même le chiot d'une cantine de JNU, jadis blanc comme neige, est resté un peu rose, depuis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rf7oLJVDdjI/AAAAAAAAAKM/EsDKD82jSr0/s1600-h/Holi+018.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rf7oLJVDdjI/AAAAAAAAAKM/EsDKD82jSr0/s400/Holi+018.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5043723910881965618" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Voilà ce à quoi on peut ressembler après &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Holi&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-2766772253388416827?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/2766772253388416827/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=2766772253388416827' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2766772253388416827'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2766772253388416827'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/03/holi-une-journe-voir-la-vie-en-rose.html' title='Holi, une journée à voir la vie en rose'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Rf7oLJVDdjI/AAAAAAAAAKM/EsDKD82jSr0/s72-c/Holi+018.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-2587307534983221098</id><published>2007-03-19T17:18:00.000+01:00</published><updated>2007-03-19T17:32:49.972+01:00</updated><title type='text'>Merveilles du Rajasthan</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;    Les dernières semaines ont été très occupées par diverses occupations des plus sérieuses au plus frivoles - raison de mon long silence sur ce blog. Il est temps de procéder à une petite mise-à-jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Il y a trois semaines, mes chers parents et ma chère soeurette sont arrivés en Inde (je suis obligé de dire "chers", ils lisent le blog, vous comprenez... :-P ). Le premier jour, je leur ai fait visiter &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Old Delhi&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chandni Chowk&lt;/span&gt;, la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jama Masjid&lt;/span&gt;, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Red Fort&lt;/span&gt;), ce qui fut une rude entrée en matière - car &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Old Delhi&lt;/span&gt; est assurément un des endroits les plus pauvres, les plus sales, les plus densément peuplés et les plus animés de la capitale. Au moins furent-ils parés pour le reste de nos aventures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Nous avons ensuite voyagé tous ensemble à travers le Rajasthan, pendant une semaine. Nous avions loué une voiture avec chauffeur, ce qui en Inde est la solution la plus pratique pour ce genre de voyages. Le chauffeur s'impose, car la conduite indienne est vraiment particulière... En principe, les Indiens conduisent à gauche, comme les Anglais. En fait, ils conduisent un peu partout, ils dépassent des camions sur des petites routes, dans les virages ou les montées, ils enchaînent les queues de poisson, avec une grande habilité certes, mais sans la moindre prudence. Avoir un chauffeur permet donc de fermer les yeux et de penser à autre chose dans ces moments-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   L'autre intérêt qu'il y a à avoir un chauffeur est que celui-ci peut vous emmener dans des endroits qui ne sont pas forcément répertoriés dans les guides de voyage, mais aussi vous conseiller des hôtels ou des restaurants. Dans la mesure où cela lui permet de toucher une commission des hôteliers, il n'est jamais avare en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"very good address"&lt;/span&gt;. C'est d'ailleurs parfois un peu envahissant, et il faut également savoir imposer ses choix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Et puis, avoir un chauffeur, c'est avant tout faire une rencontre. Les longs trajets permettent de discuter et d'en apprendre un peu plus sur les Indiens eux-mêmes, sur le regard qu'ils portent sur leur pays, sur votre pays, sur le monde, ou sur tout autre sujet. Les touristes qui voyagent en groupes avec des guides occidentaux, par exemple, vont de site en site sans jamais vraiment avoir la chance de faire la connaissance des Indiens - sauf des commerçants, qui ne sont pas forcément les Indiens les plus attachants bien qu'ils soient très collants. Notre chauffeur, Sunil, était intéressant en ce qu'il était à mon avis aussi indien qu'on peut l'être, aussi bien dans son apparence physique (la moustache impeccablement taillée, les cheveux très noirs gominés, une certaine corpulence, la dentition dans un état effrayant, etc.) que dans sa façon d'être, de penser et de se comporter. Bien sûr, l'âme indienne est aussi vaste et diverse que le territoire sur lequel elle s'étend, et toute tentative de la définir est périlleuse, mais, quand on voyage dans diverses régions du pays, on s'aperçoit qu'il y a néanmoins quelques caractéristiques communes à la majorité des Indiens, et ces caractéristiques, Sunil les avait toutes. Il était à la fois calme et impatient, doux et insistant, triste et souriant, susceptible et fier de lui, il était porté sur la spiritualité autant que sur l'argent, et il était capable d'écouter pendant des heures une musique qui nous semblait répéter sempiternellement une même mélodie de trente secondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   C'est donc sur fond de musique tantôt traditionnelle et sacrée, tantôt moderne et profane (la fameuse &lt;span style="font-style: italic;"&gt;hindipop&lt;/span&gt;), que nous avons parcouru les routes superbes - mais pas toujours en excellent état - du Rajasthan. A lui seul, le Rajasthan est grand comme l'Allemagne et peuplé comme la France. Cela donne une idée de combien il est difficile de tout voir en une semaine, surtout quand l'état des routes est tel qu'on dépasse rarement les 50 km/h. Nous avons donc dû faire des choix, et nous concentrer sur certaines étapes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Nous avons commencé par Jaipur, où j'étais déjà allé cet été et dont j'ai déjà parlé sur ce blog. Je ne m'étends donc pas davantage sur cette ville magnifique, que j'ai d'ailleurs eu plaisir à revoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   La seconde étape fut Pushkar, une toute petite ville complètement perdue dans une sorte de désert assez montagneux - ces montagnes-là sont les plus vieilles du monde. Pushkar est une ville sacrée dédiée à Brahma, et construite autour d'un petit lac vers lequel plongent une succession de ghats, ces escaliers par lesquels les pèlerins descendent vers l'eau afin de s'y purifier, en s'y baignant et même en la buvant... Ce lac est à peu près tout ce qu'il y a à voir à Pushkar. Bien entendu, dès que vous arrivez sur le bord du lac, un Brahmane vous aide à vous purifier - mais l'attraction est adaptée pour les touristes occidentaux, peu enthousiastes à l'idée d'entrer en contact avec l'eau purificatrice. Vous avez donc le droit à quelques prières pour votre avenir et celui de votre famille (par exemple avoir un bon travail, ou trouver une bonne femme - "une femme qui ne se la ramène pas trop" est sans doute ce qui est signifié par &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"a good wife"&lt;/span&gt;), et à une belle leçon de morale, mettant l'accent sur l'importance de la spiritualité : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"money is not everything."&lt;/span&gt; La cérémonie se termine par la remise d'un bracelet en ficelle au bienheureux pèlerin contre le don de quelques euros au spirituel Brahmane - le seul fait qu'il accepte les euros en dit déjà long sur l'authenticité de son activité spirituelle et purificatrice. Bientôt les cartes de crédit aussi acceptées? &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"But you know, my friend, money is not everything." &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Pushkar est d'autre part célèbre pour sa foire aux dromadaires (bien que tout le monde dise "foire aux chameaux", ce sont des dromadaires, avec d... une bosse!), qui a lieu chaque mois d'octobre. Enfin, Pushkar est un lieu de villégiature privilégié pour babacools attardés, ce qui achève de donner à la prétendue authenticité de la ville sacrée un air complètement ridicule et artificiel. On n'est donc pas obligé de faire étape à Pushkar lorsqu'on n'a qu'une semaine pour visiter le Rajasthan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Jodhpur, par contre, vaut assurément qu'on s'y arrête. Le fort, imposant sur son roc, est tout simplement superbe, aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur, avec ses salles richement décorées. On y a de plus une vue magnifique sur la vieille ville, avec ses maisons bleues. En outre, ceux qui ont aimé la purification dans le lac de Pushkar aimeront sans doute également se faire lire l'avenir dans les lignes de la main - un "professionnel" les attend quelque part dans le fort. "Je vois que vous allez perdre quatre cents roupies."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Jaisalmer fut la quatrième étape de notre voyage. Se dressant comme un mirage au milieu du désert Thar, Jaisalmer est l'une des dernières villes du Rajasthan avant la frontière indo-pakistanaise. Y aller implique donc un long détour, permettant de prendre la mesure du Rajasthan, mais la route qui relie Jodhpur à Jaisalmer est très belle : on y sent le désert hésiter. Les dunes de sable succèdent en effet à une sorte de savane, en passant par des étendues de caillasse, ponctuée ça et là de plantes grasses et de quelques arbres ou arbustes. Les dromadaires, les antilopes, les rapaces ou d'autres oiseaux animent ces paysages arides. Encore la sècheresse n'est-elle pas trop prononcée en février ; c'est d'ailleurs la saison idéale pour visiter le Rajasthan, les températures sont très supportables et le temps est superbe.&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;   La pierre de Jaisalmer semble dorée. Elle évoque irrésistiblement les sables du désert si proche. Le fort, d'ailleurs, donne l'impression de s'enfoncer inexorablement dans des sables mouvants. Ses remparts aux formes arrondies ont parfois presque entièrement disparu dans l'éboulis qui leur servit de promontoire, mais qui, fatigué peut-être de devoir soutenir une construction si imposante, semble désormais vouloir les engloutir peu à peu. C'est un fait, d'ailleurs que le fort de Jaisalmer est menacé. Pourtant, rien ne le laisse paraître une fois qu'on est à l'intérieur des remparts. Sans se douter de la lente tragédie qui se déroule, on peut admirer les portes sublimes du fort, les belles demeures, encore habitées, ou les temples jaïns, dans toute la complexité de leur architecture, où le moindre centimètre carré de pierre est travaillé avec une précision d'orfèvre. S'il est impressionnant, le résultat de ce travail n'est d'ailleurs pas beau, à mon goût du moins. Il lui manque la grace de la sobriété, il est surchargé par tant de volutes et de détails.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   L'architecture des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;havelis &lt;/span&gt;est bien plus belle, quand bien même leur sobriété n'est que très relative : ce ne sont pas des églises romanes. C'est même tout le contraire. Les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;havelis&lt;/span&gt;, qui datent généralement des XVIIIème et XIXème siècles, sont des maisons de commerçants ayant fait fortune dans l'opium, les bijoux, les soieries, etc. En fait de maisons, ce sont de vrais palais, aux dimensions réduites, mais à la richesse évidente. Les visiter permet de s'imaginer l'existence opulente de leurs anciens habitants, qui profitaient des plaisirs de la vie tandis que les caravanes transportant leurs produits arpentaient le désert. Il règne dans ces &lt;span style="font-style: italic;"&gt;havelis&lt;/span&gt;, et d'ailleurs au Rajasthan en général, un parfum moyen-oriental qui rappelle les très fortes influences perses et mogholes dans la région. L'architecture, les arts et l'artisanat du Rajasthan permettent de se rendre compte de ce que l'Inde fut à la croisée de nombreux chemins, comme sa diversité religieuse l'illustre également. La rencontre de différentes cultures, qui définit l'Inde et la rend si fascinante, est, autant que je puisse en juger, sensible au Rajasthan plus que partout ailleurs - exception faite des trois grandes métropoles cosmopolites que sont Mumbai, Kolkata et Delhi, et qui sont comme trois aimants à cultures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Nous avons consacré une après-midi à l'incontournable promenade à dos de dromadaire, à partir d'un village à une cinquantaine de kilomètres de Jaisalmer. Au même titre que la purification à Pushkar, c'est l'attraction pour touristes par excellence, mais, cette fois, il serait dommage de s'y soustraire. Installé sur l'inconfortable monture, survolé par les vautours, on se prend facilement pour Laurence d'Arabie en avançant dans ces paysages extraordinaires, faits tantôt de sable, tantôt de pierre, et en contemplant les dunes embrasées par le soleil couchant. çà et là, on trouve un village, et l'on y rencontre des enfants par dizaines, qui vivent dans des huttes en terre séchée. On pourrait se croire dans un autre monde. Ce serait oublier que ce monde-là reste la réalité dominante de l'Inde, puisque le pays est encore très majoritairement rural. En ne voyant de l'Inde que ses villes, on se fait facilement une idée fausse du pays, et de son avenir. L'avenir de l'Inde se confond dans une très large mesure avec l'avenir des dizaines d'enfants qui peuplent le moindre village, qui ont un accès limité à l'éducation, et qui se préparent à vivre de la même façon que leurs parents et que leurs grands-parents - à quelques innovations près, comme la télévision -, en cultivant la terre, en gardant les troupeaux, et en élevant les dromadaires. Ce qui déterminera le développement futur de l'Inde, c'est l'importance accordée aux zones rurales et les efforts faits pour y améliorer les conditions de vie et les opportunités sociales et économiques, bien plus que les mouvements de capitaux à la bourse de Bombay ou que l'installation de nouveaux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;call-centres&lt;/span&gt; à Bangalore. Malgré toutes les transformations qui ont lieu depuis une décennie dans les grandes villes indiennes, l'Inde ne changera vraiment que lorsque les campagnes aussi changeront.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Nos deux dernières étapes, sur la route du retour vers Delhi, furent Bikaner et Mandawa. Comme beaucoup de villes du Rajasthan, Bikaner vaut surtout le détour pour son fort, immense et labyrinthique, gardant les traces de la richesse et du raffinement des temps passés. Nous avons également visité l'atelier d'un artiste au talent extraordinaire, qui peint des miniatures traditionnelles avec une finesse et une précision stupéfiantes. Avec ses pinceaux faits de quelques poils d'écureuil - parfois même d'un seul poil! - il peint avec une minutie infinie des arbres dans toute la précision de leur feuillage, des animaux dans toute la précision de leur pelage, des oiseaux dans toute la précision de leur plumage. Le terme de miniature prend tout son sens lorsqu'on sait que cet artiste figure dans le livre des records pour avoir réalisé le plus petit tableau du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Quant à Mandawa, c'est une petite ville dont le seul intérêt réside dans ses très nombreux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;havelis&lt;/span&gt;. Leur état fait peine à voir. Les bâtiments sont délabrés, parfois presque en ruines ; les murs s'effritent et les peintures s'effacent. Ici, la splendeur n'est plus qu'un souvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Le Rajasthan est un Etat extraordinairement riche, avec ses forts imposants, où les arts et les artisanats semblent avoir culminé, avec ses villes colorées, leurs marchés sublimes et leurs &lt;span style="font-style: italic;"&gt;havelis&lt;/span&gt;. Le patrimoine est exceptionnel, mais il est insuffisamment mis en valeur, et, sauf dans les villes les plus touristiques, il disparaît progressivement. Mandawa illustre bien ce phénomène : c'est une ville tout-à-fait secondaire, souvent oubliée des trajets touristiques, et qui recèle pourtant d'incroyables trésors, laissés à l'abandon. C'est un triste constat, mais un constat qui vaut pour tout le Rajasthan, que j'ai déjà fait à propos de Kolkata, et que l'on pourrait élargir à toute l'Inde. Sans doute faudrait-il que le gouvernement indien fasse des efforts, y-compris financiers, pour entrer dans un cercle vertueux dans lequel la mise en valeur du patrimoine et l'amélioration des infrastructures touristiques attireraient davantage de visiteurs, générant davantage de profits, permettant une meilleure restauration des monuments, à son tour susceptible de faire croître les recettes du tourisme. Il n'y a aucun doute que l'Inde a le potentiel pour faire du tourisme une de ses principales sources de revenus, dont l'économie toute entière pourrait bénéficier. Tout ceci est bien sûr plus facile à dire qu'à faire, mais, quand bien même le nombre de touristes visitant l'Inde augmente significativement chaque année, il semble que le gouvernement ne s'investisse pas autant qu'il le pourrait dans cette entreprise fondamentale.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-2587307534983221098?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/2587307534983221098/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=2587307534983221098' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2587307534983221098'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2587307534983221098'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/03/merveilles-du-rajasthan.html' title='Merveilles du Rajasthan'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-9171733825398948522</id><published>2007-03-10T14:08:00.000+01:00</published><updated>2007-03-10T14:22:02.292+01:00</updated><title type='text'>Photos de Kolkata IV - La ville coloniale</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKwlPbj-8I/AAAAAAAAAJ8/BPe_5ooDBFk/s1600-h/KKT+058.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; 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display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKuUPbj-4I/AAAAAAAAAJc/bHRJfjHDKhs/s400/KKT+305.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040282595743759234" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marble Palace&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-9171733825398948522?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/9171733825398948522/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=9171733825398948522' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/9171733825398948522'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/9171733825398948522'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/03/photos-de-kolkata-iv-la-ville-coloniale.html' title='Photos de Kolkata IV - La ville coloniale'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKwlPbj-8I/AAAAAAAAAJ8/BPe_5ooDBFk/s72-c/KKT+058.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-3144903960764445703</id><published>2007-03-10T11:58:00.000+01:00</published><updated>2007-03-10T14:08:17.345+01:00</updated><title type='text'>Photos de Kolkata III - La ville, le peuple</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKtffbj-3I/AAAAAAAAAJU/TSuc-WcOD70/s1600-h/KKT+020.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKtffbj-3I/AAAAAAAAAJU/TSuc-WcOD70/s400/KKT+020.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040281689505659762" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Comme un parfum d'indécence...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKsRvbj-0I/AAAAAAAAAI8/Ic97bkfROJI/s1600-h/KKT+047.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKsRvbj-0I/AAAAAAAAAI8/Ic97bkfROJI/s400/KKT+047.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040280353770830658" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Barbier de rue comme il en existe partout en Inde.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKsSfbj-1I/AAAAAAAAAJE/a-3mwL0QIXI/s1600-h/KKT+051.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKsSfbj-1I/AAAAAAAAAJE/a-3mwL0QIXI/s400/KKT+051.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040280366655732562" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Tramway, auto-rickshaw, pulling-rickshaw, taxi : les moyens de locomotion à Kolkata.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKsSvbj-2I/AAAAAAAAAJM/08eJHOVRES8/s1600-h/KKT+085.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKsSvbj-2I/AAAAAAAAAJM/08eJHOVRES8/s400/KKT+085.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040280370950699874" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les vertes pelouses du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Maidan&lt;/span&gt;... Avec le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Victoria Memorial&lt;/span&gt; au fond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKq7Pbj-zI/AAAAAAAAAI0/LbwkoEu8rWI/s1600-h/KKT+037.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKq7Pbj-zI/AAAAAAAAAI0/LbwkoEu8rWI/s400/KKT+037.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040278867712146226" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKgF_bj-yI/AAAAAAAAAIs/GMY06GmaBUE/s1600-h/KKT+157.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKgF_bj-yI/AAAAAAAAAIs/GMY06GmaBUE/s400/KKT+157.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040266957767834402" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKdzPbj-xI/AAAAAAAAAIk/E_894ig5Ask/s1600-h/KKT+153.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKdzPbj-xI/AAAAAAAAAIk/E_894ig5Ask/s400/KKT+153.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040264436622031634" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKcSvbj-wI/AAAAAAAAAIc/jOFBiuHnDEs/s1600-h/KKT+162.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKcSvbj-wI/AAAAAAAAAIc/jOFBiuHnDEs/s400/KKT+162.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040262778764655362" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKaE_bj-vI/AAAAAAAAAIU/VRdfP1I8pb4/s1600-h/KKT+163.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKaE_bj-vI/AAAAAAAAAIU/VRdfP1I8pb4/s400/KKT+163.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040260343518198514" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;New Market&lt;/span&gt;, un marché populaire sur lequel on trouve de tout. Le département "boucherie" est particulièrement impressionnant : âmes sensibles s'abstenir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKV2vbj-uI/AAAAAAAAAIM/1CU81ySk5v8/s1600-h/KKT+225.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKV2vbj-uI/AAAAAAAAAIM/1CU81ySk5v8/s400/KKT+225.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040255700658551522" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKU8vbj-tI/AAAAAAAAAIE/OAKiQbVicWI/s1600-h/KKT+223.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKU8vbj-tI/AAAAAAAAAIE/OAKiQbVicWI/s400/KKT+223.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040254704226138834" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Comme un clin d'oeil sarcastique de l'Histoire, Lénine et les moutons en bonne place dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;College Street&lt;/span&gt;, la rue des étudiants, des professeurs et des intellectuels de Kolkata, connue pour ses bouquinistes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKTovbj-sI/AAAAAAAAAH8/YUBnZ3hxJ_E/s1600-h/KKT+281.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKTovbj-sI/AAAAAAAAAH8/YUBnZ3hxJ_E/s400/KKT+281.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040253261117127362" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKR8_bj-rI/AAAAAAAAAH0/S3VIdmmHgBo/s1600-h/KKT+267.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKR8_bj-rI/AAAAAAAAAH0/S3VIdmmHgBo/s400/KKT+267.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040251409986222770" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Rue près de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nakhoda Mosque&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKRMvbj-pI/AAAAAAAAAHk/F9LG-svTAv0/s1600-h/KKT+296.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKRMvbj-pI/AAAAAAAAAHk/F9LG-svTAv0/s400/KKT+296.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040250581057534610" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKRNPbj-qI/AAAAAAAAAHs/3jMKPeu1low/s1600-h/KKT+298.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKRNPbj-qI/AAAAAAAAAHs/3jMKPeu1low/s400/KKT+298.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5040250589647469218" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Jeune funambule dans une rue populaire&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-3144903960764445703?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/3144903960764445703/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=3144903960764445703' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/3144903960764445703'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/3144903960764445703'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/03/photos-de-kolkata-iii-la-ville-le.html' title='Photos de Kolkata III - La ville, le peuple'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RfKtffbj-3I/AAAAAAAAAJU/TSuc-WcOD70/s72-c/KKT+020.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-642681942051737132</id><published>2007-03-06T21:18:00.000+01:00</published><updated>2007-03-06T22:26:11.021+01:00</updated><title type='text'>Photos de Kolkata II - Aux abords de la Hooghly</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3bAnaImBI/AAAAAAAAAHU/1aMUgKInl8c/s1600-h/KKT+247.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3bAnaImBI/AAAAAAAAAHU/1aMUgKInl8c/s400/KKT+247.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038924361722533906" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le fameux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Howrah Bridge&lt;/span&gt;, sur la Hooghly&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3bAHaImAI/AAAAAAAAAHM/yo0a3JMpKnc/s1600-h/KKT+240.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3bAHaImAI/AAAAAAAAAHM/yo0a3JMpKnc/s400/KKT+240.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038924353132599298" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le marché aux fleurs, sous le pont&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3ZFHaIl_I/AAAAAAAAAHE/h6-cFXdXx4A/s1600-h/KKT+249.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3ZFHaIl_I/AAAAAAAAAHE/h6-cFXdXx4A/s400/KKT+249.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038922240008689650" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ghat&lt;/span&gt; sur la Hooghly (d'aucuns diraient la Ugly), enveloppé dans le brouillard de pollution. (Non, cette photo n'a pas été prise en sépia.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3QznaIl-I/AAAAAAAAAG8/LD2INHXZ4ro/s1600-h/KKT+285.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3QznaIl-I/AAAAAAAAAG8/LD2INHXZ4ro/s400/KKT+285.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038913143267956706" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;L'intérieur d'un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ghat&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3O-XaIl9I/AAAAAAAAAG0/Eh1HpcnNkJI/s1600-h/KKT+341.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3O-XaIl9I/AAAAAAAAAG0/Eh1HpcnNkJI/s400/KKT+341.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038911128928294866" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3OFXaIl8I/AAAAAAAAAGs/Mjd5ZOGbYxo/s1600-h/KKT+373.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3OFXaIl8I/AAAAAAAAAGs/Mjd5ZOGbYxo/s400/KKT+373.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038910149675751362" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Voix ferrée passant près d'un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ghat&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3M63aIl7I/AAAAAAAAAGk/ew_qYuGXjuc/s1600-h/KKT+522.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3M63aIl7I/AAAAAAAAAGk/ew_qYuGXjuc/s400/KKT+522.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038908869775497138" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Deux embarcations sur la Hooghly&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-642681942051737132?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/642681942051737132/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=642681942051737132' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/642681942051737132'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/642681942051737132'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/03/photos-de-kolkata-ii-aux-abords-de-la.html' title='Photos de Kolkata II - Aux abords de la Hooghly'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3bAnaImBI/AAAAAAAAAHU/1aMUgKInl8c/s72-c/KKT+247.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-2908717395548806861</id><published>2007-03-06T19:51:00.000+01:00</published><updated>2007-03-06T21:17:47.677+01:00</updated><title type='text'>Photos de Kolkata I - Kolkata by night</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3LqHaIl5I/AAAAAAAAAGU/jOQwEdny88E/s1600-h/KKT+407.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3LqHaIl5I/AAAAAAAAAGU/jOQwEdny88E/s400/KKT+407.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038907482501060498" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3LqXaIl6I/AAAAAAAAAGc/WQiX3eH-3M4/s1600-h/KKT+408.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3LqXaIl6I/AAAAAAAAAGc/WQiX3eH-3M4/s400/KKT+408.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038907486796027810" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Jeux d'eau et lumières dans les jardins bordant le Victoria Memorial&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3KYnaIl4I/AAAAAAAAAGM/n1_ra2rWDnQ/s1600-h/KKT+442.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; 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display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3HFXaIl1I/AAAAAAAAAF0/O40UXxSVwCg/s400/KKT+425.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038902453094356818" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Entrer dans l'ombre pour dormir sur le trottoir&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-2908717395548806861?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/2908717395548806861/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=2908717395548806861' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2908717395548806861'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2908717395548806861'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/03/photos-de-kolkata-i-kolkata-by-night.html' title='Photos de Kolkata I - Kolkata by night'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/Re3LqHaIl5I/AAAAAAAAAGU/jOQwEdny88E/s72-c/KKT+407.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-2736966106142781783</id><published>2007-02-01T16:52:00.000+01:00</published><updated>2007-02-01T17:08:29.605+01:00</updated><title type='text'>KOLKATA, grandeur et décadence, et grandeur</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vendredi 26 janvier, les Indiens célébraient le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Republic day&lt;/span&gt;, qui commémore l'adoption de la Constitution, en 1950. Mardi 30 janvier avait lieu une fête musulmane. Ces deux jours fériés, encadrant si bien le week-end, offraient une parfaite opportunité de voyage. Avec Clémence et son copain allemand Henry, je suis donc allé cinq jours à Kolkata - anciennement Calcutta. Car, de même que Bombay et Madras s'appellent désormais respectivement Mumbai et Chennai, Calcutta est récemment devenue Kolkata, comme pour marquer l'émergence de la nation indienne, pour indiquer la fin d'un chapitre douloureux de l'histoire, pour témoigner de la ferme résolution de se tourner vers l'avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Kolkata, pourtant, m'a donné l'impression très nette d'appartenir au passé, de vivre sur les ruines de sa grandeur de jadis. La ville qui à l'époque s'appelait Calcutta fut fondée par les Anglais de l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;East India Company&lt;/span&gt; au XVIIème siècle, à partir d'un modeste village sur les rives de la Hooghly, qui n'est en fait rien d'autre qu'un des bras du Gange, lorsque celui-ci s'épanouit en un delta débouchant sur la baie du Bengale. Plus tard, Calcutta devint la capitale et la perle de l'Empire britannique des Indes. Pour ceux qui en avaient les moyens, il faisait bon vivre dans cette "cité des palais", comme on la surnomma. Evidemment, le sort de la plupart des indigènes, regroupés dans les bidonvilles de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;black town&lt;/span&gt; était moins enviable, mais le prestige de la ville n'en était pas altéré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Cependant, la deuxième moitié du XIXème siècle fut le temps d'une "renaissance du Bengale", dont le centre fut Calcutta. Ce mouvement fut animé par des intellectuels et des leaders spirituels comme Rammohun Roy, Ramakrishna, Swami Vivekananda et plus tard Rabindranath Tagore (dessinateur, poète récompensé du prix Nobel de littérature en 1913, auteur de l'hymne indien, grand penseur, particulièrement intéressé par les questions d'éducation et d'ailleurs fondateur d'une école "alternative" qui existe encore et d'où sont sortis entre autres Indira Gandhi, Satyajit Ray et Amartya Sen). Rapidement, la renaissance du Bengale se transforma en mouvement nationaliste indien, réhabilitant la civilisation indienne et l'hindouisme, critiquant la modernité occidentale, et se fixant le but ultime de mobiliser les masses pour libérer le pays du joug britannique et construire la nation indienne. Ainsi, de capitale de l'Empire britannique des Indes, Calcutta devint la capitale de la cause nationaliste indienne, tant et si bien que les Britanniques finirent par transférer le centre de leur pouvoir à New Delhi, en 1911.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    La ville jouit donc d'un double prestige : celui d'avoir été une fastueuse (pour certains du moins) capitale de l'époque coloniale, et celui, bien plus grand encore pour les Indiens, d'avoir été le point de départ et le centre du mouvement nationaliste. Aujourd'hui encore, Kolkata bénéficie des échos de ce passé glorieux : la ville, notamment par sa superbe architecture coloniale, attire des milliers de touristes, et reste indubitablement la capitale culturelle et intellectuelle de l'Inde. Son activité de contestation politique est toujours intense : Kolkata est la capitale du West Bengal, le seul Etat indien dirigé depuis plus de trente ans par le parti communiste indien - aucun gouvernement communiste démocratiquement élu n'a tenu aussi longtemps dans le monde. La ville est également réputée pour la fréquence de ses grèves. Cependant, la place unique qu'occupe Kolkata en Inde est très clairement liée, voire même légitimée par la place qu'occupa Calcutta des débuts de l'époque coloniale jusqu'à l'indépendance. En d'autres termes, c'est bien Calcutta, et non Kolkata, qui est la fierté des Indiens. Kolkata, c'est la décadence de Calcutta la grande, et la tentative tantôt désespérée, tantôt récompensée, d'entretenir la gloire passée. Kolkata vit sur le souvenir de Calcutta. C'est en cela que Kolkata est une ville du passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    D'ailleurs, qu'est-ce que c'est, aujourd'hui, que Kolkata? J'ai parlé du rôle politique de la ville, de sa vitalité contestataire, culturelle et intellectuelle - et il faut bien concéder que ces aspects de Calcutta la grande, que l'on ressent parmi les bouquinistes de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;College Street&lt;/span&gt; ou à l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Indian Coffee House&lt;/span&gt; (l'équivalent local des cafés germanopratins), subsistent largement chez Kolkata, limitant son déclin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Mais pour le reste, il n'est que de se promener dans les rues de la ville. Kolkata, ce sont des bâtiments délabrés, dont trop peu sont rénovés, faute de moyens. Leur superbe d'antan s'écroule en ruines, ou disparaît derrière des pancartes publicitaires immenses, des arbres sortant d'entre les briques, et sous une crasse omniprésente, que l'on retrouve jusque sur les vastes pelouses du Maidan, ou dans les eaux du fleuve sacré où des milliers de personnes continuent pourtant de se laver chaque jour, sur les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ghats&lt;/span&gt;. Kolkata, c'est aussi un trafic surchargé et une pollution épouvantable, enveloppant la ville dans des nappes d'un brouillard infâme qui empêche parfois de voir l'autre rive du fleuve. Même à Mumbai ou à Delhi, qui ne sont pourtant pas réputées pour la qualité de leur air, je n'ai jamais eu une telle impression de suffocation. En me mouchant, je saupoudrais mon mouchoir d'une poussière noire - l'exemple est peu poétique mais suffisamment révélateur. Kolkata, c'est encore une ville qui a connu une longue stagnation économique après l'indépendance, dont elle commence seulement à se relever, un peu ; et une ville qui ne s'est jamais vraiment remise du traumatisme de la partition avec le Bangladesh, des tensions entre Inde et Pakistan, et des mouvements migratoires de grande ampleur que ces phénomènes politiques ont déclenchés (de nombreux Musulmans fuyant l'Inde, et de nombreux Hindous fuyant le Bangladesh pour Calcutta).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Car Kolkata, c'est enfin et surtout une population de quinze millions d'individus, qui en fait la troisième métropole la plus peuplée de l'Inde après Mumbai (20 millions) et Delhi (18 millions), et avant Chennai et Bangalore (7 et 6 millions respectivement). Kolkata est cependant la ville du pays qui connaît la plus forte densité, et, en effet, les rues de Kolkata donnent l'impression de grouiller continuellement de vie. Il va sans dire que cette population est, à l'image de l'Inde, à la fois belle par sa diversité culturelle, ethnique et religieuse, et terrifiante par sa misère partout sensible : chez ces mendiants qui poursuivent les touristes jusqu'à les faire entrer dans une colère qui dissimule mal leur profond malaise, chez ces personnes de tous âges qui dorment sur les trottoirs, chez les enfants qui font la manche ou travaillent plutôt que d'aller à l'école, où ils auraient pourtant une chance de se forger un avenir différent de l'existence entière de ces vieillards qui, à l'âge de la barbe blanche, vont encore pieds nus dans les rues, tirant des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pulling-rickshaws&lt;/span&gt; à la seule force de leurs bras et de leurs jambes, pour quelques roupies. D'ailleurs, ironiquement, la personnalité la plus connue de Kolkata dans le monde n'est pas une figure liée à Calcutta la grande, centre du mouvement nationaliste indien, mais une Albanaise qui eut à coeur de s'occuper d'êtres parmi les plus misérables de la planète : lépreux, aveugles, habitants des bidonvilles, etc. La personnalité la plus connue de Kolkata dans le monde n'est ni Ramakrishna, ni Tagore, mais bien sûr Mère Teresa. Et cela est suffisamment révélateur de ce qu'est vraiment Kolkata pour qu'il ne soit pas la peine de s'étendre davantage là-dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Malgré tout cela, et même grâce à tout cela, Kolkata est une ville passionnante, et même attachante. J'ai beaucoup aimé les cinq jours que j'y ai passés. J'ai aimé les clairs-obscurs des rues, la nuit, et j'ai aimé les couleurs : les jaunes et les oranges du marché aux fleurs, sous le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Howrah Bridge&lt;/span&gt; - l'emblématique pont métallique -, la mosaïque de couleurs des fruits et le rouge sanguinolant de la viande de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New Market&lt;/span&gt;, le blanc éclatant des bâtiments de l'époque coloniale (du moins de ceux qui ont été rénovés - ou entretenus), le jaune des taxis, le bleu des tramways ou le vert des pelouses du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Maidan&lt;/span&gt;. J'ai aimé l'animation constante et omniprésente, même si elle est parfois fatigante. J'ai aimé trouver, comme à Mumbai, des églises (arméniennes notamment) côtoyant des temples jaïns dans toute leur splendeur kitschissime, et des mosquées côtoyant des temples hindous. J'ai aimé, à Kolkata comme partout ailleurs en Inde, le sourire et la chaleur des habitants, la facilité avec laquelle on peut commencer une discussion sympathique avec un parfait inconnu en pleine rue. Et puis, bien sûr, j'ai aimé la richesse de la culture, les musées, les monuments, notamment cet extraordinaire &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marble Palace&lt;/span&gt;, qui abrite un nombre incroyable de tableaux, sculptures, meubles et autres objets d'art. Peut-être ce qui me l'a rendu plus savoureux encore est que nous n'étions pas censés pouvoir le visiter (faute d'une autorisation que nous aurions dû aller chercher au bureau du tourisme), comme nous n'aurions pas été censés visiter le cimetière colonial de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Park Street&lt;/span&gt; cinq minutes après son heure de fermeture. Dans les deux cas, nous avons eu recours au traditionnel backchich, et il fut à la fois amusant et triste de constater la facilité avec laquelle les gardiens ont cédé à l'évocation d'un billet de cinquante roupies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    J'avoue mon crime, j'ai corrompu des officiers du gouvernement. Comprenez-moi, Monsieur le Juge, tout le monde le fait, et il est même vital pour l'économie du pays que la lourdeur administrative et bureaucratique puisse être surmontée par de mineurs arrangements avec la loi ; tout est question de mesure : la corruption dans les hautes sphères de l'Etat, voilà un problème très grave pour l'Inde, qui génère beaucoup d'immobilismes et d'injustices - et vue votre position, sauf votre respect, vous en savez peut-être bien quelque chose, Monsieur le Juge -, mais la corruption à un niveau aussi insignifiant, et, oserai-je dire, aussi inoffensif, Monsieur le Juge, c'est, dans l'état actuel du pays, une condition essentielle au dynamisme de l'Inde. C'est d'ailleurs ce que je disais au policier qui m'a interpellé, autour d'un verre de la bouteille de whisky qu'il avait acheté sous le manteau d'un chauffeur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;rickshaw&lt;/span&gt;, et il était parfaitement d'accord avec moi. C'est l'Inde, Monsieur le Juge. Avez-vous déjà visité le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marble Palace&lt;/span&gt;? C'est Calcutta dans toute sa splendeur ; et le fait de ne pouvoir le visiter qu'en accomplissant une pénible démarche dans une bureaucratie aussi lourde que les nappes de brouillard jaunâtre qui pèsent sur la Hooghly, c'est Kolkata dans tout ce qu'elle a de pire. Laissez Kolkata exhaler librement les merveilles de Calcutta, en des vapeurs superbes qui suffiront à dissoudre les nuages de pollution aux narines des touristes, et cette fois c'est bien Kolkata qui triomphera, grandie par son héritage, et l'utilisant sagement pour construire un avenir enfin débarrassé de toute nostalgie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Car Kolkata mérite mieux que ce qu'elle a. Kolkata est une ville qu'il est difficile de ne pas aimer, parce que, derrière tous ses problèmes (et l'insuffisante valorisation des sites susceptibles d'accroître les revenus du tourisme n'est ni le seul, ni le plus important de ces problèmes, bien sûr), quelque part dans le brouillard, on y décèle un potentiel extraordinaire, une immense richesse humaine et culturelle qui naît de l'histoire et du cosmopolitisme de la vieille métropole. Bien qu'elle ne fasse pas oublier que Calcutta a été majoritairement peuplée de miséreux même du temps de sa grandeur, la splendeur passée des bâtiments, que l'on imagine en constatant les façades délabrées, semble indiquer qu'un mieux est possible. La force des sentiments contradictoires que l'on éprouve à Kolkata détruit tout cynisme et tout défaitisme. A Kolkata on se sent vivant et prêt à se battre comme jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Kolkata on voudrait espérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- - - - -&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;[Pour quelques informations historiques et factuelles et pour la plupart des chiffres complétant mon propos, dans cet article comme dans certains autres articles de ce blog, je suis redevable au formidable projet universaliste et humaniste qu'est &lt;a href="http://en.wikipedia.org/"&gt;Wikipedia, la célèbre encyclopédie en ligne, gratuite et ouverte à tous&lt;/a&gt;. L'honnêteté intellectuelle impose de le dire, et je ne l'avais pas encore fait.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Prochainement sur ce blog, des photos de mon voyage à Kolkata.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-2736966106142781783?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/2736966106142781783/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=2736966106142781783' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2736966106142781783'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2736966106142781783'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/02/kolkata-grandeur-et-dcadence-et.html' title='KOLKATA, grandeur et décadence, et grandeur'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-8588537881539516214</id><published>2007-01-23T13:38:00.000+01:00</published><updated>2007-01-23T13:44:17.861+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 22 janvier 2007, 17h&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Pour qui a passé cinq mois en Inde, rentrer en France procure une sensation étrange et pas forcément désagréable, quand bien même on aime l'Inde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Arrivé à la fin de mon premier semestre à JNU, et donc à la moitié de mon séjour en Inde,&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; je suis rentré en France&lt;/span&gt; pour les vacances inter-semestrielles, du 6 décembre au 2 janvier. Je ne peux pas dire que la France m'ait beaucoup manqué - sauf peut-être du point de vue culinaire - pendant mes cinq premiers mois à Delhi, même si ma famille et mes amis m'ont manqué, eux. Pour autant, retrouver la France, et la retrouver dans l'atmosphère un peu féerique des fêtes de fin d'année, m'a fait plaisir, et m'a même fait du bien, je crois. J'ai apprécié de me promener dans des rues relativement calmes et propres, décorées d'illuminations et de guirlandes, et bordées de magasins opulents et bien rangés. J'ai apprécié de profiter à nouveau du confort occidental - de la douche chaude, par exemple, incomparablement plus agréable que la toilette au seau. J'ai apprécié de sentir une bonne pluie, fraîche et généreuse, me marteler le visage et glisser dans mon cou. J'ai apprécié, enfin, de ne pas manger de riz pendant un mois, et de savourer à la place du bon pain, des plats, des fromages et des desserts "bien de chez nous" - rentrer au moment des fêtes de Noël était à cet égard particulièrement intéressant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Et puis, avant tout, j'ai été heureux de revoir tous ceux que j'aime et que je n'avais plus vus depuis des mois, bien sûr. Je me demande si les moyens de communication modernes rendent vraiment l'éloignement d'avec sa famille et ses amis plus supportable que ce qu'il devait être à l'époque où une lettre mettait des jours à aller de Paris à Grignan. D'une certaine façon, j'ai l'impression que le téléphone et Internet, même s'ils permettent d'échanger avec les êtres chers, ne font que rendre plus sensible l'absence de ces derniers. Toujours est-il qu'il est bon de retrouver la présence physique des siens, d'embrasser sa famille, de serrer la main de ses amis, et de caresser le vieux cochon d'Inde qui végète dans la cuisine!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Retrouver des gens, retrouver des habitudes, retrouver un certain mode de vie, et retrouver des lieux, enfin. La France, ma ville, mon appartement, ma chambre, mon lit. Et Paris, comme si c'était la première fois, parce que Paris est de ces villes dont on ne finit jamais de s'émerveiller. Mes retrouvailles avec la ville lumière se firent alors que le soir tombait, depuis une rame de la ligne 6 du métro, que je prenais pour aller voir un de ces êtres chers. Soudain, le train sortit du long tunnel obscur, et elle fut là, juste derrière la vitre : la Tour Eiffel, belle et majestueuse comme jamais, domptant la ville entière. Avec elle, c'était Paris tout entier qui me revenait d'un coup. La gracieuse dame de métal était éclairée, et brillait sur un ciel au bleu très foncé, sans être encore noir. Derrière, légèrement sur le côté, moins haute qu'elle, une belle Lune à peine levée, presque pleine, et encore dorée de sommeil, semblait lui rendre hommage. Et les phares des voitures, les lampadaires des routes et des ponts, les guirlandes des bateaux-mouches, les lumières des beaux appartements, créaient comme un rideau d'étoiles chaudes et multicolores pour l'envelopper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Heureux qui comme Ulysse...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    J'ai été heureux comme Ulysse de retrouver mon univers, de retrouver le monde dans lequel j'ai vécu toute ma vie avant de partir pour l'Inde, et de le retrouver tel que je l'avais quitté. C'est évidemment lorsque l'on s'éloigne le plus de ce à quoi l'on appartient que l'on prend conscience des liens qui nous y rattachent. Tout en étant ravi de connaître l'intense dépaysement indien, et tout en ne regrettant pas une seconde de passer cette année en Inde, je ne me suis jamais senti aussi profondément français qu'en Inde, tant par mes goûts que par mes valeurs, tant par ma façon de penser et d'agir que par ma culture au sens le plus général du terme. La force de ce qu'on pourrait appeler le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;paradoxe du voyageur&lt;/span&gt; réside dans le fait que c'est un phénomène à mon avis entièrement positif, qui ouvre l'esprit plutôt qu'il ne le ferme - et c'est toute la différence entre patriotisme et nationalisme, si l'on prend les deux termes dans leur sens moderne. Ainsi, il est certain que j'aime davantage la France après cinq mois en Inde, mais cette évolution ne s'est pas faite aux dépends de mon intérêt et de mon affection pour les autres pays et les autres cultures, bien au contraire. Si je devais tirer un premier bilan personnel de mon séjour en Inde, je dirais que, tout en étant plus conscient de mon identité qu'auparavant, tout en y étant plus attaché, aussi, je suis devenu plus curieux de la différence. En d'autres termes, plus sûr de mes racines, je suis devenu également plus apte à me confronter à l'altérité, dans tout ce qu'elle a de plus enrichissant. Pour avancer dans l'inconnu sans s'y perdre, et y découvrir les richesses qui s'y cachent, sans doute faut-il savoir avant tout d'où l'on vient, et ce que l'on est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Après cet entracte français, j'ai été content de retourner en Inde. Repartir fut difficile, mais arriver fut facile : sitôt atterri à Delhi, par une nuit froide, dans un brouillard très épais parfaitement digne de Londres, je me suis senti plein d'enthousiasme. Cinq mois encore en Inde, cinq mois pour essayer d'en découvrir autant que possible sur ce pays infini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    La date de reprise des cours ayant été finalement repoussée, j'ai eu un répit de quelques jours pour me réadapter à ma vie de Delhiite. Le froid, que j'avais déjà senti poindre au retour de mon expédition dans le Sud du pays, était cette fois bien installé. J'étais au coeur de l'hiver indien, qui, du moins à Delhi, se manifeste par des températures voisines de 15°C le jour, et proches de 0°C la nuit, ce qui est tout sauf confortable lorsque l'on considère la non-isolation des appartements et l'absence de porte aux rickshaws. Tandis qu'en été, les pannes d'électricité sont causées par la forte chaleur et la surchauffe du système, en hiver elles le sont par l'utilisation, dans chaque appartement, d'un ou plusieurs petits radiateurs, qui donnent l'impression de consommer d'énergie plus qu'ils ne produisent de chaleur. Tandis qu'en été, les pannes d'électricité sont synonymes de sudation abondante et instantanée, en hiver elles provoquent grelottements et claquements de dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Heureusement, pour me réchauffer, j'ai dû accomplir une nouvelle fois le cirque des inscriptions administratives à JNU - car &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;un nouveau semestre commence&lt;/span&gt;. Cela a été moins compliqué que cet été, mais cela m'a quand même occupé trois jours. Puis les cours ont commencé, et j'ai assisté à une séance de tous ceux qui me paraissaient potentiellement intéressants, puisque je suis absolument libre quant à mes choix de cours. J'ai souvent été de déception en déceptions, car, hélas, beaucoup de professeurs sont vraiment mauvais, ou incompréhensibles. D'une manière générale, je dois dire que le niveau des cours de JNU, pourtant censée être la meilleure université d'Asie en sciences sociales et politiques (mais j'ai des doutes là-dessus), est en-deçà de mes attentes, et des attentes d'à peu près tous les étudiants occidentaux. Je ne me risquerai pas à en tirer de conclusion hâtive, mais il reste que je m'interroge sur ce qui fait vraiment le prestige de JNU - peut-être simplement le bouillonnement politique de ses étudiants, pour le coup bien supérieur à celui des étudiants de Sciences Po. L'autre déception relative aux cours de JNU vient de ce qu'il n'est pas si simple d'en trouver qui traitent de l'Inde. Il y en a, évidemment, mais moins qu'on pourrait le croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    J'ai tout de même fini par trouver quatre cours intéressants - du moins pour autant que j'ai pu en juger pour l'instant, et n'ayant assisté qu'à quelques séances de chaque cours pour l'instant, je réserve mon opinion pour un billet ultérieur... Ces quatre cours sont :&lt;br /&gt;    - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Problems of International Relations&lt;/span&gt;, qui se propose de délivrer une approche thématique (et non théorique comme au premier semestre, ou historique comme à Sciences Po) des relations internationales, avec trois thèmes centraux : mondialisation, pouvoir, et démocratie.&lt;br /&gt;    - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Political economy of development&lt;/span&gt;, qui est un cours d'histoire économique croisée de l'Inde, du Japon et de l'Occident. Vue l'orientation politique du professeur, orientation qu'elle assume pleinement comme une ligne directrice de son enseignement, le cours consiste avant tout en une histoire marxiste de l'économie, et si peu marxiste que je sois, c'est ce qui m'a attiré vers ce cours - je suis curieux d'avoir une approche de l'histoire économique autre que celle que j'ai pu avoir à Sciences Po, et cela devrait par ailleurs me permettre de combler mes lacunes quant au marxisme.&lt;br /&gt;    - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sociology of social stratification in India&lt;/span&gt;, qui, comme son titre l'indique, devrait contribuer à une amélioration de ma connaissance du système des castes, notamment - car il sera aussi question d'ethnies, de communautés, et de genre.&lt;br /&gt;    - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Politics and Government in China&lt;/span&gt;. Je n'ai jamais eu de cours sur la Chine, mon ignorance à ce sujet est totale, et j'ai trouvé intéressant d'y remédier en ayant en plus une perspective indienne sur la Chine, ce pays voisin, rival, et qui est en même temps un partenaire incontournable pour l'avenir. Je suis très curieux de mieux savoir comment les Indiens considèrent la Chine, qui semble économiquement en avance sur eux, mais qui n'est pas "la plus grande démocratie du monde", et qui inquiète le monde entier. Je pense qu'en s'intéressant à la vision qu'ont les Indiens de la Chine, on peut en apprendre beaucoup sur chacun des deux pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le nouveau semestre n'est pas simplement synonyme de nouveaux professeurs et de nouveaux cours, il est aussi synonyme de nouvelles rencontres. Je n'ai pas encore vraiment eu le temps de faire la connaissance des étudiants avec qui je suis en cours, mais, notamment à la faveur d'une soirée de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Foreign Students Association&lt;/span&gt;, j'ai pu rencontrer les nouveaux étudiants étrangers - qui viennent pour un semestre seulement à JNU. Il y a ainsi, par exemple, cinq Norvégien(ne)s, deux Autrichiennes, un Suisse allemand, quelques Allemand(e)s, et deux Françaises de la Sorbonne. Il est plaisant de voir de nouvelles têtes - bien que je n'aie rien contre les anciennes. Anciens et nouveaux étudiants étrangers se retrouvent tous les midis, avec également des étudiants indiens, à la cantine de la bibliothèque, où l'on peut manger dehors, boire un "chaï" (le thé au lait et aux épices indien), et lézarder sur les pierres en regardant la jungle. Le soleil est encore agréable - bientôt, il redeviendra intolérable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    A la soirée de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Foreign Students Association&lt;/span&gt;, j'ai par ailleurs sympathisé avec Vaheed, un Iranien un peu plus vieux que moi, qui n'étudie pas à JNU, mais qui était là car il y a à JNU une forte présence iranienne. Vaheed m'a invité chez lui samedi soir dernier, où il organisait une soirée avec une dizaine d'autres jeunes Iraniens de Delhi, tous extrêmement chaleureux et sympathiques. Ensemble, nous avons passé un très agréable moment : en savourant des dattes succulentes, du thé au safran, une sorte de nougat et d'autres délices perses, nous avons comparé nos cultures, nos mentalités, et nous avons discuté de la situation de l'Iran. Tous ces jeunes gens étaient de farouches opposants au gouvernement actuel, et avaient fort peu de sympathie pour l'Islam - et pour les islamistes a fortiori. Ils m'ont certifié que la grande majorité des Iraniens détestent leurs dirigeants, et n'ont rien ni contre Israël, ni contre les Etats-Unis. Je ne sais pas dans quelle mesure mes amis, qui appartiennent vraisemblablement à une certaine élite, sont représentatifs de la population de leur pays, mais il est clair qu'ils sont bien loin des préjugés que l'on pourrait avoir sur le peuple iranien si l'on s'en tenait à l'image qu'en donnent les médias et les politiques en Occident. J'ignore si c'est parce qu'ils sont eux aussi expatriés, et parce qu'ils ont eux aussi dû connaître ce que j'appelais le paradoxe du voyageur, mais toujours est-il qu'ils incarnent le patriotisme ouvert d'esprit, en aucun cas le nationalisme. Ils aiment leur pays, et lui font honneur, où qu'ils soient.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-8588537881539516214?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/8588537881539516214/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=8588537881539516214' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/8588537881539516214'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/8588537881539516214'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2007/01/lundi-22-janvier-2007-17h-pour-qui-pass.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-2198376088120101171</id><published>2006-12-23T01:35:00.000+01:00</published><updated>2006-12-23T02:10:48.101+01:00</updated><title type='text'>Photos de Pondichéry</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYyBmPv5fLI/AAAAAAAAAFQ/ezl2rNgIpKo/s1600-h/-+367.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYyBmPv5fLI/AAAAAAAAAFQ/ezl2rNgIpKo/s400/-+367.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011522979418963122" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Rue La Bourdonnais&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYyAx_v5fJI/AAAAAAAAAFA/wYc-QzJMpio/s1600-h/-+371.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYyAx_v5fJI/AAAAAAAAAFA/wYc-QzJMpio/s400/-+371.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011522081770798226" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYyAyfv5fKI/AAAAAAAAAFI/T-vUXzaiDBE/s1600-h/-+397.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYyAyfv5fKI/AAAAAAAAAFI/T-vUXzaiDBE/s400/-+397.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011522090360732834" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx_Qvv5fHI/AAAAAAAAAEw/XE7yNeVlDYQ/s1600-h/-+399.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx_Qvv5fHI/AAAAAAAAAEw/XE7yNeVlDYQ/s400/-+399.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011520411028520050" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx_RPv5fII/AAAAAAAAAE4/CBj4HHMheIc/s1600-h/-+406.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx_RPv5fII/AAAAAAAAAE4/CBj4HHMheIc/s400/-+406.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011520419618454658" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx90vv5fGI/AAAAAAAAAEo/hi8cgIfxLv0/s1600-h/-+420.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx90vv5fGI/AAAAAAAAAEo/hi8cgIfxLv0/s400/-+420.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011518830480555106" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Devant un temple du dieu éléphant Ganesha, une croyante vient de donner à manger à un éléphant de chair et d'os, qui en retour la "bénit" alors qu'elle s'incline respectueusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx6Pfv5fFI/AAAAAAAAAEg/ha3diN4pECc/s1600-h/-+438.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx6Pfv5fFI/AAAAAAAAAEg/ha3diN4pECc/s400/-+438.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011514891995544658" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Chauffeur de rickshaw devant une antenne locale du Parti du Congrès.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La main sur fond de drapeau indien est le symbole du Congrès. La femme sur le panneau vert est Sonia Gandhi, veuve de Rajiv Gandhi (premier ministre indien assassiné en 1989), elle-même actuelle leader du Congrès. Elle a refusé le poste de Premier Ministre en 2004 au profit de Manmohan Singh en raison de pressions liées notamment au fait qu'elle est italienne de naissance. En tant que leader du Parti, elle a cependant une influence considérable - on pourrait même dire que la réalité du pouvoir lui appartient. Par ailleurs, elle prépare son fils Rahul Gandhi à la succession, afin de maintenir la descendance de Nehru (et non du Mahatma Gandhi, les deux familles n'ont aucun lien!) au pouvoir, comme c'est le cas presque sans arrêt depuis l'indépendance.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-2198376088120101171?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/2198376088120101171/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=2198376088120101171' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2198376088120101171'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/2198376088120101171'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/12/photos-de-pondichry.html' title='Photos de Pondichéry'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYyBmPv5fLI/AAAAAAAAAFQ/ezl2rNgIpKo/s72-c/-+367.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-6111317844702901123</id><published>2006-12-23T01:17:00.000+01:00</published><updated>2006-12-23T01:34:32.023+01:00</updated><title type='text'>Photos de Mamallapuram</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx4UPv5fDI/AAAAAAAAAD8/j-Mcaxlv5oc/s1600-h/-+279.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx4UPv5fDI/AAAAAAAAAD8/j-Mcaxlv5oc/s400/-+279.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011512774576667698" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx4U_v5fEI/AAAAAAAAAEE/6HeU6ZAYI7w/s1600-h/-+286.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx4U_v5fEI/AAAAAAAAAEE/6HeU6ZAYI7w/s400/-+286.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011512787461569602" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Panch Rathas &lt;/span&gt;(Cinq Chariots), un ensemble de cinq petits temples bien gardés par un singe et un éléphant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx3Tfv5fCI/AAAAAAAAAD0/irPNsakW2aY/s1600-h/-+331.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx3Tfv5fCI/AAAAAAAAAD0/irPNsakW2aY/s400/-+331.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011511662180138018" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Voici la sculpture imposante symbolisant le Gange&lt;br /&gt;dans toute sa portée religieuse et mythologique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx2vPv5fBI/AAAAAAAAADs/Ald5U8QKJFE/s1600-h/-+345.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx2vPv5fBI/AAAAAAAAADs/Ald5U8QKJFE/s400/-+345.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011511039409880082" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Shore Temple&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx2DPv5fAI/AAAAAAAAADk/DBY5FukfWPg/s1600-h/-+359.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx2DPv5fAI/AAAAAAAAADk/DBY5FukfWPg/s400/-+359.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011510283495635970" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-6111317844702901123?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/6111317844702901123/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=6111317844702901123' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/6111317844702901123'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/6111317844702901123'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/12/photos-de-mamallapuram.html' title='Photos de Mamallapuram'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx4UPv5fDI/AAAAAAAAAD8/j-Mcaxlv5oc/s72-c/-+279.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-4705989779938101727</id><published>2006-12-23T01:06:00.000+01:00</published><updated>2006-12-23T01:16:29.600+01:00</updated><title type='text'>Photos de Chennai</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx1Hvv5e_I/AAAAAAAAADM/_KVTzOn3L_w/s1600-h/-+260.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx1Hvv5e_I/AAAAAAAAADM/_KVTzOn3L_w/s400/-+260.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011509261293419506" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx0qvv5e-I/AAAAAAAAADE/_gsd-QMJJVo/s1600-h/-+159.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx0qvv5e-I/AAAAAAAAADE/_gsd-QMJJVo/s400/-+159.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011508763077213154" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La &lt;span style="font-style: italic;"&gt;National Gallery&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx0A_v5e9I/AAAAAAAAAC8/XdxTSVpM9Bo/s1600-h/-+219.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx0A_v5e9I/AAAAAAAAAC8/XdxTSVpM9Bo/s400/-+219.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011508045817674706" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La bibliothèque du Connemara, tout juste rénovée (et donc encore sans livres)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYxzVPv5e8I/AAAAAAAAAC0/V63YpDcs7QM/s1600-h/-+274.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYxzVPv5e8I/AAAAAAAAAC0/V63YpDcs7QM/s400/-+274.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5011507294198397890" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-4705989779938101727?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/4705989779938101727/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=4705989779938101727' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/4705989779938101727'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/4705989779938101727'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/12/photos-de-chennai.html' title='Photos de Chennai'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYx1Hvv5e_I/AAAAAAAAADM/_KVTzOn3L_w/s72-c/-+260.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-8693065438156345333</id><published>2006-12-20T18:35:00.000+01:00</published><updated>2006-12-20T18:51:44.108+01:00</updated><title type='text'>Photos de Goa  II - Old Goa</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl4Dfv5e7I/AAAAAAAAACI/era45mmStmQ/s1600-h/-+120.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl4Dfv5e7I/AAAAAAAAACI/era45mmStmQ/s400/-+120.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010668061883726770" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl3qfv5e6I/AAAAAAAAACA/JKXKKVvxyxQ/s1600-h/-+115.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl3qfv5e6I/AAAAAAAAACA/JKXKKVvxyxQ/s400/-+115.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010667632386997154" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl21Pv5e4I/AAAAAAAAABw/-Cl-XECqNlU/s1600-h/-+121.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl21Pv5e4I/AAAAAAAAABw/-Cl-XECqNlU/s400/-+121.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010666717558963074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl2f_v5e3I/AAAAAAAAABo/wyc1kpjq5mM/s1600-h/-+141.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl2f_v5e3I/AAAAAAAAABo/wyc1kpjq5mM/s400/-+141.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010666352486742898" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl2HPv5e2I/AAAAAAAAABg/Qy_tMSDETW0/s1600-h/-+146.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl2HPv5e2I/AAAAAAAAABg/Qy_tMSDETW0/s400/-+146.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010665927284980578" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl1qvv5e1I/AAAAAAAAABY/Yah3lPKZQRY/s1600-h/-+166.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl1qvv5e1I/AAAAAAAAABY/Yah3lPKZQRY/s400/-+166.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010665437658708818" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl1Pvv5e0I/AAAAAAAAABQ/2PlAglPGH-Q/s1600-h/-+182.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl1Pvv5e0I/AAAAAAAAABQ/2PlAglPGH-Q/s400/-+182.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010664973802240834" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl0w_v5ezI/AAAAAAAAABI/OogrkpR-1DQ/s1600-h/-+053.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl0w_v5ezI/AAAAAAAAABI/OogrkpR-1DQ/s400/-+053.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010664445521263410" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La rivière Mandovi&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-8693065438156345333?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/8693065438156345333/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=8693065438156345333' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/8693065438156345333'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/8693065438156345333'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/12/photos-de-goa-ii-old-goa.html' title='Photos de Goa  II - Old Goa'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl4Dfv5e7I/AAAAAAAAACI/era45mmStmQ/s72-c/-+120.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-7642918668438383911</id><published>2006-12-20T18:15:00.000+01:00</published><updated>2006-12-20T18:34:46.191+01:00</updated><title type='text'>Photos de Goa  I - Panaji</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl0CPv5exI/AAAAAAAAAAk/mHUYAXty6is/s1600-h/-+011.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl0CPv5exI/AAAAAAAAAAk/mHUYAXty6is/s400/-+011.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010663642362379026" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl0Cvv5eyI/AAAAAAAAAAs/RJ0nAJnV4Aw/s1600-h/-+010.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl0Cvv5eyI/AAAAAAAAAAs/RJ0nAJnV4Aw/s400/-+010.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010663650952313634" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYlzZ_v5ewI/AAAAAAAAAAc/t6ggvQ5kN9Q/s1600-h/-+066.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYlzZ_v5ewI/AAAAAAAAAAc/t6ggvQ5kN9Q/s400/-+066.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010662950872644354" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYlzG_v5evI/AAAAAAAAAAU/v4VIwYxm8R4/s1600-h/-+030.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYlzG_v5evI/AAAAAAAAAAU/v4VIwYxm8R4/s400/-+030.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010662624455129842" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYlyn_v5euI/AAAAAAAAAAM/fNuwAf1wHAE/s1600-h/-+104.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYlyn_v5euI/AAAAAAAAAAM/fNuwAf1wHAE/s400/-+104.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5010662091879185122" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-7642918668438383911?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/7642918668438383911/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=7642918668438383911' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/7642918668438383911'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/7642918668438383911'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/12/photos-de-goa-i-panaji.html' title='Photos de Goa  I - Panaji'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_duonu0w0lyI/RYl0CPv5exI/AAAAAAAAAAk/mHUYAXty6is/s72-c/-+011.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-3250646929101318074</id><published>2006-12-20T18:07:00.001+01:00</published><updated>2006-12-20T18:10:24.170+01:00</updated><title type='text'>Voyage dans le Sud</title><content type='html'>&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;Fin novembre, j'ai enfin pu m'échapper un peu de Delhi : j'ai profité d'un temps de répit avant mes examens pour voyager dans le Sud de l'Inde, en solitaire - mes partenaires habituels ou potentiels de voyage étant tous pris, soit par des travaux qu'ils n'avaient pas encore rendus, soit par des examens ayant lieu plus tôt que les miens.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Evidemment, une semaine pour visiter le Sud de l'Inde, c'est un peu court! En effectuant l'essentiel de mes trajets par voie aérienne sur les nombreuses et efficaces compagnies &lt;span style="font-style: italic;"&gt;low-cost&lt;/span&gt; indiennes, et en me créant un programme de voyage serré, j'ai fait en sorte d'en voir autant que possible, mais cela reste si peu! J'espère avoir l'occasion de mener une autre excursion dans le Sud au second semestre, pour visiter par exemple les Etats du Kerala et du Karnataka, mais plus je voyage, plus je me rends compte de l'immensité de l'Inde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Je me suis donc contenté de quatre étapes principales. J'ai commencé par la côte Ouest, avec le minuscule &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Etat de Goa&lt;/span&gt;, ancienne possession portugaise. J'y ai passé deux jours. J'ai consacré le premier à la visite de Panaji, la capitale. Construite au bord de la Mandovi, une rivière qui se jette dans la mer à quelques kilomètres de là, &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Panaji&lt;/span&gt; est une petite ville, du moins en comparaison à ce que j'ai pu voir jusqu'ici, avec de belles maisons colorées, de magnifiques églises blanches, et une atmosphère tranquille - sauf pendant la période de Noël, qui est la haute-saison pour Goa, en raison de son climat et de sa tradition catholique héritée de l'époque portugaise. En Inde et dans le monde, Goa est surtout connue pour ses plages magnifiques, ses hôtels et clubs de vacances, les soirées qu'ils organisent, et l'air de liberté qui y souffle. Goa est par exemple un des rares Etats indiens où la publicité pour l'alcool est autorisée - et elle est partout. La réputation de Goa dit également que c'est un des Etats de l'Inde où il est le plus facile de trouver de la drogue. Goa jouit donc auprès des touristes d'une image relativement sulfureuse, qui contraste fortement avec le conservatisme très marqué de l'Inde en général, et du Sud de l'Inde en particulier. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;(&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Quant au conservatisme de la société indienne&lt;/span&gt;, je m'autorise une petite digression. J'étais il y a peu dans un restaurant occidentalisé de Priya, un quartier qui figure lui-même parmi les plus occidentalisés de Delhi. J'y ai vu deux jeunes Indiens, visiblement très aisés et traînant avec des jeunes Occidentaux - sans doute des enfants d'expatriés -, qui s'embrassaient langoureusement. J'ai réalisé que c'était la toute première fois que je voyais des gens s'embrasser depuis mon arrivée en Inde, pays où les gens urinent ou défèquent dans la rue sans que cela ait l'air de choquer, mais où embrasser quelqu'un en public est considéré comme obscène - même les gens mariés ne s'autorisent pas le plus petit geste de tendresse en public. Cependant, un des serveurs du restaurant a vu les jeunes tourtereaux, et leur a aussitôt demandé, sèchement, de s'arrêter. Même au coeur de l'Inde la plus moderne et la plus occidentalisée, le conservatisme quant aux moeurs demeure extrêmement vivace. Les exemples abondent. Dans les journaux, les annonces matrimoniales qui ne comportent pas un critère de caste sont rares. "Jeune Brahmane, bien sous tous rapports, ingénieur informaticien, recherche jeune femme de haute caste, ayant reçu une bonne éducation." J'ai entendu parler d'un Indien vivant à Londres, et travaillant dans les hautes technologies, qui a surpris ses collègues anglais en annonçant qu'il rentrait au pays pour un mois, afin de faire la connaissance de sa femme, choisie par ses parents. Cela rejoint ce que dit Pavan K. Varma dans &lt;i&gt;Being Indian&lt;/i&gt; (livre que j'ai déjà évoqué dans mon article du 11 novembre) sur ces Indiens, aussi modernes et occidentalisés qu'on peut l'être, qui travaillent à Bangalore dans les technologies d'information, et qui, en rentrant chez eux après une journée de travail, accrochent leur caractère occidental au porte-manteau, et pensent en termes de castes, de mariages arrangés par les parents, etc. Même les enfants des familles les plus occidentalisées se voient encore demander, à vingt-cinq ans, de ne pas rentrer après minuit chez eux - c'est-à-dire chez leurs parents, leurs grands-parents, etc. D'ailleurs, les restaurants, bars, et les rares boîtes de nuit - il y a plus de boîtes de jour - ferment tous très tôt, rarement après minuit. Si l'économie indienne est indubitablement entrée dans la modernité, il ne fait aucun doute non plus que sa société reste extrêmement conservatrice. Ce n'est qu'une contradiction de plus pour ce pays.)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;J'ai consacré mon second jour à Goa à la visite d'&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Old Goa&lt;/span&gt;. Ancienne capitale du Goa portugais, Old Goa n'est plus qu'un ensemble extraordinaire d'églises et de couvents perdus dans la nature luxuriante, au bord de la Mandovi, à quelques kilomètres en amont de Panaji. De diverses époques, de divers styles, ces églises sont toutes aussi belles les unes que les autres. Elles étonnent par leur richesse intérieure. L'une d'entre elles abrite notamment la tombe de Saint François-Xavier, un des missionnaires pionniers du christianisme en Asie, qui s'installa à Goa, y fut à l'origine d'une Inquisition virulente, avant de voyager vers d'autres contrées, notamment le Japon. Sa canonisation tient au miracle de l'extraordinaire conservation de son corps, "observée" longtemps après sa mort - sans doute le climat de Goa...&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Après Goa, j'ai traversé l'Inde d'Ouest en Est, pour me rendre à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chennai&lt;/span&gt; - anciennement Madras. Avec Bangalore (où j'ai fait une escale assez longue pour me laisser le temps d'apprécier l'aéroport dans ses moindres recoins, mais juste trop courte pour me permettre de visiter la ville) Chennai est la cité la plus importante du Sud indien (à condition d'exclure Mumbai du Sud). Chennai est par ailleurs la capitale de l'Etat du Tamil Nadu, et de la culture tamoule - l'hindi n'y est qu'une seconde langue, que tous ne parlent pas. Chennai, c'est une agglomération immense, sur le littoral, un passé très marqué par la présence coloniale (on peut visiter à Chennai quelques églises et le fort d'où les Britanniques géraient les affaires de la ville, et qui sert désormais de bâtiment administratif), la rencontre de l'Occident et de l'Inde, un centre économique, et même une industrie cinématographique, en langue tamoule, dont les films sont proches de ceux de Bollywood par la forme, le genre et le ton, tout en s'en distinguant, puisqu'ils se déroulent souvent dans les campagnes plutôt que dans les villes. Bref, Chennai aurait pu être la Mumbai de la côte Est ; seulement voilà, autant que j'ai pu en juger en deux jours de présence, Chennai n'a pas le charme et l'élégance de Mumbai. J'ai été très déçu par Chennai : j'ai trouvé la ville particulièrement étouffante, et assez inintéressante. Il y a bien quelques monuments, un musée assez riche et une immense plage, mais rien qui, finalement, vaille vraiment le détour. Et quant à l'immense plage, on y trouve des centaines de petits vendeurs de glaces, de fruits, de boissons, et de mille autre choses, mais pas une seule poubelle. Seules les vagues qui lèchent le sable ramassent les détritus. Cela illustre d'ailleurs une énième contradiction typiquement indienne : les Indiens sont très attachés à l'hygiène, à la nature et à l'écologie, mais jettent tous leurs déchets par terre, rendant l'impression de saleté ominprésente et dominante dans leur pays, en tout cas dans leurs villes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Deux heures dans un bus épouvantable m'ont enlevé de Chennai et amené à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mamallapuram&lt;/span&gt;, petit village de pêcheurs et de touristes, perdu dans la campagne très verte du Tamil Nadu. C'était d'ailleurs la première fois que je me trouvais dans un endroit si peu peuplé depuis mon arrivée en Inde. Mamallapuram est formidable, d'abord parce qu'il y règne un calme très reposant après l'agitation chaotique de Chennai, ensuite et surtout parce qu'on peut y admirer un temple très ancien juste au bord de la mer, ainsi que d'impressionnantes et nombreuses sculptures inspirées par la mythologie hindoue, travaillées à même la roche. Il y a notamment une série de cinq petits temples ravissants sortis de blocs de pierre, et un immense pan de falaise, haut peut-être de trois mètres, et long sans doute d'au moins dix mètres, qui est tout entier une sculpture très fine et très riche symbolisant le Gange, le célèbre fleuve sacré. J'ai passé à Mamallapuram une journée fort agréable. J'ai même croisé dans l'hôtel où j'ai passé la nuit une jeune Française, fille adoptée d'origine indienne, qui voyageait à travers toute l'Inde, à la découverte de ses origines ; cela a été très sympathique d'échanger quelques impressions avec elle.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Ma courte route dans le Sud indien s'est achevée à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pondichéry&lt;/span&gt;, ancien comptoir français, et petite ville ravissante, où j'ai battu un record personnel : j'ai dormi dans une chambre d'hôtel, propre et décente (mais sans salle de bain particulière), pour quatre-vingts roupies, soit un euro cinquante! Cela met tout de suite de bonne humeur pour découvrir Pondichéry. La ville est divisée en deux par un canal coulant du Nord au Sud. A l'Est de ce canal, en bord de mer, la ville française, avec ses superbes demeures de l'époque coloniale, blanches ou colorées, donnant sur des jardins ombragés, avec ses rues propres et calmes portant des noms d'hommes célèbres français (Dupleix, Romain Rolland, La Bourdonnais, etc.), son "hôtel de ville" gardé par des policiers en képis rouges, ses églises, et puis une longue promenade en front de mer, ponctuée par une statue de Gandhi, faisant presque face, assez ironiquement, à un monument français aux morts indiens pour la France, rappelant la colonisation plutôt que l'indépendance. Dans ce quartier, on trouve plein de restaurants, où l'on peut manger français, et être servi par des Indiens parlant français. J'ai savouré une savoureuse tartine de rillettes dans un restaurant tenu par un expatrié français. Pourtant, il suffit de franchir le canal, de se retrouver dans la partie Ouest de Pondichéry, pour revenir aussitôt dans l'Inde telle qu'on la connaît, avec ses rues agitées, ses temples hindous, ses immenses affiches politiques ou de cinéma, et cette extraordinaire sensation d'une vie grouillant partout. Je pense que l'hiver, lorsque la mousson est terminée et que le temps est sec et doux, Pondichéry est un paradis pour ceux qui aiment et l'Inde, et la France, et qui cherchent une sorte de retraite pour lire, ou écrire. Dans les restaurants où je suis allé, j'ai d'ailleurs entendu les conversations non seulement de touristes, mais aussi de retraités français, venant tous les ans à Pondichéry, entre décembre et février, logeant dans ces demeures superbes, fréquentant l'Alliance française et amoureux de l'Inde authentique qui commence de l'autre côté du canal. Pour un Français, Pondichéry a quelque chose de magique. On ne la quitte qu'à regrets.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Je l'ai quittée en bus, pour revenir à Chennai d'où je devais reprendre l'avion pour Delhi. Les quatre heures de route ont été agréablement meublées, car, à côté de moi dans le bus, s'était assis &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rupesh&lt;/span&gt;, un Indien de mon âge, très aimable, drôle et malicieux, avec qui j'ai sympathisé, et avec qui j'ai passé un peu de temps, au restaurant et au bar, le lendemain, à Chennai, avant de me rendre à l'aéroport. Rupesh vit et travaille à Chennai, mais toute sa famille est originaire d'un village voisin de Jaipur, dans le Rajasthan, où il m'a gentiment invité au mariage de sa soeur, en février. Il est fascinant de connaître Rupesh, car Rupesh semble aussi indien qu'on peut l'être. Il a le contact facile, le sourire doux, le rire généreux. Il aime le cinéma. Il est fier de son pays, mais admire l'Occident. Il parle la langue de la région, le tamoul, la langue du pays, l'hindi, et, avec un accent caractéristique, la langue du monde, l'anglais. Il a cette attitude très hindoue face à la religion, une attitude faite à la fois de respect superstitieux et de relativisme, de modération, de tolérance. Il a aussi une attitude très indienne face à la morale, sortant tous les dimanches avec ses amis pour boire de l'alcool dans des bars à l'insu de ses parents, et n'imaginant pas une seule seconde que son père puisse lui aussi boire de l'alcool et le cacher à sa famille. Il a enfin une attitude très indienne face à la loi et à la poursuite du profit, attitude où la débrouillardise prime tout autre tempérament, et où le marché noir, la corruption permise par la bureaucratie et le caractère de la police locale, et les arrangements de chacun avec la légalité sont la règle véritable. Pour arrondir ses fins de mois, Rupesh se livre ainsi à une façon de contrebande : il achète de l'alcool et de l'or à Pondichéry, où il y a peu de taxes et où c'est donc moins cher, et il revend le tout à Chennai, sous le manteau, enregistrant de beaux bénéfices. Bref, Rupesh est l'Indien moyen par excellence, et c'est sans doute ce qui le rend attachant.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Mon retour à Delhi, après cette semaine riche de découvertes, a été marqué par une surprise climatique : &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;le froid&lt;/span&gt;. Dans le Sud, j'ai eu beaucoup de chance avec la météo : je suis arrivé à Goa quelques jours après qu'il ait cessé d'y pleuvoir (la mousson dure beaucoup plus longtemps dans le Sud qu'à Delhi, évidemment) et tandis qu'il pleuvait encore sur la côte Est ; mais lorsque j'ai atterri sur la côte Est, j'y ai trouvé le même ciel bleu et la même chaleur (autour de 30°C) qu'à Goa. A mon retour à Delhi, j'ai donc été surpris par la fraîcheur des nuits. L'hiver était arrivé sur le Nord. Et, trois semaines après avoir cessé d'utiliser mon ventilateur, j'ai acheté, pour mon appartement à l'isolation pour le moins approximative, un radiateur électrique...&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-3250646929101318074?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/3250646929101318074/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=3250646929101318074' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/3250646929101318074'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/3250646929101318074'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/12/voyage-dans-le-sud.html' title='Voyage dans le Sud'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-3114284517635233982</id><published>2006-11-28T18:01:00.000+01:00</published><updated>2006-12-20T18:14:24.548+01:00</updated><title type='text'>Gandhiji</title><content type='html'>&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gandhiji&lt;/span&gt; : c'est ainsi que les Indiens appellent le plus souvent Mohandas Karamchand Gandhi. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;-ji &lt;/span&gt;suffixé est, en hindi, une marque de respect. De cette "grande âme" (c'est ce que signifie le titre de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mahatma&lt;/span&gt;), il semble qu'on ait des souvenirs sélectifs. Cela seul explique que le monde entier vénère encore Gandhi, qu'il soit perçu comme un héros, comme un saint. La réalité de Gandhi est un peu plus complexe, et à mon avis largement moins glorieuse, que ce que l'on croit.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;De M.K.Gandhi, on garde cette image d'un petit homme vêtu de blanc, déjà vieux, presque chauve, avec une moustache, des petites lunettes rondes et une expression de bonhomie. On sait qu'il a joué un rôle fondamental dans la lutte de l'Inde pour son indépendance, tant et si bien qu'il est considéré comme le père de la nation indienne - et d'ailleurs, quand ils ne l'appellent ni Mahatma, ni Gandhiji, les Indiens l'appellent &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bupa&lt;/span&gt;, ce qui veut dire père. On met l'accent sur le fait que, toute sa vie, il a été l'apôtre de la non-violence, de la résistance passive. On sait aussi qu'il s'est élevé contre le statut des intouchables, indigné par leur misère ; qu'il n'a aucun lien de parenté avec Indira, Rajiv et Sonia Gandhi qui ont successivement animé le parti du Congrès depuis la mort de leur véritable aïeul, Jawaharlal Nehru ; et que sa vie s'est achevée brutalement, le 30 janvier 1948, lorsqu'il a été assassiné par un extrémiste hindou, qui a fait de lui un martyr, et a donc fait de son échec - l'échec de sa vision de l'Inde et de la non-violence, qu'illustrent les déchirements communautaires, le problème du Pakistan, les violences entre castes, etc. - un échec plus glorieux que bien des succès. Gandhi, c'est un homme qui a gagné sur l'indépendance de son pays et perdu sur tout le reste, mais perdu d'une façon telle que cela ajoute à sa grandeur, car il faut lui reconnaître qu'il n'a jamais transigé avec son principe de non-violence - ni avec aucun de ses principes, d'ailleurs. Voilà le Gandhi lumineux, le Gandhi glorieux, le seul que l'imaginaire collectif mondial retient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Cependant, Gandhi a également son côté obscur - sans vouloir faire d'allusion incongrue à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Star Wars&lt;/span&gt;, bien que Maître Yoda ne soit pas sans entretenir une certaine ressemblance avec Maître Bupa. Cette dimension obscure, et même obscurantiste, on la découvre en se plongeant dans la quantité impressionnante des écrits de Gandhi, et plus particulièrement dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hind Swaraj (Indian Home Rule)&lt;/span&gt;, texte publié en 1909 et considéré comme le manifeste du Mahatma. Malgré l'admiration et l'affection que continuent de porter de nombreux Indiens à Gandhi, c'est tout de même en Inde que l'on trouve le plus de critiques de ce dernier - notamment chez les marxistes -, et ce n'est pas un hasard : l'Inde est sans doute le seul pays où l'on étudie en long et en large la pensée du Mahatma, en ne se contentant pas de l'image lisse que la majorité des personnes, dans le reste du monde, a de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai pas l'intention de me lancer dans une analyse exhaustive et détaillée de la pensée gandhienne. La tâche, évidemment, serait insurmontable. Cependant, j'aimerais donner succinctement quelques exemples des idées les plus critiquables que je lui ai trouvées lors de mes propres lectures - pour le cours de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Modern Indian Social Thought&lt;/span&gt; - et qui illustrent son obscurantisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, en matière éducative, Gandhi a pensé un modèle alternatif, heureusement jamais appliqué à grande échelle. Ce modèle, baptisé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;basic education&lt;/span&gt;, prévoyait de centrer l'éducation des enfants autour de l'apprentissage d'un artisanat (Gandhi citait l'artisanat textile comme celui étant le plus susceptible d'être appliqué à l'ensemble de l'Inde). Tout devait graviter autour de cet apprentissage manuel : l'enseignement de la morale, de la culture et de la tradition indiennes, les règles élémentaires d'hygiène et d'entretien du corps, et même la géographie ou l'arithmétique de base. Au premier abord, un tel système peut paraître bénéfique par sa dimension éminemment pratique. Cependant, la démarche profondément conservatrice qui l'inspire est sensible. Gandhi a pensé la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;basic education&lt;/span&gt; en réaction à l'éducation apportée par le colonisateur britannique. Il faut reconnaître que cette éducation, réservée à des privilégiés, consistait surtout à former des élites locales capables de servir l'administration coloniale, et qu'elle faisait totalement l'impasse sur la civilisation indienne et son glorieux passé, afin de détruire toute fierté nationale chez les Indiens, et de les maintenir dans un complexe d'infériorité sensible jusqu'à nos jours. Gandhi s'est élevé contre cela, sans doute avec raison. Cependant, l'éducation coloniale avait le mérite d'être empreinte d'une idéologie libérale, rationaliste et moderne, mettant notamment l'accent sur l'apprentissage des sciences, indispensable au développement économique du pays. Et c'est aussi contre cela que Gandhi s'est élevé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gandhi considérait l'apprentissage des sciences comme le symbole de la prétention de l'homme se voulant supérieur à la nature. Pour quelqu'un qui se faisait le défenseur de la civilisation millénaire indienne, c'est un comble, lorsque l'on voit l'apport extraordinaire des Indiens aux mathématiques et à l'astronomie. Se peut-il qu'un homme qui décrit l'apprentissage des sciences comme pures futilité et prétention se dise le défenseur d'une civilisation qui a découvert le 0? Gandhi affirmait même que l'apprentissage de l'alphabet était totalement secondaire. "La connaissance des lettres est un ornement pour le corps", a-t-il écrit (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"knowledge of letters is like ornaments for the body"&lt;/span&gt;). Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hind Swaraj&lt;/span&gt;, il dit même qu'un paysan n'a pas besoin de savoir lire et écrire ne serait-ce que son nom pour vivre parfaitement heureux et honnête. Peut-on imaginer propos moins progressiste, plus conservateur? On réalise aisément comme les "masses" stagneraient dans la plus dangereuse des ignorances si des principes comme ceux de la basic education étaient appliqués : soyez honnêtes et heureux, mes braves, mais surtout restez suffisamment illettrés, ignorants, et bornés à votre artisanat, pour pouvoir être maintenus dans un état d'asservissement, voire de végétation intellectuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Deux arrière-pensées sous-tendent la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;basic education&lt;/span&gt;. D'abord, évidemment, la lutte pour l'indépendance : résister à l'éducation coloniale, rejeter catégoriquement et jusqu'à l'absurdité tout ce qui vient de l'Ouest, c'est une façon certes dangereuse et peu subtile mais probablement efficace de montrer son opposition au colonisateur. Cependant, les idées de Gandhi sur l'éducation révèlent également le conservatisme effrayant de la pensée du Mahatma : ce qu'il souhaitait, c'était aussi le maintien de l'organisation de la société indienne autour du village, avec ses artisans, ses paysans, et ses valeurs morales solidement ancrées. C'était cela que menaçait la civilisation occidentale apportée par le colonisateur, avec l'accent mis sur l'urbanisation, la mécanisation, l'industrialisation, l'éducation libérale. Gandhi estimait que cette civilisation ne créait que misère. Le fait est qu'elle est assez indiscutablement une des causes du développement économique actuel de l'Inde. Nehru l'avait compris, lui, pur produit de l'éducation occidentale, épris de sciences et de technologie, obsédé par le besoin d'industrialiser son pays. Si l'Inde avait écouté Gandhi, on trouverait aujourd'hui des champs et des ateliers de textile en lieu et place de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Silicon Valley&lt;/span&gt; de Bangalore, et, au lieu d'une classe moyenne en pleine expansion, toute une classe de paysans et artisans illettrés. Et, en toute simplicité, Gandhi considérait la basic education comme son don le plus important au monde. Il est des cadeaux qu'il faut savoir refuser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien que plus anecdotique, l'idée qu'il se faisait des médecins et des avocats est un autre exemple de l'obscurantisme terrifiant de Gandhi. C'est encore dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hind Swaraj&lt;/span&gt; que cela apparaît, et je crois que quelques citations seront suffisamment parlantes. Sur le métier d'avocat, bien qu'avocat lui-même, Gandhi écrit que c'est une "profession qui apprend l'immoralité". La raison avancée est que les avocats défendent des hommes qui ont commis une faute, et qu'en plus ils y gagnent leur vie. Ils ont même intérêt, pour cette raison, à ce que les disputes entre les hommes se multiplient. Sans doute est-il préférable de pendre directement tous les accusés sans chercher à savoir s'ils sont coupables ou s'ils ont des circonstances atténuantes. Quant aux médecins, Gandhi estime qu'ils sont responsables de ce que l'homme a trop d'indulgence pour lui-même. Et il précise que "si le médecin n'intervenait pas, la nature aurait fait son travail et [l'homme] aurait été capable de se contrôler, il aurait été libéré du vice et serait devenu plus heureux". A en croire Gandhi, les maladies ne frappent que ceux qui ont pêché. Non, il n'existe pas de microbe, pas de maladie contagieuse, pas d'épidémie. Vous êtes malade? Laissez-vous crever, ça vous apprendra, viles pêcheurs, et vous serez heureux. A cause des médecins, "nous sommes devenus efféminés (sic). Dans ces circonstances, nous ne pouvons pas servir notre pays. Apprendre la médecine européenne est accroître notre asservissement." Crevez à l'indienne pour la patrie, plutôt que d'être soigné à l'occidentale, bande de femmelettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Gandhi, on peut aussi retenir que, s'il a combattu l'intouchabilité, il a pris position en faveur du maintien du système des castes, dont on sait les ravages socio-économiques, ainsi que la criante injustice. En d'autres termes, Gandhi défendait une organisation de la société sur la base d'une division du travail héréditaire, s'accompagnant d'une discrimination sociale inévitable et de processus d'exclusion infiltrant jusqu'à la vie privée des individus, notamment leur mariage. La prise de position de Gandhi en faveur des castes est d'ailleurs ce qui lui vaut d'être fortement critiqué par nombre d'Indiens, notamment les plus marxistes et les plus libéraux. Certes, Gandhi défendait une conception plus flexible du système, il estimait que des excès avaient été commis dans son application, déviant du chemin tracé par les textes fondamentaux de l'hindouisme ; mais c'est là finalement une posture assez lâche, refusant d'admettre une responsabilité de ces textes un peu trop sacrés dans les inégalités de la société indienne, refusant d'admettre que le principe-même de caste est profondément inégalitaire, et va violemment à l'encontre des libertés. Il ne s'agit pas de dire que l'hindouisme est dangereux et doit disparaître, mais simplement de reconnaître que c'est une religion qui, comme d'ailleurs toutes les religions, comporte des dimensions extrêmement négatives, obscurantistes, contraires aux libertés. Au lieu de se livrer à cette critique qui aurait pu être constructive, Gandhi faisait tout pour mêler la religion en général, et l'hindouisme en particulier, à la sphère politique, sur l'argument fumeux que la politique nécessite de comprendre les individus, et que comprendre les individus nécessite de prendre en compte les religions. Ainsi, Gandhi préconisait une interdiction légale de tuer une vache. Il estimait que la protection des vaches, parce qu'elle enseignait le respect de la nature, était le principal apport de l'hindouisme, et, en tant que tel, devait être généralisée, ce qui est une façon relativement grotesque d'insérer les dogmes religieux dans le domaine politique et civil, et correspond par ailleurs à une conception pour le moins discutable de la tolérance religieuse : parce que nous considérons que les vaches sont sacrées, nous interdisons aux autres d'en manger. De fait, en Inde, on continue d'accorder plus d'importance aux vaches qu'aux petites filles, qui continuent d'être tuées par milliers chaque année parce que l'aîné doit être un garçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gandhi est aussi critiquable par la naïveté jusqu'à laquelle il poussait la croyance en ses principes, si respectables soient-ils. Quant au principe de non-violence, cet aspect est illustré de façon assez saisissante par le comportement de Gandhi à l'égard de Hitler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(A ce propos, j'ai déjà évoqué sur ce blog l'admiration troublante des Indiens pour Hitler. J'ai eu récemment une conversation assez virulente avec deux de mes amis indiens de JNU, qui me soutenaient qu'ils partageaient ce sentiment. Ils m'ont affirmé que ce qu'ils admiraient dans le Fürher, c'était son génie militaire, et la façon dont il avait contribué à la grandeur de son pays. J'ai naturellement tenté d'expliquer que l'Allemagne n'était pas sortie particulièrement grandie de la dictature hitlérienne, et que Hitler, en dépit de ses stratégies militaires dont le génie est d'ailleurs discutable, était responsable d'atrocités telles qu'il est tout simplement inconcevable de l'admirer. A mon grand soulagement, ils ont convenu que la Shoah était un acte épouvantable, mais ils ont renchéri en disant que Hitler avait respecté la démocratie. J'ai alors avalé mon thé de travers, et, je leur ai expliqué que, bien qu'élu démocratiquement, Hitler n'était pas vraiment un champion de la démocratie, et ce qui m'est apparu alors, de façon extrêmement flagrante, c'est la dramatique ignorance de mes amis quant à cette période de l'Histoire : en-dehors des connaissances les plus basiques sur la guerre et Hitler, que même un enfant a chez nous, ils ne savaient à peu près rien de l'épisode nazi et de la façon dont la société allemande était entièrement contrôlée par les Nazis. Mes amis étant pourtant parmi les jeunes Indiens les plus éduqués, j'en ai déduit que les programmes scolaires indiens passent vraisemblablement un peu rapidement sur le IIIème Reich, mais cela reste à vérifier... Bref, après cette conversation, j'ai l'impression de m'expliquer un peu mieux la fascination des Indiens pour Hitler, mais je ne suis pas particulièrement rassuré pour autant.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En juillet 1939 puis en décembre 1940, Gandhi a écrit à Hitler deux lettres, toutes deux commençant par "Mon ami". Certes, Gandhi prétendait ne pas avoir d'ennemi, mais tout de même! Il y implorait le dictateur de renoncer à la guerre, et affirmait ne pas croire en la description de Hitler par ses ennemis, qui fait de lui un monstre. On conviendra que la naïveté qu'il fallait pour espérer convertir Hitler à la non-violence est assez terrifiante. Et que Gandhi, méprisé par Hitler qui avait encouragé les Britanniques dans la répression des mouvements indiens pour la liberté, s'abaisse à appeler le dictateur "mon ami" et à n'être pas loin de faire son éloge est une farce dont on ne sait s'il faut vraiment rire. (1)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, Gandhi ne s'est pas arrêté là : en 1940, alors que les Nazis menaçaient d'envahir la Grande-Bretagne, Gandhi conseillait aux Britanniques de déposer les armes, et même de se laisser massacrer et de laisser Hitler et Mussolini s'emparer des territoires qu'ils convoitaient, mais, par contre, de leur refuser allégeance. (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"I would like you to lay down the arms you have as being useless for saving you or humanity. You will invite Herr Hitler and Signor Mussolini to take what they want of the countries you call your possessions... If these gentlemen choose to occupy your homes, you will vacate them. If they do not give you free passage out, you will allow yourselves, man, woman, and child, to be slaughtered, but you will refuse to owe allegiance to them."&lt;/span&gt;) Le respect du principe de non-violence tourne ici à la démence. Est-il besoin de s'interroger sur les conséquences d'un tel conseil s'il avait été suivi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a donc un fossé entre l'image que le monde retient de Gandhi, et la réalité du personnage, marquée par de nombreux et terrifiants aspects obscurantistes, conservateurs et tout simplement irresponsables. D'une certaine façon, il n'est pas mal de se contenter de glorifier le Gandhi édulcoré, si cela peut permettre de mieux enterrer le Gandhi insensé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/-%20400.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/-%20400.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pondichéry : enfant grimpant sur la statue du père de la Nation&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(Je parle de mon voyage dans le Sud et notamment à Pondichéry dans le prochain message!)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Sur ces lettres, je renvoie les personnes intéressées à l'article disponible sur le site suivant, plus pour l'aspect objectif que pour la prise de position de l'auteur, à laquelle je n'adhère pas : &lt;a href="http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EEVpFZAyFkOeqoVceT.shtml"&gt;http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EEVpFZAyFkOeqoVceT.shtml&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-3114284517635233982?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/3114284517635233982/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=3114284517635233982' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/3114284517635233982'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/3114284517635233982'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/11/gandhiji.html' title='Gandhiji'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-85334669659435608</id><published>2006-11-12T16:03:00.000+01:00</published><updated>2006-11-12T16:10:22.915+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 11 novembre, 19h&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Voilà presque un mois que je n'ai plus actualisé ce blog. Il y a une raison fort simple à cela : j'ai eu beaucoup de travail ces derniers temps, et, en-dehors des cours, je ne suis que rarement sorti de chez moi, m'installant dans une routine sur laquelle j'ai peu de choses à raconter. Désormais, j'ai rendu tous les travaux que je devais faire. Le semestre se termine. Dans un peu plus de trois semaines, je serai en France, pour un mois. J'avais initialement prévu de profiter de ce que le mois de décembre est entièrement libre à JNU pour beaucoup voyager en Inde, mais diverses considérations m'ont finalement fait changer d'avis, et je passerai donc ce mois en France. D'ici-là, il me reste encore les examens de fin de semestre, mais seuls deux sur les quatre que je dois passer nécessitent de véritables révisions, et pour ces deux cours (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Indian Political System&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;International Relations Theory&lt;/span&gt;) les examens de mi-semestre, qui ont plutôt eu lieu aux trois quarts du semestre, ont déjà nécessité la révision de l'essentiel du programme. Je ne suis donc pas encore en vacances, mais je n'en suis pas loin - d'autant que tous les cours sont maintenant terminés pour laisser place au "temps de révision" - et j'espère en profiter pour faire ce que je n'ai absolument pas eu le temps de faire depuis Mumbai : voyager, et continuer de visiter Delhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    J'ai commencé aujourd'hui en allant au National Museum de Delhi, avec Christian - en ce 11 novembre, jour de commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale, il fallait faire honneur à l'amitié franco-allemande, transcendant les hostilités du passé! Le musée semblait passionnant, très riche. Malheureusement, nous avons été surpris par la fermeture du musée - à 17h, ce qui est un peu tôt lorsqu'on sort de table à 15h - alors que nous n'avions pu voir que les premières salles. Ce fut donc un peu frustrant, mais nous reviendrons prochainement pour une visite plus complète. L'entrée du musée étant à une roupie pour les heureux possesseurs d'une carte d'étudiant indienne (à des monnaies-lumière des huit euros et quelques que les étudiants paient, assez scandaleusement, dans les grands musées parisiens!), nous devrions être en mesure de nous offrir cette seconde visite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Les journées de jeudi et vendredi ont été marquées à JNU par les élections des représentants étudiants. On votait jeudi, et la journée de vendredi était consacrée au comptage des voix. Les deux jours étaient sans cours, ce qui illustre assez bien à quel point on prend ces élections au sérieux à JNU. En effet, JNU étant une université extrêmement politisée - beaucoup plus que Sciences Po, qui, ironiquement, ne l'est pas tant que ça - ces élections déchaînent chaque année les passions. Depuis plusieurs mois, les syndicats étaient actifs, faisant entendre leurs revendications, intervenant à la fin des cours, menant des grèves - y-compris des grèves de la faim. Il s'agissait de la pré-campagne. Dans les deux dernières semaines avant le vote, on n'a, pour ainsi dire, plus entendu une seule idée ; mais il était difficile de s'installer dans une cafétéria ou de se promener dans les allées les plus fréquentées du campus sans être interpellé par un groupe de quatre étudiants faisant campagne pour leur syndicat, mais se contentant en fait de vous dire leurs noms afin que vous les mémorisiez et puissiez voter pour eux. En effet, on ne vote ni pour une liste, ni pour un syndicat, mais pour des personnes, se présentant à des postes différents - Président, Vice-Président, Secrétaire Général, etc. D'après ce que j'ai compris, les élections à JNU fonctionnent à deux niveaux : chaque étudiant doit d'abord choisir des représentants pour son école (école des sciences sociales, des études internationales, des sciences environnementales, de technologie, etc.), puis des représentants pour le central panel, le comité central.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Globalement, les étudiants avaient le choix entre quatre types de formations : de petites organisations assez mal identifiées politiquement ; les syndicats marxistes à des degrés divers, qui dominent traditionnellement à JNU, et qui sont généralement violemment anti-américains, anti-sionistes et bien sûr anti-mondialisation ; le syndicat NSUI, lié au parti du Congrès ; et les nationalistes hindous - le syndicat aBVP est la branche étudiante du BJP, parti nationaliste hindou, partiellement inspiré par le RSS, groupe fondamentaliste et fascistoïde hindou, et qui a été au pouvoir entre 1999 et 2004, avant le retour du Congrès contre tous les pronostics. N'en sachant pas assez sur les petits syndicats, et n'ayant pas la moindre sympathie pour les marxistes, les nationalistes et le Congrès, je me suis abstenu. Cependant, vendredi, j'ai passé un peu de temps devant l'école des études internationales, où avait lieu le comptage des votes, juste pour me faire une idée de l'atmosphère. Une grande tente avait été dressée dehors, où les étudiants attendaient avec une certaine fébrilité les résultats, égrenés progressivement par un haut-parleur, tout au long de la journée, à peu près chaque fois que cent nouveaux bulletins avaient été dépouillés. Sous la tente, les syndicats avaient chacun leur table, et prenaient en note les résultats provisoires. Il était amusant de voir les mines réjouies des uns, les mines déconfites des autres. Cela seul me permettait de déterminer quel syndicat avait l'avantage, parce que le haut-parleur ne donnait que les noms des candidats, et je ne savais pas à quel syndicat appartenait telle ou telle personne (j'ai déjà du mal à mémoriser les prénoms indiens, j'aurais difficilement pu retenir la centaine de noms des candidats pour les différentes écoles et le central panel). Je ne suis pas resté jusqu'à la fin, parce que c'était vraiment trop long et que les résultats définitifs devaient n'être connus que tard dans la soirée, mais, aux dernières nouvelles, ce serait un des petits syndicats, plutôt conservateur et opposé aux politiques de réservation pour les castes inférieures, qui l'aurait emporté. Si cela se confirme, c'est une révolution à JNU, qui, comme je l'ai dit, est d'habitude plutôt marxiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Il y a quelques semaines a eu lieu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Diwali&lt;/span&gt;, une des fêtes hindoues les plus importantes (aussi appelée &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Deepavali&lt;/span&gt;). Cette fête symbolise la victoire du bien sur le mal, elle est donc extrêmement joyeuse et optimiste, ce qui explique sans doute pourquoi c'est avant tout un festival des lumières - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Diwali &lt;/span&gt;signifie "rangée de lumières". Les Indiens passent cette journée en famille. Ils illuminent leurs maisons de guirlandes lumineuses, bougies et autres lampions colorés - ce qui n'est pas sans évoquer à l'ancien Lyonnais que je suis la fête des lumières, célébrée le 8 décembre, pour l'Immaculée Conception. Ils s'offrent des cadeaux, font un repas festif conclu par des pâtisseries. Et, surtout, les adultes comme les enfants lancent des pétards et des feux d'artifice jusque fort tard dans la nuit. Les pétards indiens m'ont d'ailleurs paru beaucoup plus bruyants que ceux dont on a l'habitude en France, par exemple pour le 14 juillet. C'était assez étrange de se promener dans les rues de Munirka ce soir-là, sursautant sans cesse au son des pétards, enveloppé d'une épaisse fumée à l'odeur de poudre où perçaient les lumières multicolores des maisons. Les chiens errants, visiblement terrorisés, aboyaient en écho aux pétards, et les vaches avaient disparu. On se serait presque cru sur le champ d'une furieuse bataille. Et l'on s'y croyait encore le lendemain, après la bataille, marchant dans des rues recouvertes des restes des munitions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Il y a une semaine et demie, Marion, Clémence et moi avons été invité au mariage de la soeur de Dhruv, qui se tenait à Delhi, dans une sorte de camp militaire - le mari étant un militaire. Je dois le dire, j'ai été un petit peu déçu. Je m'attendais à une fête pleine de chants, de danses, de costumes traditionnels, bref, à une sorte de comédie musicale à la Bollywood. Je m'y attendais d'autant plus que la famille de Dhruv est originaire du Penjab, et que les Penjabis sont supposés être les plus fêtards des Indiens. Le fait est que le mariage dure plusieurs jours - à peu près une semaine en fait - et qu'il y a des jours qui correspondent à cette image que l'on a spontanément d'un mariage hindou. Malheureusement, nous avons été invité un soir qui était un peu plus solennel, puisqu'il s'agissait des dernières cérémonies officialisant l'union entre les deux époux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    C'était cependant très intéressant, et les gens que nous avons rencontré ont tous été extrêmement gentils et chaleureux avec nous. La mariée était en tenue traditionnelle - les époux étaient d'ailleurs les seuls à porter des costumes traditionnels, tous les convives portant soit des costumes, soit des saris tout-à-fait modernes. (Je m'étais moi-même acheté un costume pour l'occasion, et je dois dire que ne payer que l'équivalent de quatre-vingt-cinq euros pour être vêtu entièrement des pieds à la tête a été une surprise très agréable - en France, je pense que pour ce prix-là je n'aurais eu que les chaussures.) La mariée avait donc un magnifique sari brodé de fil doré et parsemé de petites choses brillantes. De ses poignets pendaient d'étranges constructions d'anneaux dorés qui descendaient sur au moins vingt centimètres. Je n'ose imaginer comme il doit être pénible de porter cela toute la journée. Il était assez amusant de penser que la mariée ainsi vêtue est une Indienne des plus modernes, spécialiste de haut niveau dans l'industrie pharmaceutique, et s'apprêtant à aller travailler en Allemagne. Toute la famille de Dhruv et Dhruv lui-même sont d'ailleurs très modernistes, très progressistes, très ouverts d'esprit - mais un mariage reste une fête éminemment traditionnelle, dont les rituels sont observés scrupuleusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Plusieurs choses m'ont marqué dans les diverses cérémonies auxquelles nous avons assisté. D'abord, le fait que les mariés étaient constamment sous le feu des flashes. Quatre photographes et deux cameramen (un par famille, pour faciliter la diffusion des images après le mariage) travaillaient en permanence. La moindre action était découpée en séquences extrêmement brèves, filmées et photographiées des dizaines et des dizaines de fois chacune, avec la famille de la mariée, avec la famille du marié, avec les amis de la mariée, avec les amis du marié, avec les amis du frère de la mariée (nous!), etc., à n'en plus finir! Les pauvres mariés étaient de plus en plus crispés dans leurs posés et avaient de plus en plus de mal à sourire naturellement. Même une star sur le tapis rouge de Cannes ne subit pas un tel acharnement photographique. Tout était donc extrêmement long. Les deux principales cérémonies auxquelles nous avons assisté se décrivent assez rapidement : la première a consisté à ce que chacun des deux époux passe une couronne de fleurs autour de la tête de l'autre ; de la deuxième cérémonie, qui a eu lieu après un bon repas, nous n'avons en fait pas compris grand-chose, et pour cause : un prêtre récitait des textes sacrés en sanscrit (même les Indiens sont très rares à être capables de comprendre cette langue) en lançant de temps en temps diverses poudres dans le feu, et en invitant les mariés, ou leurs familles, à faire de même. D'après ce que m'a dit Dhruv, c'est pour chasser les mauvais esprits et attirer la chance et la prospérité sur le couple. J'ai d'ailleurs également été frappé par le fait que de nombreux billets de banque étaient coincés dans les divers plis de la tenue traditionnelle de l'époux - on dit que les Indiens sont très spirituels, ils sont en fait extrêmement matérialistes, comme je l'ai lu dans un livre dont je parlerai peut-être prochainement (1). Le moment le plus symbolique de cette seconde cérémonie a vu les mariés être reliés l'un à l'autre par un noeud entre leurs vêtements, et tourner ainsi autour du feu. La soirée s'est ensuite achevée pour les convives, mais, comme Dhruv nous l'a expliqué, la mariée devait encore subir les blagues authentiquement salaces choisies par les grands-mères de la famille. Etrange tradition, qui rappelle que le mariage appelle à la fidélité - le noeud -, mais certainement pas à la chasteté, surtout dans le pays du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Kama Sutra&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Je donne quand même dès à présent la référence, et la recommande vivement à tous ceux qui veulent avoir des Indiens une vision moins stéréotypée que celle qu'on a généralement en Occident : Pavan K. Varma, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Being Indian&lt;/span&gt;, Penguin, 2005.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-85334669659435608?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/85334669659435608/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=85334669659435608' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/85334669659435608'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/85334669659435608'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/11/samedi-11-novembre-19h-voil-presque-un.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-7888506816647680655</id><published>2006-10-16T21:07:00.000+02:00</published><updated>2006-10-16T21:31:53.635+02:00</updated><title type='text'>Photos de Mumbai III - Sur, ou au bord de la mer</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/1.1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/1.1.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gateway of India&lt;/span&gt; et la partie ancienne de l'hôtel &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Taj Mahal&lt;/span&gt; au clair de lune&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/2.1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/2.1.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/3.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/3.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/4.2.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; 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&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/7.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/7.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/8.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/8.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Nariman Point, l'extrémité Sud de Marine Drive&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/9.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/9.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/10.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/10.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/11.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/11.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Marine Drive au coucher du soleil et de nuit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(comme d'habitude, il faut cliquer sur les photos pour les voir en plus grand format)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-7888506816647680655?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/7888506816647680655/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=7888506816647680655' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/7888506816647680655'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/7888506816647680655'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/10/photos-de-mumbai-iii-sur-ou-au-bord-de.html' title='Photos de Mumbai III - Sur, ou au bord de la mer'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-5788554507010808025</id><published>2006-10-16T21:03:00.000+02:00</published><updated>2006-10-16T21:06:46.681+02:00</updated><title type='text'>Photos de Mumbai II - La fête hindoue sur la plage</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/1.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/1.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Incantations autour de la statue de la déesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/2.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/2.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La statue est portée à la mer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Photos de Christian.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-5788554507010808025?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/5788554507010808025/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=5788554507010808025' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/5788554507010808025'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/5788554507010808025'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/10/photos-de-mumbai-ii-la-fte-hindoue-sur.html' title='Photos de Mumbai II - La fête hindoue sur la plage'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-1538175955511464384</id><published>2006-10-16T20:31:00.000+02:00</published><updated>2006-10-16T21:02:07.497+02:00</updated><title type='text'>Photos de Mumbai I - Les rues</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/1.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Colaba Causeway&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/2.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/2.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Entre Colaba et Kala Ghoda&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/3.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/3.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Horniman Circle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/4.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/4.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span&gt;Victoria Terminal&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/5.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/5.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La synagogue Kenneseth Eliyahoo&lt;br /&gt;(photo de Thomas)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;  &lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/1600/6.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger2/3215/3696/400/6.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Cireurs de chaussures&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-1538175955511464384?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/1538175955511464384/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=1538175955511464384' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1538175955511464384'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1538175955511464384'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/10/photos-de-mumbai-i-les-rues.html' title='Photos de Mumbai I - Les rues'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-1652426414959981072</id><published>2006-10-15T23:01:00.000+02:00</published><updated>2006-10-15T23:22:20.931+02:00</updated><title type='text'>MUMBAI</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 15 octobre, 22h&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Capitale de l'Etat du Maharashtra, Mumbai - anciennement Bombay - est, avec plus de dix-huit millions d'habitants, la plus grande agglomération de l'Inde, et, d'ici quinze ans, devrait selon les prévisions figurer au deuxième rang du classement des agglomérations les plus peuplées du monde (après Tokyo), classement dont elle occupe pour l'heure la cinquième place. Principal centre économique de l'Inde, avec sa bourse, son port et le siège de Tata - LA grande entreprise indienne, que l'on retrouve dans les voitures ou les téléphones aussi bien que dans le thé -, Mumbai est aussi la ville de Bollywood comme Los Angeles est la ville d'Hollywood. C'est donc à Mumbai que sont produits les interminables films musicaux indiens, confrontant tradition et modernité sur des thèmes essentiellement familiaux et sentimentaux, autour d'un axe généralement manichéen à l'extrême. Cependant, au-delà des danses, des chants, des costumes et des décors somptueux de l'industrie cinématographique la plus prolifique du monde, Mumbai comporte également le plus grand bidonville de la planète. De Mumbai, on peut donc attendre qu'elle illustre tous les contrastes qui semblent définir la société indienne : extrême pauvreté des bidonvilles contre extrême richesse des stars de Bollywood, modernité des gratte-ciels de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt; - le quasi-mythique front de mer local - contre aspect vétuste de certaines installations ou habitations, influence occidentale très forte, héritée de cette modernité comme de l'époque coloniale et à certains égards perpétuée par le tourisme, contre identité indienne tout aussi marquée, et, enfin, rencontre de toutes les religions, puisque l'on trouve à Mumbai temples hindous, parsis et bouddhistes, mosquées, gurudwaras (lieux de culte des Sikhs), synagogues et églises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Profitant d'un jour férié en raison de l'anniversaire de Gandhi (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gandhi Jayanti&lt;/span&gt;, le 2 octobre), je me suis récemment rendu à Mumbai par les airs - sur une compagnie low-cost indienne - et j'ai passé là-bas cinq jours, avec Christian, Thomas, un de ses colocataires, et Amy, une de leurs amies, tous les trois allemands. Ce séjour a été formidable, riche de rencontres et de découvertes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    A l'image de l'Inde toute entière, mais de façon sans doute exacerbée par son gigantisme, Mumbai est une ville intense. Cela se ressent dès la sortie de l'aéroport, lorsque l'on monte dans un taxi qui se faufile alors dans un trafic épouvantable. La circulation semble moins anarchique mais largement plus dense qu'à Delhi. La route qui nous conduit vers le Sud de la ville serpente tantôt entre de hauts buildings en béton, tantôt entre des bidonvilles en carton et en tôle, au-dessus desquels s'élèvent de gigantesques panneaux publicitaires, qui semblent presque écraser les miséreux grouillant à leurs pieds. Lèvent-ils jamais la tête, ces miséreux, vers ces panneaux qui montrent des terrains de golf, des fauteuils première classe de compagnies aériennes, des ordinateurs portables du dernier cri, des stars de Bollywood et des produits de beauté promus par des mannequins occidentaux? En Inde, la richesse est souvent indécente, parfois même obscène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Sur les bords de la route, la vie de milliers d'individus semble s'écouler, indifférente au trafic pourtant si proche, si étouffant. Des femmes font la vaisselle, agenouillées devant des baquets d'eau noire. Des enfants jouent, vêtus d'un rien quand ils ne sont pas nus. Des hommes scient de longues planches de bois. D'autres sont oisifs, accroupis sur le rebord du trottoir dans cette posture typiquement indienne, les bras allongés reposant sur les genoux. Plus loin, derrière, un train passe : de la route, on dirait des wagons de marchandises. Il n'y a pas de portes, seulement des ouvertures béantes aux rebords desquels certains usagers s'accrochent pour ne pas tomber, tant il y a de monde dans les trains de Mumbai. Le trajet se poursuit sur la route encombrée, de quartiers en quartiers. Cependant, tandis qu'à Delhi les différents quartiers semblent être autant d'îlots reliés entre eux par des grandes routes, on remarque instantanément qu'il y a à Mumbai davantage de continuité dans le tissu urbain, même si la nature de celui change, des bidonvilles aux buildings aux bâtiments plus anciens, datant de l'époque coloniale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le Sud de Mumbai, où nous nous arrêtons, trouvons un hôtel et nous restaurons, est le principal quartier historique de la ville, pour cette raison le quartier le plus touristique, et celui d'où la misère des bidonvilles est absente. C'est là que l'on trouve les principaux monuments : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Victoria Terminus&lt;/span&gt;, gare aux allures de cathédrale gothique, la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;High Court&lt;/span&gt;, l'Université, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Prince of Wales Museum&lt;/span&gt;, autant de bâtiments qui rappellent la présence britannique. Devant leurs briques, sous un temps maussade, avec les bus à impériale qui circulent sur de grandes avenues bordées d'arbres, on se croirait presque à Londres, n'était-ce cette constante agitation indienne, ces marchands de rue, ces cireurs de chaussures, ces mendiants qui ne peuvent tout de même pas mendier dans les bidonvilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    A proximité de tout cela, il y a &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Colaba Causeway&lt;/span&gt;, grande rue où les restaurants succèdent aux boutiques assez chiques, et où les trottoirs sont bordés, côté route, par des étalages de souvenirs, de bijoux fantaisies ou d'antiquités douteuses, étalages dont les marchands harcèlent continuellement les touristes nombreux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Sur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Colaba Causeway&lt;/span&gt; donne aussi le porche imposant par lequel on accède à une colonie parsie. Les parsis sont des zoroastriens ; l'aspect le plus frappant de leur religion est qu'ils considèrent que la terre, le feu et l'eau sont sacrés, et que, pour cette raison, afin de ne pas souiller ces éléments sacrés, ils ne peuvent ni brûler, ni enterrer, ni jeter à la mer leurs morts. Ils déposent donc les cadavres sur de hautes tours, les tours du silence, afin que les vautours puissent les décharner. La communauté parsie est de plus en plus restreinte et vieillissante, et elle se concentre essentiellement à Mumbai, dans des colonies telles que celle que nous avons visitée à Colaba. Elle avait un peu l'air d'un camp militaire, avec ses bâtiments tous identiques et impersonnels, ses terrains de sport, son école et son organisation rationnelle, que nous a expliquée un ancien, après nous avoir chaleureusement accueilli dès notre passage du porche. Les parsis sont à la fois enviés et respectés en Inde, parce qu'ils ont la réputation de savoir réussir économiquement. Et, de fait, la famille Tata est une famille parsie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    De même que les Parsis, les Juifs de l'Inde - cinq milliers au total - sont pour beaucoup installés à Mumbai, et répartis en deux communautés principales, les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Baghdadis&lt;/span&gt; et les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bene Israelis&lt;/span&gt;. Certains d'entre eux viennent encore se recueillir à la synagogue &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Kenneseth Eliyahoo&lt;/span&gt;, construite par une grande famille locale, les Sassoon, et dont la façade frappe par sa belle couleur bleue pâle. En nous y rendant, nous avons là encore été bien accueillis, par le rabbin, qui a insisté pour nous montrer la Torah, cachée derrière son rideau, et nous a dit quelques mots fort intéressants de l'histoire des Juifs d'Inde. Les Juifs d'Inde, nous a-t-il notamment affirmé, n'ont jamais été confronté à l'antisémitisme. Malgré le faible nombre de Juifs en Inde, cela n'était pas si évident, dans un pays marqué par de quasi-incessantes violences entre religions, et dont le peuple semble entretenir une fascination troublante pour Hitler. En effet la moindre librairie, même installée en pleine rue, propose &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mein Kampf&lt;/span&gt;, les marchands de DVD mettent toujours en valeur les films et les documentaires portant sur le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fürher&lt;/span&gt;, et Christian, qui est allemand, m'a raconté que plusieurs Indiens lui avaient déjà parlé de Hitler et de la Shoah avec une légèreté déconcertante, un peu comme on me parle de Zidane... Cela, indépendamment du fait que la croix gammée est à l'origine un symbole hindou - on ne saurait tenir les Indiens responsables de la récupération qui a été faite d'un de leurs symboles religieux, par ailleurs toujours omniprésent, sur les rickshaws et les camions, dans les maisons et les échoppes, etc. Bref, il y a quelque chose de vraiment étonnant et d'évidemment dérangeant dans cette attitude qu'ont beaucoup d'Indiens à l'égard d'Hitler. S'agit-il d'une simple fascination morbide, ou y a-t-il autre chose, de plus profond et de moins avouable encore? Je ne saurais le dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Quant aux lieux de culte, en-dehors de cette synagogue et d'une église au beau clocher blanc, ainsi que du temple parsi aperçu de l'extérieur, nous avons aussi vu la mosquée &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Haji Ali&lt;/span&gt;, qui se dresse au milieu de la mer, reliée à la terre ferme par une étroite jetée que les flots submergent aisément lorsque la marée est haute et que la mer est agitée. Sur cette jetée, une foule de mendiants, dont beaucoup sont mutilés, aveugles ou difformes, expose sa misère, évidemment dérangeante et difficile à soutenir du regard pour nous si riches, espérant recueillir quelques misérables pièces de la part des touristes ou des croyants effectuant leur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Zakat&lt;/span&gt; (l'aumône aux plus pauvres, un des cinq piliers de l'Islam, qui explique qu'il y ait souvent de nombreux mendiants devant les mosquées, comme d'ailleurs devant les églises). Lorsque j'ai suivi cette jetée pour la première fois (j'y suis retourné le lendemain, pour prendre des photos), la nuit tombait, il y avait du vent et les embruns se mêlaient à une pluie fine. La cohorte des croyants avançait lentement sur la voie étroite, comme en une marche funèbre. Sur les côtés, les mendiants s'abritaient du mieux qu'ils pouvaient sous des bâches, et n'étaient plus que de sinistres silhouettes, qui semblaient vouloir disparaître, et continuaient pourtant leurs lugubres et lancinants appels à la générosité des passants. Au loin, les lumières de la mosquée, et son minaret éclairé, apparaissaient comme dans un rêve, au milieu de nulle part. Se trouver là, c'était, tout simplement, irréel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Derrière &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Colaba Causeway&lt;/span&gt;, on arrive vite à la mer, au niveau de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gateway of India&lt;/span&gt;, arche dans le même goût que l'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;India Gate&lt;/span&gt; de Delhi, plus belle de nuit que de jour, et du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Taj Mahal&lt;/span&gt;, immense hôtel, composée d'un bâtiment assez ancien en briques, dont la principale dimension est horizontale, et d'un bâtiment plus moderne en béton, dont la principale dimension est verticale, ce qui produit un curieux assemblage. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Taj Mahal&lt;/span&gt;, dont le nom renvoie évidemment au monument le plus célèbre de toute l'Inde, est également le palace le plus fameux palace du pays. Il a hébergé nombre de célébrités, dont notre actuel Président de la République - il me semble important de le signaler! Nous nous sommes promenés un peu dans les galeries de l'hôtel, où l'on trouve maintes boutiques de luxe, Vuitton et autres, et nous nous sommes payés la fantaisie d'un verre dans un des bars de l'hôtel, avec vue sur la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gateway&lt;/span&gt; éclairée. (Le prix de notre "verre", soi dit en passant, fut largement moins excessif que dans certains cafés parisiens, et le service beaucoup plus aimable.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Juste derrière la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gateway&lt;/span&gt;, une armada de petits bateaux en bois propose d'emmener le touriste sur l'île d'Elephanta. Là, au milieu d'une nature luxuriante peuplée de nombreux singes et de non moins nombreux marchands de souvenirs installés sous des bâches bleues ou jaunes le long de l'escalier qui fait l'ascension de l'île, se trouvent des grottes qui abritent quelques mystérieuses statues de dieux hindous. Malheureusement, ce jour-là, les grottes étaient fermées au public, de sorte que nous n'avons pu les voir. Néanmoins, j'ai particulièrement apprécié le trajet dans la baie, où notre embarcation a croisé d'imposants navires de commerce illustrant bien l'activité portuaire importante de Mumbai. Au loin, sur le rivage, se dressaient des grues, des cheminées d'usine. Ce paysage industriel, réparti sur la terre ferme et sur diverses îles, avait un charme particulier dans la grisaille de ce jour-là. (Nous avons eu un climat des plus variables tout le temps de notre séjour à Mumbai. Un soir, nous rentrions d'un restaurant en taxi lorsque nous avons été surpris par un très violent orage. Rapidement, la chaussée a été inondée, et, après être passé trop vite dans une immense flaque, notre taxi s'est immobilisé. Notre chauffeur a dû descendre, braver les éléments, trifouiller dans son antiquité de moteur, avant que nous ne puissions repartir, sursautant bientôt au fracas d'un éclair terriblement proche.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Cependant, le Sud de Mumbai est comme une péninsule s'avançant dans la mer d'Oman, si bien qu'on a la mer de deux côtés : à l'Est, c'est la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gateway of India&lt;/span&gt; et la baie (d'où provient le nom de la ville, Bom-bay, ou Mum-bai) ; à l'Ouest, c'est &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt;, magnifique et célèbre front de mer, dont la succession de gratte-ciels forme un demi-cercle ouvert sur la mer. L'endroit est cher aux touristes, mais aux Indiens également : ils assistent patiemment au coucher de soleil, par exemple depuis &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nariman Point&lt;/span&gt;, l'extrémité Sud de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt;, d'où l'on a une vue superbe. Puis, lorsque la nuit est tombée, et tandis que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt; lentement s'illumine, ils se promènent en longeant la mer. C'est là, tandis que j'attendais mes amis, que j'ai été abordé par un jeune homme misérable, qui voulait me vendre des cigarettes. J'ai refusé, mais il s'est assis à côté de moi, me disant qu'il était fatigué d'avoir marché tout le long de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt;. Alors, avec cette spontanéité et cette simplicité qu'ont les Indiens, il a commencé à me parler, dans un anglais correct, surprenant pour quelqu'un comme lui. Il avait quatorze ans, il était orphelin, il vivait avec sa soeur dans un bidonville au Nord de Mumbai. Tous les matins, de six heures à dix heures, il cirait des chaussures, près de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Victoria Terminal&lt;/span&gt;. Puis il venait sur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt;, qu'il arpentait tout le reste de la journée, et jusqu'à dix heures le soir, pour vendre ses cigarettes. Dans son attachement visible à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt;, qu'il désignait d'un hochement de tête et ne nommait jamais, comme par respect, mais aussi dans son regard, sa voix et sa façon de parler, il y avait quelque chose de malicieux, de poétique et de profondément triste à la fois. Il m'a dit son nom, mais je ne l'ai pas compris, même après le lui avoir fait répéter ; de toute façon, pour moi, c'était déjà Gavroche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Sur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt;, il y a une sorte de cave à jazz, sauf qu'elle ne propose pas que du jazz, comme son nom, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Not just jazz by the bay&lt;/span&gt;, l'indique très bien. La clientèle est riche, occidentale ou occidentalisée. Nous y sommes allés. Le groupe du soir jouait des standards rock, et avait le mérite de mettre une ambiance extraordinaire. Les gens dansaient entre les tables, et il y avait tant de monde que les serveurs avaient les plus grandes difficultés à faire leur travail. Là, un vieux Sikh a engagé la conversation avec nous, tant bien que mal, par-dessus la musique. S'il n'était pas le propriétaire de l'endroit, il semblait néanmoins y être comme chez lui. Il donnait un peu l'impression d'être un parrain du milieu de la nuit à Mumbai - Mumbai étant une des seules villes indiennes à avoir une vie nocturne digne de ce nom. Le vieux Sikh, lorsqu'il a su que mes amis étaient allemands, n'a rien trouvé de mieux à faire que de lever le bras en faisant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Heil!"&lt;/span&gt;, ce qui nous a évidemment tous consternés, et a renforcé mes interrogations sur Hitler et les Indiens. Cela dit, il s'est ensuite montré très affable, et très intéressé par Amy... Je pense que c'est grâce à cette dernière qu'il nous a proposés de l'accompagner en boîte, où, usant de son pouvoir, il nous a faits rentrer gratuitement, et nous a obtenus une boisson sans davantage de frais. En dansant, ou, plus exactement, en me trémoussant pendant deux heures dans cette boîte indienne, la seule à laquelle je sois allé à ce jour, j'ai pu constater à quel point tous les interdits de la société indienne sont transgressés par les classes les plus riches et les plus occidentalisées : alcool à foison, drogues, sexe, homosexualité, autant de choses que la morale et même parfois la loi réprouvent ou condamnent en Inde, et qui étaient présentes dans cette discothèque. En un sens, ce fut instructif, même si je n'étais pas surpris par tout cela, et même si, comme Amy, je n'étais pas fâché lorsque nous avons pu prendre congé du vieux Sikh, qui ne m'inspirait qu'une confiance limitée... Il nous a invités à dîner avec lui le lendemain soir, mais nous avons préféré décliner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    A l'extrémité Nord de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt;, il y a une plage. Nous y avons vécu ce qui est à ce jour un des moments les plus intenses de mon expérience indienne. Le hasard, qui fait bien les choses, a voulu que nous nous trouvions sur cette plage le soir du 2 octobre, jour férié célébrant l'anniversaire de Gandhi, mais aussi jour d'une grande fête religieuse hindoue. C'est très compliqué, à l'image de l'hindouisme : selon les régions de l'Inde et les courants de l'hindouisme, c'est une fête qui dure entre quatre et neuf jours, qui s'appelle &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Durga Puja&lt;/span&gt; ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Dussehra&lt;/span&gt;, et qui célèbre la déesse Durga, laquelle est, ou non, une des incarnations de Lakshmi, ou bien de Saraswati, deux autres déesses. Bref, j'ai un peu de mal à m'y retrouver, je le confesse, mais il y a tant de variantes qu'on a de toute façon l'impression de pouvoir dire à peu près n'importe quoi, et toujours est-il que, ce soir-là du 2 octobre était le dernier soir, et par conséquent l'apothéose, de ce festival. (Cependant, j'ai aussi vu des festivités le lendemain, peut-être un autre courant de l'hindouisme considère-t-il que la fête doit durer plus longtemps, ou peut-être s'agissait-il d'une toute autre célébration, puisqu'il y aurait plus de fêtes hindoues que de jours dans l'année, de même qu'il y eût longtemps plus de dieux hindous - il y en a plus de trois cent millions - que d'Indiens.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    La célébration à laquelle nous avons assisté ce soir-là sur la plage de Mumbai consistait à prier en groupe autour d'une statue de Durga, avant que celle-ci ne soit portée à l'eau par les hommes du groupe. Il y avait plusieurs groupes, un groupe correspondant à un immeuble, et chaque groupe ayant sa statue. Mes amis et moi avions centré notre attention sur un des groupes. Très rapidement, nous avons été invités par ces gens, qui ont alors fait preuve de la plus grande gentillesse, une authentique gentillesse désintéressée. Avec une merveilleuse ouverture d'esprit, ils ont tenu à nous faire participer à leur cérémonie comme si nous étions des leurs, dans une ambiance très familiale. Une femme a dessiné sur nos fronts un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tilak&lt;/span&gt;, une trace verticale de poudre rouge. Nous avons fait tourner devant la statue de la déesse une assiette d'où s'élevait une haute flamme. Nous avons frappé dans nos mains en rythme avec eux. Nous avons mangé des sortes de noisettes distribuées à pleines mains par des hommes saupoudrés de rouge de la tête aux pieds. Nous avons lancé des poignées de riz à la statue. Ces opérations prenant un certain temps et ne se déroulant pas selon un rythme très soutenu, nous avons eu le loisir de discuter avec ces gens, surtout avec les plus jeunes d'entre eux. Certains étaient extrêmement timides face à nous, d'autres ne parlaient pas anglais, mais tous étaient adorables. Ils nous expliquaient leur cérémonie, nous posaient en retour mille questions, nous avons beaucoup ri ensemble. Dans un premier temps, la ségrégation entre les sexes a été respectée, Amy étant entourée par les jeunes filles et Christian et moi (Thomas était parti) par les jeunes hommes. Cependant, à notre satisfaction à tous, la barrière a finalement pu être levée, et les deux cercles qui s'étaient formés se sont mélangés. Je suis fervent athée, et ce n'est en aucune façon la spiritualité qui m'a attiré vers l'Inde, mais c'était fascinant d'être là, au milieu de gens si aimables, et de prendre part à leur joyeuse ferveur, de se sentir soudain, et pour la première fois, presque indien.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;    Je suis retourné sur la plage le lendemain matin. Le sable était jonché des restes de la fête : fleurs, paniers, récipients, encensoirs, fragments de statues vraisemblablement redéposés par les flots, etc.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;    Lors de ce festival, j'ai retrouvé mon Gavroche dans la foule - ou plutôt, c'est lui qui m'a retrouvé, ayant fini de vendre ses cigarettes. Il m'a dit bonjour, comme s'il était évident que nous devions nous revoir, comme s'il s'était attendu à ma présence ici. Il m'a regardé d'un air curieux participer à cette célébration, qui semblait le laisser indifférent. Lorsque tout a été fini, il a insisté pour nous trouver un taxi, auquel il a indiqué notre destination. Et, à notre surprise, il est monté avec nous en voiture. Le taxi a redescendu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt;, et lui était à la fenêtre ouverte, la tête sortie comme pour sentir l'air filer sur son visage, le sourire aux lèvres. A un moment, tandis que nous arrivions presque à l'autre extrémité du front de mer, il a fait signe au chauffeur, qui s'est arrêté, et il est descendu, après m'avoir fait serré la main. Il partait prendre son train pour regagner son bidonville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Ce gamin dans le sens le plus authentique du terme, ce petit prince des bidonvilles amoureux de la rayonnante &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Marine Drive&lt;/span&gt;, c'était, quelque part, l'âme indienne de Mumbai.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-1652426414959981072?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/1652426414959981072/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=1652426414959981072' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1652426414959981072'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/1652426414959981072'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/10/mumbai.html' title='MUMBAI'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115946855773812911</id><published>2006-09-28T20:32:00.000+02:00</published><updated>2006-09-29T02:52:19.430+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 28 septembre, 17h&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; "Le Soleil brille un jour, la chandelle une heure, l'allumette une minute, mais parce qu'une bonne journée peut briller pour toujours, souris en te réveillant. Bonjour!"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ou bien :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Les étoiles sont trop lointaines, le soleil est trop chaud pour être touché, la lune elle-même est hors de portée ; c'est pourquoi j'ai laissé un ami comme toi entrer dans ma vie, parce que j'ai toujours voulu avoir mon propre petit univers."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Voilà, en version française, le genre de textos à la fois kitsch et touchants que l'on reçoit lorsque l'on a des amis indiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; J'ai cette chance, désormais. A force de s'asseoir toujours à la même place dans les salles de cours, on s'asseoit toujours à côté des mêmes personnes. Après n'avoir échangé pendant quelques jours que de timides saluts de la tête, on en vient à discuter, en attendant l'arrivée pas toujours très ponctuelle des professeurs, et la conversation, il faut bien le dire, tend à tourner court après les questions d'usage, laissant alors apparaître l'immense distance qui sépare l'Inde de l'Occident. Je me suis un temps demandé si cette distance n'était pas irréductible, si la différence de culture n'était pas trop grande pour permettre des amitiés développées. Je suis heureux de pouvoir maintenant dire qu'il n'en est rien. Il faut simplement que, d'un côté comme de l'autre, l'on fasse preuve d'un peu de patience, de persévérance ; et, finalement, on s'aperçoit avec joie que la distance fond, que l'on rit de plus en plus l'un avec l'autre, et que l'amitié apparaît bel et bien. Ainsi, cela aura pris du temps, mais j'ai fini par réussir à vraiment sympathiser avec une poignée d'étudiants indiens de JNU, qui sont avec moi en cours d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;International Relations Theory&lt;/span&gt; et d'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Indian Political System&lt;/span&gt;. Ils s'appellent Sandeep, Alvite, Siddharth, Shailendra Pratap (S.P. pour les intimes) et Tanvi - la seule fille de la bande. Avec eux, je suis par exemple allé voir un spectacle de chants et de danses traditionnelles chinoises, organisé à l'occasion de l'année de l'amitié indo-chinoise - amitié toute relative, soit dit en passant - et du cinquante-septième anniversaire de la création de la République populaire de Chine dont je ne suis pas tout-à-fait certain qu'il faille le fêter... Le spectacle était porteur d'une propagande évidente, mais n'était pas dénué d'intérêt pour autant.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je ne résiste pas à l'envie de vous dire un mot ou deux sur chacun de mes cinq amis indiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Honneur aux dames : Tanvi, au première abord, paraît sévère, avec ses lunettes à monture noire solidement installées sur son nez, et ses cheveux noués en un strict chignon ; cependant, on a tôt fait de la voir s'éclairer d'un sourire un peu moqueur, et l'on devine alors dans ses grands yeux noirs une personnalité joyeuse et même un peu espiègle, bien moins ennuyeuse que ce que les apparences avaient pu laisser penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La première chose que l'on remarque chez Sandeep, c'est sa taille : la plupart des Indiens sont petits, lui est grand, et le paraît d'autant plus qu'il est par contre aussi fin que la plupart de ses compatriotes. Très calme, très doux, il a une allure assez noble, et un grand sourire, qui a quelque chose d'enfantin. Il ambitionne de devenir haut-fonctionnaire ; le prestige de JNU lui donne toutes les chances d'y parvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Alvite vient du Manipur, un Etat situé dans la partie la plus à l'Est de l'Inde, au-delà du Bangladesh. Alvite semble plus que tous les autres fasciné par l'Occident : il passe son temps à me poser des questions sur les films, les groupes et les marques à la mode en Europe, sur les activités des jeunes Français, sur les qualités des jeunes Françaises et sur la façon de les séduire. J'ai dû lui apprendre à dire "je t'aime" et "tu es belle". Je lui ai aussi gravé un best-of de Mozart, car il voulait entendre de la musique classique européenne. Si Alvite était un quartier de Delhi, il serait Priya.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; "S.P." est un véritable boute-en-train, grimaçant, farceur, constamment en mouvement, mais, en même temps, avec un sens profond de l'honneur et des responsabilités. C'est peut-être cet aspect de sa personnalité, plutôt que le premier, qui explique qu'il rêve de devenir officier dans l'armée de terre indienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Enfin, Siddharth, lui, parle un peu français ; il est d'un naturel généreux et très joyeux, toujours prêt à rire de tout, et de lui-même en particulier. Je lui raconte des blagues françaises, il me raconte des blagues indiennes. Siddharth est le plus fervent Hindou de la bande, et cette foi s'accompagne de nombreuses superstitions ; il a par exemple insisté pour me lire les lignes de la main, et, après avoir examiné mes paumes pendant au moins cinq minutes, en a déduit que je deviendrais peut-être un saint. Je me suis empressé de lui répondre que c'était mal parti, mais il ne s'est pas laissé démonter : "un saint au sens large". Ah bon. J'ai alors essayé de le provoquer en lui confiant mon amour des beefsteacks bien saignants, mais il n'a pas voulu démordre de sa prédiction. (J'en profite pour dire que, selon certaines sources, il existerait tout un commerce parallèle de viande de boeuf pour les Hindous tartuffes. Je cherche le moyen de pénétrer ce réseau criminel des plus dangereux.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Voilà donc mes premiers amis indiens - à l'exception de Dhruv, mais Dhruv est si occidentalisé... Nul doute que ces amitiés seront enrichissantes. Ce qui me manquait jusqu'à présent, c'est de savoir qui sont les Indiens de mon âge. Désormais, bien que les étudiants de JNU ne soient pas représentatifs de toute la jeunesse indienne, je pourrai m'en faire une idée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; J'ai eu mon premier examen (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"mid-semester exam"&lt;/span&gt;) ce mardi, en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Indian Political System&lt;/span&gt;. Les révisions portaient sur la Constitution indienne - la plus longue constitution écrite du monde, riche de trois cent quatre-vingt-quinze articles -, sur le fédéralisme indien, qui se distingue des autres fédéralismes par une tendance plus unitaire, plus centralisée, et par le fait que l'adhésion des différents Etats à l'Union n'est ni volontaire ni résiliable, mais aussi sur le système des partis de la plus grande démocratie du monde, et, enfin, sur les castes et leur rôle politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La réalité des castes est, évidemment, extrêmement complexe. Les castes sont, pour simplifier, des catégories de personnes, à laquelle on appartient en fonction de sa naissance, dont on ne peut sortir a priori (de fait, surtout dans la deuxième moitié du XXème siècle, certains individus ont pu progresser vers des castes supérieurs - c'est le phénomène de la sanscritisation), et qui déterminent l'occupation professionnelle, le mariage et toutes les relations sociales. Le système des castes repose sur l'idée d'une hiérarchie rigide des individus, et se solde donc par une société marquée par de terribles inégalités. Au plus bas de la hiérarchie se trouvent les intouchables, qui sont des hors-castes davantage qu'ils n'appartiennent à une caste particulière. Leur nom provient de ce que les intouchables sont considérés comme impurs, comme porteurs de pollution, par opposition à la pureté des castes supérieures - notamment des brahmanes. Pour cette raison, les intouchables ne doivent jamais entrer en contact avec les autres individus, et n'ont pas le droit d'entrer dans les temples, par exemple. L'intouchabilité, cela va de soi, s'accompagne d'une misère innommable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Le système des castes trouve ses racines dans l'hindouisme, bien qu'aujourd'hui toutes les religions présentes en Inde soient divisées en castes - il y a des castes sikhes, musulmanes, chrétiennes, etc. Cependant, il y a bien des différences entre les conceptions originales de l'hindouisme et la réalité des castes. L'hindouisme, d'ailleurs, ne parle pas de castes, mais de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;varnas&lt;/span&gt;, et, tandis qu'il existe aujourd'hui plus de vingt-cinq mille castes, seules quatre varnas sont évoquées par les textes fondateurs de l'hindouisme. Il s'agit, dans un ordre dégressif, des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;brahmanes&lt;/span&gt;, qui sont chargés des prières et de l'éducation, des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;kshatriyas&lt;/span&gt;, militaires et administrateurs, des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vaisyas&lt;/span&gt;, agriculteurs, artisans et commerçants, et enfin des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;shudras&lt;/span&gt;, serviteurs, à qui sont attribuées les tâches les plus élémentaires. Les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;varnas&lt;/span&gt; reposent sur l'idée d'une division du travail, permise par la vocation qui serait présente en chaque individu dès sa naissance, et par les différences de capacités entre individus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Les défenseurs de l'hindouisme se sont toujours efforcés de faire valoir que le système des castes tel qu'il est résulte d'une mauvaise interprétation des textes, et ne doit pas conduire à une critique de l'hindouisme. C'était notamment la position de Gandhi, qui, s'il a lutté contre l'intouchabilité, ne s'est jamais prononcé en faveur d'une suppression du système des castes à proprement parler : il défendait l'idée d'un retour à une interprétation plus juste et plus flexible des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;varnas&lt;/span&gt;, se centrant sur l'idée de vocation, et permettant la mobilité, puisque les capacités des individus peuvent évoluer, notamment par l'éducation. On peut néanmoins trouver dans cette opinion, rejetant toute responsabilité de l'hindouisme dans les dérives relatives aux castes, une certaine facilité, une certaine mauvaise foi. D'autres grandes figures, comme Ambedkar, par ailleurs père de la Constitution et penseur adulé par nombre d'étudiants de JNU, ont adopté une position plus radicale, exigeant la suppression pure et simple des castes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La vérité est que l'Inde n'a pas supprimé le système des castes, et n'en prend vraiment pas le chemin. Bien sûr, l'occidentalisation, la modernisation, l'industrialisation, les progrès de l'éducation ont fait que le système a peut-être perdu un peu de sa rigidité, et qu'il ne détermine plus les activités professionnelles des individus. Néanmoins, particulièrement du point de vue des relations sociales, les castes sont toujours très réelles. Depuis plus de cinquante ans, tous les gouvernements indiens se sont efforcés de réduire les inégalités créées par le système. La Constitution, adoptée en 1950, a aboli l'intouchabilité - qui, cependant, n'a pas disparu dans les faits - et a mis en place tout un système de discrimination positive à l'égard des castes les plus désavantagées, après avoir défini celles-ci en fonction de divers critères, et justifié que l'égalité devant la loi impliquait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"que les inégaux soient traités inégalement"&lt;/span&gt;. Ainsi les individus des basses castes et les anciens intouchables bénéficient-ils de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"réservations"&lt;/span&gt; de sièges dans les assemblées législatives des Etats et de l'Union, de postes dans les services publics et de places dans les établissements d'éducation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Evidemment, ces politiques ont toujours suscité débats et controverses. Ainsi, en 1990, lorsque le gouvernement a voulu appliquer les recommandations de la Commission Mandal, prévoyant d'étendre les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"réservations"&lt;/span&gt; à d'autres castes désavantagées, certains ont poussé la protestation jusqu'à s'immoler. De fait, si le concept général de discrimination positive se justifie dans certains cas - et en France Sciences Po l'a montré avec l'admission par une voie particulière d'étudiants de Zones d'Education Prioritaires -, il apparaît pour le moins discutable dans le cas des castes indiennes, du moins dans son application actuelle. En effet, avec l'élargissement progressif de la cible de ces politiques, celles-ci en sont arrivées à concerner près de 98% de la population indienne, et l'on peut dès lors se demander si, de discrimination positive à l'égard des désavantagés, ces politiques ne se transforment pas en un mécanisme de discrimination négative à l'égard des avantagés. D'autre part, en plus de cinquante ans, ces politiques n'ont guère produit de résultats probants : si les réservations de sièges dans les institutions législatives ont conduit à une politisation croissante des castes, le niveau de vie des "anciens" intouchables et autres individus des basses castes ne s'est guère sensiblement amélioré. Enfin, ces politiques, dans leur principe-même, perpétuent le système des castes, au lieu de l'abolir. C'est ce qui m'a fait dire que l'Inde ne prenait pas le chemin d'une disparition des castes. Bien pire, la politisation des castes par les réservations de sièges dans les institutions s'est accompagnée d'une exacerbation des castes : la caste devient un enjeu politique, et l'on vote par caste, ou par alliance de castes. Ainsi, la solidarité au sein d'une caste et l'hostilité aux autres castes sont renforcées au lieu d'être effacées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Lorsqu'on se promène dans les rues indiennes, on est confronté, bien sûr, à l'opulence de quelques-uns et à la misère de beaucoup. Cependant, du moins aux yeux d'un Occidental, rien ne laisse transparaître la stratification de la société indienne, dans toute sa rigidité anachronique, son injustice sociale, son obscurantisme quasi-totalitaire. Le phénomène est insoupçonnable, et il est pourtant là, vicieux, fait de silences, de non-dits, bête ignoble tapie dans l'ombre, jouant avec les existences au mépris des droits de l'homme. En Inde, pendant que les écrans des cinémas exhibent des histoires d'amour du plus grand kitsch, beaucoup de mariages continuent de s'arranger sans que l'amour entre en jeu, parce que la caste, entre autres choses, prime tout le reste, jusqu'aux plus purs et plus nobles élans que peut connaître l'Homme.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115946855773812911?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115946855773812911/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115946855773812911' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115946855773812911'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115946855773812911'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/09/jeudi-28-septembre-17h-le-soleil.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115900954397305810</id><published>2006-09-23T12:02:00.000+02:00</published><updated>2006-09-28T13:05:05.556+02:00</updated><title type='text'>Mon appartement</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Vous étiez nombreux à les attendre, me harcelant telles des cohortes de fans en furie. Voici enfin quelques photos de mon appartement, et notamment de ma salle de bains, à laquelle je me fais très bien, finalement - comme quoi, les capacités d'adaptation de l'être humain sont immenses.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/sept%2006%20-%20036.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/sept%2006%20-%20036.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/sept%2006%20-%20032.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/sept%2006%20-%20032.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Voici pour commencer &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;la "pièce à vivre"&lt;/span&gt;. Le mobilier, comme ne manqueront pas de le constater les plus observateurs d'entre vous, est de style fin Indira Gandhi - début Rajiv Gandhi, à l'exception du frigidaire, de style Angela Merkel, et des deux fauteuils à la délicieuse couleur brune ainsi que de l'armoire kakie rouillée qui sont un don de mes propriétaires (qu'ils en soient sincèrement remerciés) et remontent à l'époque Jawaharlal Nehru.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; Le câble gris sortant de la fenêtre est tout simplement le câble qui me relie à vous, très chers lecteurs, puisque &lt;span style="font-style: italic;"&gt;c'est  &lt;/span&gt;ma connexion Internet! La décoration m'a été suggérée par le Politburo du BJP (Parti nationaliste hindou, je vous épargne la version en hindi), et se compose, comme vous le voyez, d'une carte de l'Inde, d'un plan de Delhi et, surtout, de deux petits drapeaux indiens. Vous remarquerez que le plan de Delhi gondole quelque peu, ce n'est point par mauvais esprit, mais en raison de l'activité continuelle du ventilateur placé hors-cadre, au-dessus de la table.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/sept%2006%20-%20027.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/sept%2006%20-%20027.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/sept%2006%20-%20023.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/sept%2006%20-%20023.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;font&gt;Voici maintenant &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:85%;" &gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;la chambre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;&lt;font&gt;, climatisée, grand confort, avec une literie royale et une décoration chaleureuse. Merci à Loïc, Grégoire et les deux Xavier pour le magnifique tapis indien, en soie. Heureusement qu'ils sont là. Merci à propriétaire pour le tabouret en chêne massif, style "tâcheté", qu'ils ont eu la grâce de me laisser.&lt;br /&gt;(PS : la porte sur la photo du haut donne sur le balcon. Je posterai des photos des "extérieurs" prochainement, chaque chose en son temps, pour l'instant il ne fait pas assez beau, c'est moche.)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span 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gt;&lt;/span&gt;&lt;font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/sept%2006%20-%20031.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/sept%2006%20-%20031.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font&gt;Revenons sur nos pas, avec entrain et enthousiasme, pour nous concentrer à présente sur 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hautement équipée, moderne et design, avec le lavabo/évier unique de l'appartement (d'où la présence de dentifrice à proximité, j'essaie de ne pas me mélanger les pinceaux avec le tube de mayonnaise).&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span 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onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/sept%2006%20-%20039.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/sept%2006%20-%20039.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br 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style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/sept%2006%20-%20040.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/sept%2006%20-%20040.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Finissons en beauté ce tour du propriétaire, avec&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; l'inoubliable salle de bains&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt; : une porte blindée mais qui ne ferme pas, de l'espace pour les jambes lorsqu'on est sur le trône, une douche judicieusement placée, une robinetterie intelligemment conçue, la sensualité délirante de la courbe du tuyau dans sa trajectoire entre l'évier (de la cuisine, inutile de préciser) et le trou d'évacuation, un effet "dégoulis de peinture blanche sur carrelage" qui n'est pas sans évoquer les plus grandes oeuvres de l'art contemporain, et, surtout, le charme incomparable du béton nu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115900954397305810?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115900954397305810/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115900954397305810' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115900954397305810'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115900954397305810'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/09/mon-appartement.html' title='Mon appartement'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115869357275901883</id><published>2006-09-19T21:18:00.000+02:00</published><updated>2006-09-26T17:33:47.726+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 19 septembre, 23h&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'instant même où je commence à écrire ces lignes, tandis que deux geckos se battent sur la vitre de ma fenêtre, à l'extérieur - ils sont là tous les soirs, attirés par la lumière de mon appartement -, je jette un regard en arrière, et je me rends compte qu'il y a deux mois jour pour jour, heure pour heure, que je suis arrivé en Inde. Le temps, décidemment, me glisse entre les doigts, avec une rapidité terrifiante. D'ailleurs, je ne vois pas les journées passer, bien que je ne me lève pas tard, surtout les jours de cours, et que je ne me couche pas tôt, même les veilles de cours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela fait longtemps que je n'ai plus rien ajouté à ces carnets indiens. Il y a deux raisons à cela. La première, c'est que je suis désormais rentré dans une certaine routine, celle des cours, de ma vie dans mon appartement, où je suis tout seul, désormais que mes amis français sont rentrés au pays, et que je découvre moins de choses. J'ai donc, forcément, moins de choses à raconter, moins d'impressions nouvelles à livrer. Je n'envisage pas de mettre un terme à ces carnets, mais ceux-ci vont sans doute prendre un aspect différent, plus impersonnel, plus documentaire aussi peut-être, en relation avec mes cours. La seconde raison de mon long silence, c'est que j'ai été très occupé ces derniers temps, d'une part par les derniers jours passés en compagnie de mes amis, d'autre part par l'exigence de travail liée à mes cours, enfin par une escapade d'une semaine que je me suis offerte à l'île Maurice, où je connais &lt;span style="font-style: italic;"&gt;quelqu'un&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques mots sur cette escapade vers Maurice, pour dire que c'était quitter l'Inde pour, dans une certaine mesure, la retrouver sur cette île paradisiaque de l'hémisphère Sud. En effet, la population mauricienne est composée de plusieurs communautés, qui restent d'ailleurs très distinctes et ne se mélangent pas : on trouve notamment une communauté créole, une communauté "blanche" - l'île Maurice a été une possession française, d'où la francophonie de l'île, colorée d'un accent unique et d'expressions particulières, puis une colonie anglaise -, et, surtout, une communauté indienne qui représente plus de la moitié de la population. Cette communauté est issue des travailleurs indiens que les Britanniques, du temps de la colonisation, ont fait venir sur l'île pour travailler dans la culture de la canne à sucre - la production du sucre demeure, avec le tourisme, la principale activité économique du pays. Ainsi, on trouve sur l'île Maurice nombre de temples hindous, la télévision mauricienne diffuse des films de Bollywood et la gastronomie locale comporte quelques ingrédients que l'on retrouve dans la cuisine indienne, par exemple le curry. Voilà pourquoi je dis que j'ai, dans une certaine mesure, retrouvé l'Inde à Maurice, même s'il va de soi que les paysages et le mode de vie mauriciens ont peu de choses à voir avec ceux de l'Inde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette semaine sur l'île Maurice a été très bénéfique ; je m'en suis rendu compte, j'étais fatigué, et un peu tendu. L'Inde est un pays passionnant, fascinant, et je ne regrette pas une seconde d'avoir l'opportunité d'y passer un an. Cependant, l'Inde est également un pays épuisant, en tout cas lorsqu'on réside à Delhi, ville constamment tourbillonnante, étouffante, bruyante, sale, ville vivante et harassante à la fois. Le contact avec les Indiens est lui aussi parfois fatigant, il faut bien le dire : particulièrement en tant qu'Occidental, il faut toujours négocier, toujours prendre garde à ne pas se faire arnaquer, toujours se méfier des sourires, car ils peuvent être intéressés ; il faut supporter d'être constamment sollicité, tantôt par les commerçants qui vous hèlent, tantôt par les mendiants qui vous font sentir à chaque seconde à quel point vous êtes privilégié, qui vous écrasent de leur misère sans nom, et face auxquels vous vous sentez indigne, obscène, presque monstrueux ; il faut supporter la rudesse des Indiens, dont la politesse n'est pas la qualité première, et qui semblent par exemple ignorer le principe de la file d'attente. Tout cela, bien sûr, est fort peu de choses face à la richesse humaine du peuple indien, et face à la gentillesse extraordinaire des Indiens dès lors que vous avez avec eux une relation qui n'est pas commerciale, mais purement amicale ; mais tout cela, tout de même, est un peu usant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà pourquoi passer du temps sur des plages superbes et tranquilles, faire quelques brasses dans une eau fraîche et claire, me promener dans les allées d'un luxuriant jardin botanique, goûter une dizaine de sucres différents, circuler au milieu des champs de canne à sucre, suivre des yeux le relief volcanique de l'île, voilà pourquoi mon séjour sur l'île Maurice aura été reposant, ressourçant, à bien des égards. J'en suis revenu avec un enthousiasme et une curiosité renouvelés à l'égard de l'Inde, et c'est avec plaisir que je me suis laissé ressaisir par la touffeur, le bruit et la fureur de Delhi, dès ma sortie de l'aéroport, un peu comme si c'était la première fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis mon retour, j'ai évidemment repris les cours. Je parlerais prochainement de ceux-ci, de ce que j'y apprends et des rencontres que j'y fais. Pour l'heure, il commence à se faire un peu tard ; les deux geckos qui se battaient sur ma vitre ont disparu ; dehors, le concert des klaxons, s'il ne s'est pas totalement tu, s'est fait plus discret ; je n'aspire plus qu'à aller me rafraîchir par une bonne douche froide, avant de me coucher &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sur&lt;/span&gt; le drap, juste sous le ventilateur, qui tournant, tournant sans fin, m'entraînera peu à peu dans le doux vertige du sommeil.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115869357275901883?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115869357275901883/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115869357275901883' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115869357275901883'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115869357275901883'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/09/mardi-19-septembre-23h-linstant-mme-o.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115697287406429826</id><published>2006-08-30T22:31:00.000+02:00</published><updated>2006-09-10T20:00:58.426+02:00</updated><title type='text'>Photos de Jaipur III - les forts alentours</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20251.1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20251.1.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20197.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20197.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20245.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20245.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20255.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20255.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;AMBER FORT&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20224.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20224.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20195.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20195.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20191.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20191.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20212.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20212.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;NAHARGARH FORT, surplombant Jaipur sous un ciel d'orage&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115697287406429826?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115697287406429826/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115697287406429826' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115697287406429826'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115697287406429826'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/photos-de-jaipur-iii-les-forts.html' title='Photos de Jaipur III - les forts alentours'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115696975277964094</id><published>2006-08-30T22:02:00.000+02:00</published><updated>2006-08-30T22:29:12.876+02:00</updated><title type='text'>Photos de Jaipur II - les monuments</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20172.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20172.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;JANTAR MANTAR (L'observatoire)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20125.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20125.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20093.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20093.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20060.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20060.0.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;HAWA MAHAL (Le Palais des Vents)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115696975277964094?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115696975277964094/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115696975277964094' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115696975277964094'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115696975277964094'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/photos-de-jaipur-ii-les-monuments.html' title='Photos de Jaipur II - les monuments'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115696803173227728</id><published>2006-08-30T21:32:00.000+02:00</published><updated>2006-09-10T20:03:30.076+02:00</updated><title type='text'>Photos de Jaipur I - les rues, le peuple</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20149.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20149.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20139.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20139.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20057.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20057.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20108.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20108.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20134.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20134.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20129-b.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20129-b.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/tb%20123.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/tb%20123.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115696803173227728?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115696803173227728/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115696803173227728' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115696803173227728'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115696803173227728'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/photos-de-jaipur-i-les-rues-le-peuple.html' title='Photos de Jaipur I - les rues, le peuple'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115669410311826955</id><published>2006-08-27T17:51:00.000+02:00</published><updated>2006-09-08T11:04:53.683+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 27 août, 19h&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Les cours ont désormais adopté leur rythme de croisière, à JNU. Après avoir erré de classe en classe pendant deux semaines, j'ai fini par trouver quatre cours intéressants et enseignés par des professeurs compréhensibles :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;span style="font-style: italic;"&gt;International Relations Theory&lt;/span&gt;. A Sciences Po, j'ai souvent eu des cours de relations internationales, mais ils sont presque toujours restés exclusivement factuels. Ce qui m'attire dans ce cours, c'est d'étudier non plus les faits, mais les analyses qui en sont faites par les différents courants de pensée, comme les réalistes (Waltz et consorts) sur lesquels nous travaillons en ce moment. Le professeur, imposant par sa carrure et par sa barbe noire, parle un anglais très clair, ce qui ne gâche rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Indian Political System&lt;/span&gt;. Bien qu'il semble un peu fourre-tout, et bien qu'il soit professé par un marxiste assez vindicatif qui semble tout droit sorti des années 1960 ou 1970, ce cours devrait me permettre de comprendre comment fonctionne la politique indienne, en étudiant en particulier la plus longue Constitution du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Modern Indian Social Thought&lt;/span&gt;. Je crois que c'est celui de mes quatre cours qui m'intéresse le plus. Après avoir commencé par étudier les racines de la philosophie  indienne - à travers la lecture d'extraits des Vedas, les textes sacrés de l'hindouisme -, nous allons nous pencher sur les grands penseurs de la société indienne au cours des XIXème et XXème siècles, de Swami Vivekanand à Amartya Sen, en passant par Roy, Gandhi et Nehru. J'espère ainsi arriver à me faire une idée des grandes structures et des grandes évolutions de la très complexe société indienne, et notamment du système des castes, du statut des femmes, de l'éducation, etc. Le professeur est passionné, et passionnant : c'est un homme assez âgé, grisonnant, au visage très sec ponctué d'une moustache qui lui donne un air sévère ; mais il faut le voir s'illuminer lorsqu'il parle de la conception hindoue de l'amour, de la théorie hindoue de l'action, ou de l'engagement absolu de Vivekanand pour le réveil de l'Inde colonisée. Ses mains s'agitent dans tous les sens, et il est inarrêtable, il s'envole dans des phrases interminables et brillantes - pas toujours faciles à suivre, mais captivantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Globalizing India&lt;/span&gt;. A l'instar de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Modern Indian Social Thought&lt;/span&gt; et au contraire des deux autres enseignements, ce cours présente l'intérêt de se dérouler non pas dans un amphithéâtre, mais dans une classe d'une trentaine d'élèves. Il est donc plus interactif, et permet aux étudiants de mieux se connaître les uns les autres. Ainsi, c'est dans ce cours que j'ai pour la première fois vraiment discuté et commencé à sympathiser avec des étudiants indiens, ce que je n'avais pas encore eu l'occasion de faire jusqu'alors. Le professeur est sympathique, et le cours en lui-même est intéressant : il traite de la façon dont la globalisation affecte l'Inde et dont l'Inde s'inscrit à son tour dans la globalisation, d'un point de vue exclusivement culturel. Nous allons ainsi travailler sur des films et des oeuvres littéraires, ce qui me fournira l'occasion de découvrir un peu la culture indienne moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Quatre cours, chacun de trois ou quatre heures réparties sur la semaine, ce n'est certes pas énorme. Néanmoins, je découvre que l'année sera moins tranquille que je l'avais pensé. Cela est dû au changement de statut des étudiants de Sciences Po à JNU, dont j'ai déjà parlé et que nous sommes la première génération à expérimenter : contrairement aux années précédentes, mes camarades et moi aurons une certaine obligation d'assiduité - du moins ne pourrons-nous pas nous permettre de n'assister à quasiment aucun cours, comme l'a fait un étudiant il y a quelques années -, nous devrons rendre des travaux et passer les examens. En outre, la participation à ces cours implique que nous lisions beaucoup : comme aux Etats-Unis, et contrairement à ce que l'on trouve en France - en tout cas à Sciences Po -, les cours à JNU consistent essentiellement en le commentaire par le professeur de textes que les étudiants ont préparés chez eux. Ainsi, pour chaque matière, je dispose d'un recueil de textes assez conséquent. De plus je dois faire des lectures supplémentaires, pour combler les lacunes que j'ai évidemment par rapport aux étudiants indiens ; ces lacunes sont particulièrement perceptibles dans le cours sur la pensée sociale indienne, où le professeur fait souvent référence à des concepts, des textes ou des auteurs que les Indiens connaissent parfaitement, mais qui me sont totalement étrangers. J'ai donc acheté et commencé à lire quelques livres pour essayer de me mettre un tant soit peu au niveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Ainsi, mon année à JNU sera sans aucun doute plus studieuse que je ne l'avais pensé, et l'obligation d'assiduité m'empêchera de voyager à travers l'Inde autant que je l'aurais voulu. Cependant, mon année n'en sera pas forcément moins enrichissante pour autant : ces cours sont très intéressants, j'apprends énormément de choses sur l'Inde - il faut dire que j'ai une belle marge de progrès -, et c'est une autre façon de découvrir ce pays extraordinaire que de se rendre au Taj Mahal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le Taj Mahal, justement, j'y suis allé, le week-end dernier, toujours avec Loïc et Grégoire - deux autres amis, Xavier et Xavier, nous ont rejoints cette semaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le Taj Mahal, c'est à Agra, à deux cents kilomètres de Delhi. Nous avons pris le bus samedi matin et sommes arrivés en début d'après-midi. Ce qui nous a surpris, et ce qui m'a déplu, c'est l'absence de véritable ville, à Agra - sauf autour de la Jama Masjid (grande mosquée). Contrairement à Jaipur, dont j'avais tant aimé les rues commerçantes et animées, Agra semble ne vivre que par ses monuments. Sans doute y a-t-il des quartiers plus vivants, ceux où les Indiens résident, mais ils doivent être à l'écart, car nous ne les avons pas trouvés. En somme, tandis qu'à Jaipur le touriste est incité à se mêler à la vie de la ville, il en est comme écarté à Agra. Les hôtels eux-mêmes se situent dans des sortes de zones presque rurales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Nous avons visité le Red Fort, très beau palais de pierre rouge et de marbre, un peu dans le même style d'architecture que la tombe d'Humayun et que beaucoup de monuments indiens, qui surplombe la Yamuna - fleuve qui traverse également Delhi. Nous avons aussi visité la Jama Masjid et un mausolé dans un jardin peuplé de singes, mais je ne m'attarde pas dessus. Du mausolée, je retiendrai d'ailleurs surtout l'image traumatisante de l'enfant qui a longuement insisté pour que je lui donne dix roupies, à l'entrée du monument : sa peau était hideuse, toute striée, et son visage était difforme. Je ne sais pas ce qui lui était arrivé, peut-être avait-il été entièrement brûlé. Toujours est-il que voir cet enfant a été quelque chose de très difficile à supporter, et que j'ai eu un peu de mal à apprécier le monument après. L'image de cet enfant est de celles qu'on n'oublie jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Et puis, nous avons fait le Taj Mahal, bien sûr. Tout est dans le "bien sûr". Le Taj Mahal est à l'Inde ce que la Tour Eiffel peut être à Paris. Par conséquent, c'est sans aucun doute le lieu le plus touristique de toute l'Inde. Et cela, en soi, est déjà assez déplaisant, surtout lorsque cela se traduit par des hordes de touristes qui vous donnent l'impression d'être n'importe où, mais certainement pas dans l'Inde "authentique", et par un prix d'entrée aussi élevé : nous avons payé 750 roupies chacun, soit autant que le total de ce que nous avons payé pour le trajet aller-retour entre Delhi et Agra, pour la nuit d'hôtel et pour les restaurants pendant tout le week-end. Et puis, je dois bien le dire, au risque de passer pour snob, je n'ai pas trouvé beau le Taj Mahal. C'est impressionnant, évidemment, cette immense tombe d'une implacable symétrie, toute blanche de marbre, terriblement éblouissante sous le soleil ; cela a de la classe, bien sûr, ces motifs floraux et ces inscirptions coraniques, ces beaux jardins et ces bassins aux jets en forme de lotus ; mais je n'ai pas trouvé cela beau, et j'ai préféré, par exemple, la tombe d'Humayun, plus sobre, et avec moins de marbre. Bref, le Taj Mahal est de ces monuments qu'on ne peut pas ne pas voir lorsqu'on vient en Inde, et qui, pourtant, ne vous procurent aucune émotion particulière. Au fond, il y a suffisamment de merveilles en Inde pour se contenter de ne voir du Taj Mahal qu'une carte postale, qu'il est de toute façon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Il y a quelque chose d'essentiel, et dont je n'ai encore, je crois, jamais parlé depuis que je suis en Inde : la nourriture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    L'Inde a la réputation d'avoir une gastronomie très épicée. La vérité est à la hauteur de la réputation ; cependant, en réalité, ce qui est gênant, ce n'est pas tant la force des épices, que leur omniprésence. Je n'ai encore jamais vu de plat épicé au point d'en être immangeable - il est vrai que je m'arrange pour demander des mets &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"not too spicy"&lt;/span&gt; -, j'ai par contre ressenti plusieurs fois une profonde lassitude de subir les épices à chaque repas. D'autant que les aliments eux-mêmes, du moins ceux qui m'inspirent confiance, sont relativement peu variés. Globalement, depuis six semaines, je mange du riz, des lentilles, des oeufs, du poulet et du mouton, des pâtes, quelques légumes épluchables (carottes et pommes de terre) lorsque je cuisine chez moi, et des bananes - la saison des mangues, s'est, hélas, achevée! Mon alimentation est donc un peu répétitive, bien que je fasse en sorte d'échapper autant que possible à la cuisine strictement végétarienne - les Indiens étant très peu consommateurs de viandes. A cet égard, je dois dire que j'ai quelques regrets pour la France... Je tente parfois d'y remédier en allant dans des restaurants un peu occidentalisés - en vérité des chaînes du genre Pizza Hut -, ou en m'échappant vers la cuisine chinoise, bien implantée en Inde, mais ce n'est pas tellement meilleur, et c'est beaucoup plus cher. Les restaurants soi-disants italiens ou français sont à éviter, je crois qu'il n'y a pas mieux pour vous faire regretter l'Europe que, par exemple, d'infectes lasagnes au mouton.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je mange dans quatre types d'endroits :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- chez moi, où je cuisine donc des légumes simples, des pâtes, du riz, des lentilles, des oeufs, et où je mange aussi des fruits, des yaourts achetés dans une laiterie fiable, et quelques produits un peu occidentaux, comme du pain de mie, du fromage à tartiner, du - mauvais - chocolat, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- sur le campus, où les prix défient toute concurrence, et où l'on trouve quelques plats décents, notamment du poulet au curry, du riz dans diverses sauces, des omelettes, ou encore une sorte de pain perdu qu'ils appellent &lt;span style="font-style: italic;"&gt;French toast&lt;/span&gt; et dont je fais souvent une collation, avec un milkshake, un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;lassi&lt;/span&gt; (lait fermenté qui se boit), un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;shaï&lt;/span&gt; (le délicieux thé au lait à l'indienne), un jus de fruit ou une eau citronnée. Il est rare que je dépense plus de cinquante roupies, soit moins d'un euro, pour mon déjeuner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- dans des petits restaurants ne payant vraiment pas de mine, extrêmement bon marché eux aussi, et où seul le riz, en général, m'inspire confiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- dans des restaurants un peu supérieurs et un peu plus chers (autour de 100 à 150 roupies le repas), où j'essaie plus de plats, et où je découvre, peu à peu, les incontournables de la cuisine indienne, comme les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;thali&lt;/span&gt; - assortiment de sauces diverses dans lesquelles on trempe son riz ou des galettes de pain -, les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;uttappam&lt;/span&gt; - des sortes de grosses crêpes aux légumes et à la noix de coco, assez indigestes -, les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ravi plain dosa&lt;/span&gt; - immenses crêpes, dures et fines cette fois, faites de pomme de terre, et que l'on trempe dans des sauces -, et tout ce qui relève du poulet tandoori, du poulet ou du mouton au curry, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je dois le dire, je prends peu de plaisir à table. Quand bien même ça n'est qu'affaire de goûts et d'habitudes, il me paraît sensible que l'Inde est un pays où l'alimentation a un objectif de survie avant d'avoir un objectif de plaisir, comme cela est davantage le cas dans nos pays. Néanmoins, je suis reconnaissant à l'Inde de n'avoir pas conservé de trace de la présence anglaise dans sa gastronomie...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115669410311826955?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115669410311826955/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115669410311826955' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115669410311826955'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115669410311826955'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/dimanche-27-aot-19h-les-cours-ont.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115660069390321939</id><published>2006-08-26T15:56:00.000+02:00</published><updated>2006-08-31T19:32:59.130+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 18 août, 18h&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    J'écris aujourd'hui sous une chaleur atroce, et en espérant éviter une panne de courant qui viendrait me priver de l'appareil merveilleux qu'est le ventilateur. Les pannes de courant, en effet, sont particulièrement fréquentes ces jours-ci, sans doute favorisées par les conditions climatiques. Je crois qu'il fait même plus chaud que dans les premiers temps de mon arrivée en Inde, il y a un mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Un mois, oui. Un dixième de mon séjour en Inde, déjà, et j'ai pourtant toujours l'impression d'avoir atterri il y a peu de temps. Il me reste tellement à découvrir et à apprendre que les neuf mois qui restent me semblent dérisoires. Plus que jamais, je ressens le gigantisme et la richesse de l'Inde. Je crois que j'en ai plus que jamais pris conscience en allant à Jaipur, en y passant trois jours et demi sans réussir à tout voir, et en regardant, sur une carte, l'immensité du seul Rajasthan - dont Jaipur est la capitale. Dans ce seul Etat, il y a tellement de choses à voir, et les distances sont si grandes, que l'idée de l'Inde entière donne le vertige. Irai-je seulement dans le Sud, tant il y a à faire dans le Nord? Combien de temps pour se faire une idée de Varanasi (Bénarès), de Kolkata ou de Mumbai (Bombay), si quatre jours suffisent à peine pour connaître Jaipur?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Jaipur, donc, a été ma première excursion hors de Delhi, rendue possible par un week-end prolongé : le 15 août - c'était mardi - est la fête nationale, l'Independance Day, le 16 août est aussi férié pour célébrer la naissance de Krishna, et je me suis autorisé à faire le pont et à sécher mes cours de lundi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Voilà donc qui m'a permis de passer à Jaipur trois jours et demi, de samedi soir à mercredi midi, en compagnie de Grégoire et Loïc, mes deux premiers amis français à me rendre visite. Nous avons fait le trajet en cinq ou six heures de bus - dans un bus d'ailleurs climatisé et tout-à-fait digne des standards occidentaux, à ma grande surprise - et nous sommes arrivés à la nuit tombée en la capitale du Rajasthan, fondée au XVIIIème siècle par Sawai Jai Singh II, un homme d'état, de lettres et de sciences, une de ces grandes figures éclairées - mais, là encore, je n'ai pas la prétention, ni même la volonté de me lancer dans la rédaction d'un guide touristique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Notre hôtel mérite qu'on en dise quelques mots, en ce qu'il incarne parfaitement le modèle d'hôtel correct et bon marché que l'on peut trouver en Inde, en-dehors de guesthouses et auberges vraiment glauques, et de palaces trop coûteux. L'hôtel où nous sommes allés à Jaipur, ainsi, est typiquement le genre d'hôtels des jeunes touristes Occidentaux. D'ailleurs, j'y ai croisé des camarades de ma classe de terminale, que je n'avais plus revus depuis le bac, et qui faisaient un voyage itinérant d'un mois en Inde. Stupéfiante rencontre, une de celles qui nous font penser que le monde est petit, jusqu'à ce que l'on se rappelle que l'Inde, à elle seule, est immense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Pour deux cents roupies par personne et par nuit, nous avions une chambre un peu triste mais à peu près propre, climatisée - ce qui est appréciable -, et meublée sommairement mais décemment. La salle de bains n'inspirait pas un sentiment de propreté irréprochable, mais tout fonctionnait correctement, et, oh surprise!, la cuvette des toilettes était orientée de façon rationnelle. Ni draps, ni savons, ni serviettes de bain, ni papier toilette n'étaient fournis. A la réflexion, j'aurais dû m'y attendre, mais fort naïvement j'avais cru trouver tout cela à disposition en arrivant... On ne m'y reprendra plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    J'ai beaucoup aimé Jaipur. La ville compte nombre de monuments magnifiques : le Hawa Mahal, palais des vents avec une imposante façade rose percée de petites fenêtres d'où les femmes pouvaient observer la rue sans être vues ; Jantar Mantar, qui rassemble toute une série d'instruments astrologiques, astronomiques et météorologiques étonnants, souvent impressionnants ; le City Palace, qui donne une idée assez complète des merveilles de l'architecture moghole. Dans les rues, très animées, se succèdent les boutiques qui vendent au touriste l'artisanat local, des miniatures représentant les dieux hindous aux tapis de soie, en passant par divers objets de plus ou moins bon goût en métal, et par les bijoux et les pierres précieuses qui ont fait la réputation de Jaipur. Il faut se promener dans ces rues, y croiser les vaches, particulièrement nombreuses, les singes, les chiens, les ânes, les chameaux tirant d'antiques charettes, et les éléphants, qui, eux, ne sont que des attractions. Il faut, surtout, se laisser accoster par la population, qui parle souvent une ou deux langues à touristes, et notamment le français. Les gens sont extrêmement chaleureux, et, si ce n'est pas toujours tout-à-fait désintéressé, cela reste plaisant, jusqu'à ce que ça devienne un peu étouffant : si nous avions accepté tous les thés qui nous ont été proposés par des gens prétendant avoir plein d'amis français, nous n'aurions jamais rien visité. Vient un moment où l'on ressent le besoin de s'échapper un peu : il faut alors aller visiter les forts qui se dressent sur les hauteurs entourant la ville au Nord Ouest, forts qui s'apparentent davantage à de somptueux palais qu'à de menaçants bastions, et d'où l'on a une vue superbe sur Jaipur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Voilà le Jaipur touristique, qui, incontestablement, vaut le détour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Cependant, de Jaipur, je retiendrai surtout une promenade que nous avons faite, le dimanche après-midi, hors des sentiers battus. C'est alors que nous avons découvert le Jaipur indien, qui est plus intéressant encore, car plus authentique. Immédiatement, l'attitude de la population à l'égard des touristes change : on sent chez ces gens une moins grande habitude de voir des Occidentaux, une plus grande curiosité à leur égard. Pendant trois heures, nous avons été dévisagés, mais sans que cela devienne pesant. Cela avait même quelque chose d'émouvant : car dans ces regards qui se posaient et s'attardaient sur nous, il n'y avait jamais la moindre trace d'hostilité, il n'y avait toujours qu'une enveloppante bienveillance, soulignée par des sourires doux et vrais, comme seuls les Indiens, et surtout les enfants indiens, doivent savoir en faire. Lorsque l'on arpente ainsi pendant trois heures des rues indiennes, hors des sentiers battus, on vit une aventure humaine extraordinaire, et l'on se sent une affection immense à l'égard de ce peuple extraordinaire, humainement si riche, si touchant. L'on est là, son appareil photo à la main, devant des gamins aux sourires angéliques, aux regards profonds ; et, lorsqu'on cède à leur demande, lorsqu'on accepte de les photographier, on a l'impression de leur faire le plus beau cadeau de leur vie - alors même qu'on ne leur donne rien en échange, et qu'ils ne verront jamais la photo que sur l'écran de l'appareil. Ce n'est que le soir, lorsqu'on regarde les clichés que l'on a pris pendant la journée, que l'on s'aperçoit vraiment que le cadeau, ce sont eux qui l'ont fait : ces portraits improvisés, si peu talentueux soit-on, sont à coup sûr les images les plus belles que l'on puisse emporter de l'Inde, loin devant les clichés toujours semblables et impersonnels des monuments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Inde, on la trouve dans ces sourires et ces regards d'enfants, bien plus que dans le marbre du Taj Mahal. L'Inde, avant d'être un pays, c'est un peuple.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115660069390321939?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115660069390321939/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115660069390321939' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115660069390321939'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115660069390321939'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/vendredi-18-aot-18h-jcris-aujourdhui.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115640707747000850</id><published>2006-08-24T10:06:00.000+02:00</published><updated>2006-08-24T10:11:17.486+02:00</updated><title type='text'>Photos satellite</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/Screenshot%20GE%20JNU.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/Screenshot%20GE%20JNU.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/Screenshot%20GE%20Munirka.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/Screenshot%20GE%20Munirka.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;[Captures d'écran que j'ai faites sur Google Earth pour vous montrer mon quartier et ma fac!]&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115640707747000850?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115640707747000850/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115640707747000850' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115640707747000850'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115640707747000850'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/photos-satellite.html' title='Photos satellite'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115640339358479818</id><published>2006-08-24T09:01:00.000+02:00</published><updated>2006-08-28T19:43:52.750+02:00</updated><title type='text'>Humayun's Tomb</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/HT%2007.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/HT%2007.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Voici quelques photos de la magnifique tombe d'Humayun - un empereur moghol -, à Delhi.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/HT%2020.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/HT%2020.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/HT%2029.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/HT%2029.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/HT%2018.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/HT%2018.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115640339358479818?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115640339358479818/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115640339358479818' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115640339358479818'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115640339358479818'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/humayuns-tomb.html' title='Humayun&apos;s Tomb'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115530602994382167</id><published>2006-08-11T15:52:00.000+02:00</published><updated>2006-08-28T19:53:15.540+02:00</updated><title type='text'>Encore des photos (vent de folie!)</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/ST%2008.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px 0px 10px 10px; float: right;" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/320/ST%2008.0.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Dans un genre voisin de celui de la tombe d'Humayun, dont j'ai parle il y a quelques jours et dont je posterai des photos bientot, voici la tombe de Safdarjung, elle aussi entouree d'un beau jardin.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/ST%2007.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/320/ST%2007.0.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/ST%2004.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px 0px 10px 10px; float: right;" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/320/ST%2004.0.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/ST%2002.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/320/ST%2002.0.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115530602994382167?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115530602994382167/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115530602994382167' title='15 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115530602994382167'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115530602994382167'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/encore-des-photos-vent-de-folie.html' title='Encore des photos (vent de folie!)'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>15</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115530420355787670</id><published>2006-08-11T15:48:00.000+02:00</published><updated>2006-08-18T14:11:44.890+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;Mardi 9 août, 22h30&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;            J'écris, pour la première fois, depuis mon appartement, où je me suis installé dimanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Vendredi dernier, je suis retourné voir Vikram afin qu'il m'emmène signer le bail chez mes propriétaires, qui habitent juste un étage en-dessous de mon appartement, ce qui signifie, hélas, qu'ils pourront garder un oeil sur moi. Je dis hélas, parce que les propriétaires indiens sont souvent assez agressifs, et certains voient par exemple d'un très mauvais oeil que l'on héberge des gens, et en particulier des femmes, chez soi, chez eux. Néanmoins, je crois que je n'ai pas à me plaindre : mon propriétaire, un vieux monsieur barbu et trapu, et sa femme, maigre, avec un visage émaciée et une dentition épouvantable, ne parlent pas un mot d'anglais, et ne seront donc pas en mesure de me dire grand-chose. Seul leur fils, qui m'apppelle "my friend", est capable de faire l'interprète entre eux et moi, or il n'a pas l'air bien méchant...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Le bail signé, Vikram m'a emmené boire le thé chez lui. Il habite lui aussi à Munirka, dans un appartement d'une centaine de mètres carrés, qui héberge également la grand-mère, les parents, le frère et la femme de Vikram. En Inde, les gens continuent de vivre avec toute leur famille ; l'Occidental que je suis s'est senti gêné de voir tous ces gens vivre dans le même appartement, mais je crois que j'ai tort d'être gêné : la conception indienne de l'intimité et de la famille sont telles que les Indiens ne vivraient pas autrement quand bien même ils en auraient le moyen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            J'ai donc été présenté à tous ces gens, par ailleurs charmants, et très souriants, comme souvent les Indiens. Le père de Vikram, surtout, m'a beaucoup parlé, et m'a semblé être un intellectuel, bien que je n'aie pas saisi plus de la moitié de ces propos, en raison de son accent. J'ai quand même cru comprendre qu'il était brahmane - la caste la plus élevée -, et qu'il avait été militaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Puis Vikram m'a emmené sur son toit. Au milieu de quelques pots de fleurs, il y avait une sorte d'écuelle, que Vikram a soigneusement remplie d'eau fraîche pour les oiseaux. Près d'un cagibi, une autre écuelle offrait des graines. Vikram a ensuite sorti ses jumelles et a commencé à regarder le ciel. Il m'a expliqué qu'observer les oiseaux étaient une de ses passions, et m'a montré toute une famille de ces corbeaux gris et noirs que l'on voit partout ici, et qu'il semblait connaître individuellement. La femelle croassait, comme toujours à cette saison, parce que la présence d'oeufs dans son nid la met sur ses gardes. Un peu plus loin, quelques pigeons voletaient. Vikram m'a parlé de compétitions de pigeons entre voisins, l'objectif étant d'avoir les pigeons restant le plus longtemps l'air. D'autres oiseaux, un peu particuliers, montaient et descendaient dans le ciel : il s'agissait de cerfs-volants. Les Indiens en sont fous ; les enfants les plus démunis, ceux des bidonvilles, en sont les fiers possesseurs - ce doit être leur seul jouet. A moitié nus, les pieds sur le goudron tout au bord de la grande route dangereuse, ces petits êtres sales et misérables sourient lorsqu'ils tirent énergiquement sur les minces ficelles de leurs cerfs-volants, et leurs regards s'illuminent lorsqu'il suivent dans le ciel le parcours de leurs oiseaux de papier. Comme les pigeons, les cerfs-volants font l'objet de compétitions, dans lesquelle il faut couper avec son fil le fil du cerf-volant concurrent - il paraît que c'est un geste à prendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Et puis, sur le toit de Vikram, il y a eu un moment un peu magique, lorsqu'est apparu un magnifique arc en ciel - phénomène très rare en Inde -, et qu'un escadron de perroquets verts est passé devant, tandis que le soleil rougissait et que les premières gouttes d'une pluie de mousson s'abattaient sur les dalles en terre cuite. Avant que je ne prenne congé, Vikram m'a promis qu'il m'inviterait la prochaine fois qu'il ferait un barbecue sur son toit - Vikram, contrairement à beaucoup d'Indiens, n'est pas végétarien, ce qui me le rend d'autant plus sympathique, en-dehors des qualités humaines dont il n'a cessé de faire preuve durant ces trois jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Les Indiens ne sont jamais si indiens que sur leurs balcons, leurs terrasses et leurs toits ; c'est là qu'ils deviennent lyriques et rêveurs, c'est là qu'ils contemplent la ville, la vie, et le monde, c'est là, au milieu des plantes et des oiseaux, que se révèle le mieux leur affection revendiquée pour la nature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;           &lt;br /&gt;            Et, donc, c'est dimanche que je suis entré en possession de mon appartement. J'ai écrit précédemment que je le trouvais propre, je crois que je l'avais beaucoup idéalisé. En réalité, lorsque je suis arrivé, la saleté était partout visible, du plafond au sol, dont le carrelage blanc ne saurait mentir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            J'ai pu constater que la fermeture de certaines fenêtres est assez approximative, que la femeture de la porte principale ne peut se faire qu'avec un cadenas - pas de clé, pas de serrure, juste un loquet que l'on tire et que le cadenas suffit, peut-être, à bloquer. Mon balcon se prolonge sans séparation jusque chez le voisin, permettant à celui-ci de s'introduire chez moi comme dans un moulin si je laisse ouverte la porte d'accès au balcon. J'ai fait connaissance avec une colonie de fourmis grouillant un peu partout sur mes murs et mon carrelage, venant d'on ne sait où, et visiblement peu décidées à me laisser seul. J'ai également remarqué quelques trous dans les murs, certains volontairement aménagés - mais pourquoi? -, comme de minuscules fenêtres sans vitre donnant sur le palier, et d'autres trous non volontaires, qu'un maçon envoyé par ma propriétaire est venu boucher avec du plâtre, de façon assez barbare. Comme en attestent les cicatrices de la peinture par ailleurs très tâchée qui recouvre mes murs, d'autres interventions de ce genre avaient déjà eu lieu auparavant...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Le clou du spectacle a été la salle de bains. La porte ferme suffisamment pour préserver la pudeur - surtout que je vis seul! - mais ne ferme pas totalement. Pour une raison que j'ai préféré renoncer à chercher, la cuvette des toilettes est orientée de telle sorte qu'en m'y asseyant je me râpe les jambes contre le mur, se dressant à trois centimètres et demi de mon trône, alors que j'ai, dans cette position, un mètre et demi de carrelage s'étalant à ma gauche, selon un angle de 90° entre l'axe de la chasse d'eau et la tangente à la courbe la plus large de ma cuvette. Il n'y a aucun lavabo, ce qui m'oblige à me brosser les dents et à me raser dans la cuisine, à un robinet au jet misérable, mais faisant un bruit terrifiant lorsqu'il tombe sur le fer de l'évier. Heureusement, la douche que j'avais demandée a été installée. (Il faut savoir que les Indiens ne se douchent pas : ils se lavent en déversant sur leur corps le contenu de petits récipients qu'ils ont préalablement plongés dans de grands seaux. Pour qui est habitué aux jets puissants et généreux des douches européennes, c'est fort peu pratique, mais, en l'occurence, cela s'explique de façon très pertinente par la nécessité d'économiser l'eau. Ainsi, de nombreuses salles de bains indiennes sont tout simplement dépourvues de douche - a fortiori de baignoire -, et ne comportent que des robinets sortant du mur au-dessus de nulle part, l'écoulement se faisant par des bondes placées en fonction de l'inclinaison du sol.) La douche que j'avais demandée, préférant le risque de passer pour un Occidental gaspilleur empâté dans son confort à l'inconfort du lavage au seau, a donc été installée, mais pas là où l'on aurait pu s'y attendre, en raisonnant en toute logique. Elle a été placée de façon à apparaître comme le sommet d'un triangle isocèle également défini par la porte qui ferme mal et par la fameuse cuvette. Ainsi, lorsque je me douche, j'asperge entièrement cette malheureuse. Je me console en me disant que, si la chasse d'eau vient à tomber en panne, je pourrai peut-être nettoyer mes toilettes en faisant observer à mon tuyau de douche une droite décroissante d'un taux de variation à peu près égal en valeur absolue au nombre d'or sans lequel il n'est pas de salle de bains digne de ce nom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Ce sont là des détails, évidemment, et fort peu graves, bien sûr, puisque j'en ris. Cependant, j'ai vraiment dû être aveugle lors de ma visite de l'appartement, pour ne pas les remarquer. Je ne sais pas combien de temps je vais rester ici ; peut-être trouverai-je bientôt un meilleur appartement, avec peut-être des colocataires plus causants que mes fourmis. Peu importe, pour l'instant : il était de toute façon urgent que je me trouve un logement, de façon à laisser tranquilles Marion, Dhruv et Sonia, et à pouvoir enfin défaire mes valises, trois semaines après avoir atterri...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            J'ai donc commencé l'aménagement de mon appartement, qui est totalement vide, à l'exception d'une grande armoire rouillée, mais qui a le mérite de fermer à clé. Pour les raisons de disponibilité de cash que j'ai déjà évoquées, mes achats vont se faire très progressivement. J'ai commencé par trouver un matelas, un bureau, une chaise, un ventilateur pour ma chambre ; mais, à ce jour, je n'ai encore ni frigidaire, ni rien pour faire cuire des aliments (les cuisines indiennes ne sont jamais équipées de quoi que ce soit), ni la moindre vaisselle. Mon appartement est donc encore un peu vide, et je n'y prends aucun repas, mais, petit à petit, je devrais parvenir à le rendre tout-à-fait vivable, et, j'espère, agréable. En dépit de la solitude étrange qui m'envahit lorsque je me couche dans cette grande chambre toute vide à la peinture douteuse, et même si j'ai vécu ces jours-ci mes premiers moments de cafard depuis mon arrivée, je m'efforce de rester optimiste et joyeux. J'avais simplement un peu sous-estimé la difficulté qu'il y a à s'installer tout seul, à des milliers de kilomètres de chez soi et de ceux que l'on aime, dans un pays inconnu, certes merveilleux, mais où l'on se sent facilement perdu, en tout cas dépassé par le flux continuel et désordonné de vie, par la trépidante agitation de Delhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Voilà pour mon état d'âme du moment ; rien de grave là-dedans, je pense simplement être dans une phase de transition, entre l'enivrante euphorie de la découverte et la paisible adaptation. Du reste, les moments où la solitude me pèse sont rares, et vont l'être d'autant plus que des amis français profitent de ma présence à Delhi pour venir découvrir l'Inde et me rendre visite. Les premiers arrivent demain, les derniers repartiront mi-septembre. Autant dire que je ne vais pas avoir l'occasion de me sentir seul. Par ailleurs, dès que je sors, toute éventuelle tristesse s'efface immédiatement : je suis transporté par l'animation, abreuvé de regards envieux et de doux sourires - dans Nocturne indien, un livre que j'ai lu et dont l'intérêt est d'ailleurs très limité, Pasolini parle de la grande douceur des Indiens, et c'est en effet une sensation omniprésente. En outre, je commence à m'intégrer dans un groupe d'étudiants étrangers à JNU, avec notamment Christian l'Allemand, Aksel le Suédois - je les ai déjà évoqués -, mais aussi Lora l'Américaine, ou encore Andrea l'Italien. En dépit de l'étendue du campus, on a tôt fait de croiser une connaissance, tout simplement parce que tout le monde va aux mêmes endroits. Ainsi, les amitiés se nouent peu à peu, autour de pauses shaï (ce thé au lait indien), ou de déjeuners à l'une ou l'autre des cantines de JNU. Des projets d'excursions communes apparaissent, les conversations s'étoffent, et les rires les ponctuent de plus en plus. Il est profondément réjouissant de se sentir appartenir à cette extraordinaire communauté de jeunes individus venant de partout dans le monde, et qui partagent au moins avec vous l'intérêt pour l'Inde. Je suis par contre un peu moins enthousiaste quant à nos contacts avec les étudiants indiens eux-mêmes : de notre côté comme du leur, des efforts sont faits pour lier connaissance, je ne pense donc pas que ce soit un problème d'ouverture d'esprit ou de froideur, mais les conversations tournent très vite dans le vide, et les relations restent superficielles. Je ne sais pas si cela va évoluer au cours de l'année, mais je le souhaite, évidemment ; nous passerions à côté de découvertes humaines assurément enrichissantes si nous restions constamment et exclusivement entre étudiants étrangers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Les cours ont commencé lundi à JNU. Pour l'instant, entre des professeurs proprement inaudibles, d'autres dont l'accent anglais me fait parfois penser qu'ils parlent hindi, et quelques meilleures expériences, mes impressions sont mitigées. J'attendrai, pour me prononcer, d'autant plus que, jusqu'à début septembre, je peux modifier ma liste de cours, abandonner ceux qui ne me plaisent pas au profit d'autres plus intéressants, et que je n'ai donc encore guère idée de ce à quoi ressemblera mon semestre, d'un point de vue académique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Les véhicules indiens, lorsqu'ils reculent, n'émettent pas les monotones sirènes que l'on connaît chez nous, mais de véritables musiques, au sens propre du terme. Il semble en être des avertisseurs sonores des voitures indiennes comme des sonneries de téléphones portables en France. Imaginez-vous une moto reculant en plein Paris sur fond de Johnny Halliday ou de neuvième symphonie de Beethoven, au choix?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Samedi, avec Clémence - une de mes collègues françaises - et son copain allemand Henry - qui fait un stage dans un hôpital indien cette année -, je suis allé visiter la tombe d'Humayun, à Delhi. C'est un magnifique monument de pierre rouge et de marbre, sobre et symétrique, orné ça et là d'écritures coraniques. Humayun est un empereur moghol antérieur à Akbar. Sa tombe est considérée comme un avant-goût du bien connu Taj Mahal. Je n'en dis pas plus, je ne ferais que répéter inutilement les guides de voyage. Je dirai simplement que j'étais très fier d'avoir droit au tarif de "visiteur indien", grâce à ma carte de résident, ce qui m'a permis de ne payer l'entrée que dix roupies, au lieu de deux cent cinquante pour les "visiteurs étrangers", comprenez les touristes! Et puis je tiens à recommander les jardins entourant le monument. Ils sont élégants, frais, ombragés, parcemés de bassins entre lesquels l'eau circule par des rigoles, habités par ces adorables petits écureuils à rayures grises et brunes que l'on voit partout en Inde. C'est une promenade très agréable et reposante, pour oublier un moment la pollution et le bruit des rues de Delhi, qui, pourtant, courent à quelques mètres de là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Du reste, la journée a été rendue d'autant plus agréable que nous sommes ensuite allés manger dans un restaurant du quartier musulman, et qu'un groupe de trois Musulmans - un Algérien, un Jordanien et un Brésilien, en voyage en Inde pour motifs religieux - ont insisté pour payer notre repas, sans même que nous leur ayons adressé la parole - tort qui a été réparé après leur geste généreux.&lt;br /&gt;"Vous êtes dans un quartier musulman, vous êtes chez nous, c'est une fierté pour nous, nous vous devons l'hospitalité", nous ont-ils assuré en coeur.&lt;br /&gt;Et, dans ce cadeau inattendu, je n'ai pu m'empêcher de voir le besoin ressenti par la communauté musulmane de prouver qu'elle n'est évidemment pas composée que d'obscurantistes terroristes hostiles aux "infidèles". En Inde, où le conflit avec le Pakistan autour du Cachemire ne s'est jamais éteint, et où les violences entre les communautés hindoue et musulmane rythment tragiquement la vie politique - il y a eu des attentats dans les trains de Mumbai il y a un mois -, ce message prend un écho particulier. On trouvera peut-être que j'exagère en interprétant ainsi le geste de nos hôtes, d'autant qu'ils n'étaient pas indiens, mais je suis sincèrement persuadé qu'il y avait un peu de ça, un peu de cette volonté, de la part de dignes représentants d'une communauté meurtrie autant que meurtrière, et inspirant la méfiance partout dans le monde, de montrer que le respect et la cordialité sont possibles, en toute simplicité, entre Musulmans et non-Musulmans. En Inde et ailleurs, l'Islam et ses croyants les plus dignes souffrent de la réputation que leur donnent les extrémistes qu'ils comptent parmi eux. A l'Institut du monde arabe de Paris comme dans un restaurant musulman de Delhi, auprès d'un vieux négociant algérien en pélerinage comme auprès d'un professeur d'arabe vantant les qualités littéraires du Coran, on ressent le mal-être des Musulmans du monde entier, on ressent leur besoin de montrer tout ce qu'il y a de beau, de noble et d'intéressant dans leur religion, dans leur culture. Et j'ai toujours été ému de voir à quel point il est facile de faire sourire un Musulman dès qu'on témoigne pour sa religion, pour sa culture, d'un intérêt sincère, débarassé des quelques préjugés auxquels se résume trop souvent la perception de l'Islam, dans le monde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115530420355787670?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115530420355787670/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115530420355787670' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115530420355787670'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115530420355787670'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/mardi-9-aot-22h30-jcris-pour-la.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115530345744004235</id><published>2006-08-11T15:10:00.000+02:00</published><updated>2006-08-24T09:29:01.490+02:00</updated><title type='text'>Enfin quelques photos!</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/Delhi%20-%201er%20aout%2006.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/320/Delhi%20-%201er%20aout%2006.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;La terrasse de l'appartement de Sonia, Dhruv et Marion, où je suis resté plus de deux semaines. Très agréable, surtout le soir. On peut aussi monter sur le toit, d'où j'ai pris les photos que j'ai postées il y a quelque temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;p&gt;L'India Gate, qui marque une extremite de Rajpath, les Champs-Elysées de Delhi - mais Champs-Elysées version basse, avec des jardins, non des commerces. Batiment elevé vers 1930.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/IG%203.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/IG%203.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;                        &lt;p&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/IG%204.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/IG%204.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Rashtrapati Bhavan, le palais presidentiel, marque l'autre extremite de Rajpath.&lt;br /&gt;[Cliquez sur les photos pour les voir en taille maximale.] &lt;/p&gt;   &lt;p&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/RB%20-%2013.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/RB%20-%2013.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/RB%20-%206.0.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/400/RB%20-%206.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115530345744004235?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115530345744004235/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115530345744004235' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115530345744004235'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115530345744004235'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/enfin-quelques-photos.html' title='Enfin quelques photos!'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115488240203234941</id><published>2006-08-06T18:39:00.000+02:00</published><updated>2006-08-11T12:27:12.400+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;Jeudi 3 août, 22h30&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Véritables icônes de l'Inde, les "vaches sacrées", qui peuplent les routes en compagnie de quelques ânes et de beaucoup de chiens errants, maigres, sales, blessés et maladifs, illustrent bien le rapport qu'entretiennent les Indiens, ou du moins les Hindous, avec la nature. Anita m'en a dit un peu plus sur ces grosses bêtes noires, blanches, grises ou brunes, et bossues. (Anita est une femme indienne de trente-et-un ans, courte et ronde, originaire du Nord de Delhi. Elle est anthropologiste, elle étudie les tribus de l'Himalaya - et plus particulièrement de la région du Ladakh - parmi lesquelles elle passe plusieurs mois chaque année. J'ai eu la chance de la rencontrer, grâce à Dhruv.)&lt;br /&gt;           &lt;br /&gt;            Anita m'a expliqué que les vaches appartiennent pour la plupart à quelqu'un. Cela m'a surpris : je m'étais imaginé, en les voyant errer ainsi dans les rues, qu'elles n'avaient pas de maître, et qu'elles arrivaient de nulle part, pour ainsi dire. En réalité, leurs propriétaires les laissent libres : toute la journée, elles se promènent selon leur gré, mangent ce qu'elles trouvent, dans les poubelles ou ailleurs, ou ce que les passants leur donnent, et, le soir, s'en retournent paisiblement chez elles. Elles connaissent leur adresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Dans cette façon de laisser les bêtes libres, ou de nourrir et d'abreuver les animaux sans se soucier de savoir à qui ils appartiennent - Anita m'a parlé de sa mère, qui, chaque matin, prépare une gamelle pour tous les chiens de son quartier -, se lit la proximité, l'affection des Indiens pour la nature. On sent, chez eux, une volonté plus forte que chez nous de vivre en communion avec la nature, même au coeur d'une agglomération tentaculaire comme Delhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Ceci, d'ailleurs, explique que Delhi soit une ville très verte, contrairement à ce à quoi je m'attendais et en dépit de problèmes d'eau - les coupures d'eau, comme celles d'électricité, sont d'ailleurs fréquentes, et durent parfois plusieurs jours. Certes, il faut voir dans les superbes gazons et jardins anglais un héritage colonial ; mais si les Indiens ont tenu à conserver ces espaces verts après l'indépendance, ce n'est pas tant en raison d'une quelconque nostalgie de l'époque de l'Empire des Indes, que parce qu'ils ont besoin d'être en contact avec la nature. Ainsi, les squares et les jardins, les buissons et les arbres, les fleurs et les pelouses sont partout présents dans le paysage de Delhi, atténuant son aspect étouffant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            A Delhi, il n'y a pas que des vaches sacrées et des chiens errants, il y a aussi et surtout quatorze millions d'êtres humains, formant une population hétéroclite, qui, pour un étranger fraîchement arrivé du vieux continent, marque surtout par sa jeunesse. Que d'enfants, que d'adolescents, que de jeunes hommes dans les rues de Delhi!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Et les femmes? Elles sont invisibles, pour ainsi dire. J'ai l'impression de n'avoir vu de femmes que sur le campus de JNU, ou dans le quartier branché de Priya. Ailleurs, elles sont discrètes, si discrètes qu'on les remarque à peine, dans leurs saris pourtant colorés. Elles semblent se déplacer comme en un souffle léger, soucieux de ne pas soulever de feuilles mortes, et de ne pas contrecarrer le vent masculin. Et pourtant, elles sont bien là, ces femmes, même si, de fait, elles sont moins nombreuses que les hommes. Elles sont dans l'ombre, mais elles apparaissent derrière les grillages des portes des appartements, telles des gardiennes austères, telles des ménagères sévères parce qu'on est sévère avec elles. Elles travaillent, aussi, comme cette femme installée sur une charrette de bois dans une étroite rue boueuse, un boyau en fait, et à qui j'ai laissé mon linge - il n'y a pas de laveries en Inde, tout se fait à la main et tout se fait faire -, non sans l'impression de lâcher mes vêtements dans l'inconnu, non sans crainte de ne jamais les revoir. (Finalement, je les ai revus trois jours plus tard, à peu près propres et repassés. Le col de ma chemise blanche était jauni.) Oui, les femmes sont bien là, mais on ne les voit pas, ou si peu. A bien des égards, on lit l'Inde comme un livre ouvert, et le statut ambigu et délicat des femmes dans la société indienne se ressent à la moindre promenade dans les rues de Delhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Samedi soir dernier, c'était la soirée d'accueil des nouveaux étudiants étrangers de JNU, organisée par la Foreign Students Association (FSA). Quelque part dans la jungle du campus, dans le local un peu délabré de la FSA, autour de quelques soft drinks et de chips, et par-dessus une musique que l'on aurait pu entendre dans n'importe quelle boîte de nuit parisienne, des étudiants venus du monde entier se sont rencontrés et ont dansé ensemble, dans une atmosphère extrêmement plaisante, chaleureuse et bon-enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            JNU compte beaucoup d'étudiants étrangers. Pour l'instant, c'est surtout à eux que j'ai eu affaire, plus qu'aux Indiens eux-mêmes. La FSA, en effet, est une petite communauté à elle toute seule, très conviviale et accueillante. Khaled et Paulus - Paul ou Paully pour les intimes -, les deux principaux responsables de l'association, sont venus vers mes collègues françaises et moi dès que nous avons mis les pieds sur le campus, nous ont un peu aidés dans les démarches administratives que j'ai déjà racontées, et nous ont très vite permis de rencontrer beaucoup de gens, de commencer à nous intégrer et à nous sentir bien à JNU.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Khaled est soudanais. C'est un grand jeune homme, toujours souriant, vous donnant de grandes tapes amicales dans le dos et prêt à vous venir en aide à n'importe quel moment. Paul est nigérian. Il étudie l'allemand à JNU. Dans un sourire, il se définit fièrement comme quelqu'un qui connaît tout le monde, et il faut lui concéder que c'est vrai. Paul a toujours quelque chose à vous proposer, un verre, une soirée, une rencontre, un coup de main. Il y a aussi Massud, l'Iranien trentenaire - qui doit faire de la recherche à JNU - à la voix caverneuse, et au ton un peu désabusé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            A la party de samedi soir, j'ai, donc, rencontré des étudiants d'un peu partout dans le monde. Il y a Christian, l'Allemand avec lequel j'ai très rapidement lié sympathie, et quelques autres Européens, notamment des Polonaises - lundi, j'ai aussi rencontré Axel, suédois, ainsi que Petra et Sandra, autrichiennes. Il y a quelques Américains. Toutefois, la très large majorité des étudiants vient d'Afrique -  du Nigeria et du Soudan, donc, mais aussi du Zimbabwe, d'Angola, du Mozambique, d'Ethiopie, etc. - et plus encore de toute l'Asie, depuis le Moyen-Orient - la Palestine, la Syrie, l'Iran, entre autres - jusqu'au Japon, en passant par l'Asie centrale - l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan, le Turkménistan - et par les pays voisins de l'Inde - le Népal, le Bangladesh, le Bhoutan, la Chine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Il y a quelque chose de formidablement dépaysant et enrichissant à rencontrer ainsi des étudiants de nationalités dont on trouve fort peu de représentants en France. Il y a quelque chose de fascinant à se demander comment tout ce monde peut se retrouver, par une belle soirée d'été, dans le local un peu glauque de la FSA, à JNU. Et il y a quelque chose de profondément enthousiasmant, quelque chose qui vous fait aimer l'Homme, à voir ces individus issus de cultures aussi diverses danser tous ensemble, chacun prenant son tour pour faire une courte démonstration à la manière de son pays, depuis les rythmes endiablés de Khaled jusqu'à la suave valse polonaise, en passant - hélas? - par mon French cancan volontiers grotesque, seule pitrerie dont j'ai été capable pour faire honneur à mon cher pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Dimanche a été l'occasion pour moi d'une première excursion hors du quartier de Munirka et de JNU, que je n'avais pu quitter, occupé jusqu'alors par les diverses formalités administratives. J'étais content de pouvoir découvrir un autre quartier de Delhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Mes collègues françaises et moi avons pris le bus, plus lent mais moins cher et plus pittoresque que le rickshaw, depuis un arrêt dans JNU - où il circule comme partout ailleurs - jusqu'à la grande place ronde qu'est Connaught Place. Les bus indiens sont d'antiques carlingues, assez douteuses, mais agréablement peintes en blanc, bleu, jaune et vert. On y monte comme on peut, souvent alors que le bus roule déjà, on a de la chance si on peut s'y asseoir, on paie son ticket à un agent qui se faufile entre les usagers pour venir vous demander jusqu'où vous allez, et, une fois arrivé, on en descend, ou on essaie. Notre descente, en effet, a été un peu mouvementée : quelques arrêts avant le nôtre, un groupe de femmes qu'en France on aurait qualifiées de gitanes sont montées dans le bus, nous ont vus, et se sont assises autour de nous. Lorsque nous avons voulu descendre du bus, l'une d'entre elles s'est levée pour nous bloquer le passage, et les autres se sont agitées, créant une grande confusion. Une fois que nous avons été sur le trottoir, Marion s'est rendue compte qu'on lui avait dérobé son portefeuilles, et, en regardant le bus s'éloigner, nous avons compris l'objectif de l'agitation créée par le groupe de femmes, avec la complicité passive de l'équipage du bus. Marion n'a été dépouillée que de six cents roupies, nous nous en sommes très bien tirés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            A Connaught Place, nous avons pris le tout nouveau métro de Delhi. Il n'a rien à envier au métro parisien, au contraire : il est climatisé, et il apparaît plus propre, plus moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Nous sommes remontés à la surface à Chandni Chowk, en plein Old Delhi - un quartier populaire et musulman. Nous nous sommes promenés dans Kinari bazar, qui, en fait de bazar, ressemble à un immense taudis, avec son dédale de rues étroites, sombres et sales, avec ses enchevêtrements de câbles électriques sur lesquels se promènent des singes, avec ses bâtiments aux façades délabrées et ses misérables échoppes. En temps normal, le quartier est si animé qu'on ne s'y faufile qu'avec beaucoup de peine, très lentement ; mais nous étions dimanche, la plupart des boutiques étaient fermées, et les ruelles les plus petites étaient calmes, désertes ou servant de terrain de jeu à des enfants de tous âges, toujours aussi souriants, insistant pour vous désigner fièrement leur maison, ne vous demandant rien qu'un peu d'attention, et s'illuminant si vous les photographiez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Le point névralgique de ce quartier est, sur son petit promontoire, la Jama Masjid, la grande mosquée de Delhi. Nous l'avons visitée, pieds nus, comme il se doit. C'est un magnifique et vaste bâtiment rouge brique, avec des carrelages en marbre dans les espaces de prière, organisé autour d'une grande cour qui donne l'impression d'être un lieu de vie et de discussions, une sorte de forum à la romaine. Depuis le portique qui circule tout autour de la cour, et plus encore depuis les minarets ou les toits qui bordent les coupoles de marbre, s'offre une vue superbe sur Delhi, et notamment sur le Red Fort, qui n'est pas bien loin - mais qui fera l'objet d'une autre excursion, car le soir tombait lorsque nous sommes sortis de la mosquée, et que nous sommes rentrés, sur un rickshaw peu soucieux de la séparation de la chaussée en des voies distinctes, et qui nous a fait quelques frayeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Au contraire de mes camarades, je n'ai pas fait de photos, j'ai d'ailleurs pris très peu de photos depuis mon arrivée à Delhi. En vérité, il y a plein de choses que j'aimerais photographier, mais je préfère attendre que le temps soit moins incertain, et je préfère éviter de me précipiter. Dans les instants de découverte, l'émerveillement rend fébrile, et conduit à "mitrailler" ; puisque je vais rester dix mois à Delhi, j'aurai sans doute l'occasion de retourner plusieurs fois dans Old Delhi, ou ailleurs, et il vaut mieux que je patiente, que je prenne un peu de recul, pour ensuite seulement appuyer sur le déclencheur, et ne photographier que ce qui en vaut le coup, ce que je retiens, ce qui me touche vraiment même une fois dépassé le stade de la première découverte. Voilà pourquoi ce blog est encore très avare en photos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;            Le début de cette semaine a été pour moi assez pénible. J'ai été malade - cela devait arriver - et je me suis lourdement traîné jusqu'à un rickshaw, lundi matin, pour aller consulter le médecin de l'ambassade de France, dans la cage dorée à l'élégance glaciale qu'est cette ambassade, comme beaucoup d'ambassades - c'est à se demander comment on peut représenter quoi que ce soit où que ce soit depuis un palais aussi impersonnel et contrastant aussi totalement avec le dehors. Le médecin, par contre, est excellent - et gratuit -, et m'a prescrit un traitement qui m'a rapidement remis en jambes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            J'ai ensuite essuyé quelque déconvenue dans ma recherche d'appartement, mais je ne m'étends pas sur ces péripéties, qui, en plus d'être désagréables à raconter, seraient dénuées de la moindre espèce d'intérêt, en ce qu'elles n'ont rien de spécifiquement indien. Du reste, j'ai fini, aujourd'hui jeudi, par trouver un appartement, et la fin de semaine s'annonce donc un peu plus sereine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            J'ai écumé beaucoup d'agences immobilières, à Munirka et à Vasant Vihar, avant de dénicher Sharma Estate, à Munirka Vihar Market, et de rencontrer Vikram. Les agences immobilières indiennes consistent la plupart du temps en un bureau exigu et obscur, qu'il faut connaître pour trouver. Ce n'est pas comme en France, où, en se promenant dans un centre ville, on finit toujours par tomber sur une grande vitrine lumineuse présentant dans de soigneux petits cadres des annonces illustrées. Ici, rien n'indique l'agence, si ce n'est un nom en Estate ou en Agency perdu dans la jungle des pancartes propre à chaque marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Une fois que vous êtes entré et que vous vous êtes laissé saisir par le violent écart de température infligé par une climatisation forcenée, vous tombez sur un homme bedonnant qui vous fait asseoir et qui vous écoute sans broncher. A force, le discours est rôdé, et répond aux questions de l'agent avant qu'il ne les pose :&lt;br /&gt;'Bonjour, je m'appelle Julien, je suis un étudiant français au centre de sciences sociales de JNU pour un an - c'est un programme d'échange. Je cherche un appartement à proximité du campus, de préférence à Munirka, ou à Vasant Vihar. Toutes les tailles d'appartement m'intéressent, dans la mesure où j'envisage de me trouver un ou plusieurs colocataires à JNU, mais, quoi qu'il en soit, je ne veux pas que le loyer, ou ma part du loyer si l'appartement est suffisamment grand pour permettre une colocation, excède dix mille roupies par mois. Si l'appartement peut être meublé, même de façon rudimentaire - je n'ai besoin ni d'air conditionné, ni de télévision -, c'est bien.'&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Lorsque vous avez fini, l'homme vous regarde un moment, comme s'il manquait de motivation, en se frottant le front ou le menton. Il réfléchit, et saisit son téléphone et passe une série de deux ou trois appels, en hindi. Puis, plus rien ne se produit pendant dix à quinze minutes : il attend, vous attendez qu'on le rappelle, assis bêtement dans son bureau sinistre. Cela pourrait aussi bien durer trois heures. C'est en général pendant cette attente que l'agent vous explique comment il travaille. Ils travaillent tous de la même façon :&lt;br /&gt;'Si je vous trouve un appartement qui vous plaît, et que vous signez le bail, vous aurez à payer un mois de loyer d'avance au propriétaire, ainsi qu'un, deux ou trois mois de caution, et qu'un autre mois pour mon service.'&lt;br /&gt;Ce fonctionnement, d'ailleurs, m'a préoccupé, dans la mesure où mon compte bancaire me fixe un plafond de retrait par semaine - ce qui, dans un pays où tout se paie cash, vous oblige à jouer l'équilibriste, lorsque vous avez tous les frais d'installation et d'inscriptions diverses à payer en même temps...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Finalement, l'agent reçoit des appels, et vous emmène, le plus souvent à pied, visiter des appartements. Le propriétaire est parfois là : c'est souvent un vieil homme sévère et suspicieux, visiblement fidèle à toutes les pesanteurs morales de la société indienne. En tant qu'occidental, vous éveillez immédiatement sa méfiance, et l'inquiétez franchement lorsque vous lui parlez de colocataires que vous ne connaissez pas encore. En général, une question survient très vite sur la mixité de la colocation, et sur les rapports affectifs entre les différents colocataires et colocatrices. C'est extrêmement pesant, et vous brûlez d'envie de lui dire que ce ne sont pas ses affaires, mais ce serait vous garantir le refus catégorique du propriétaire, au nom de sa respectabilité. Cependant, si vous mettez le propriétaire en confiance, il devient très vite très pressant, se met à exiger une réponse immédiate, et l'argent le lendemain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            J'ai visité des horreurs, notamment un garage soi-disant reconverti en chambre. En fait de reconversion, le propriétaire avait simplement installé une salle de bains dans laquelle je n'entrais pas debout, et disposé quelques meubles hideux. D'ailleurs, cela sentait comme dans un garage, et pour cause : une voiture trônait encore en plein milieu de la "chambre". J'ai aussi vu de magnifiques appartements, avec des balcons formidables - et de là viennent les déconvenues sur lesquelles j'ai dit que je ne m'étendrais pas, mais dont je tiens néanmoins à préciser qu'elles furent surtout liées à l'absence ou à la rétractation de colocataires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Et puis, alors que je commençais à me décourager, je suis allé à la Sharma Estate, et j'ai rencontré Vikram. Vikram est un trentenaire bedonnant originaire du Rajasthan, à la coupe de cheveux très carrée, au visage gras et huileux, avec une dent absente au beau milieu de la mâchoire inférieure, et portant toujours une chemise ouverte sur une poitrine touffue. Il n'a jamais quitté l'Inde. Vikram est pressé, et pressant : il m'a expliqué qu'il travaillait dans le présent, dans le concret, il m'a demandé de préciser ma recherche - j'ai finalement renoncé à des colocataires, il est trop complexe de trouver à la fois un appartement et des personnes pour le partager -, et m'a dit qu'il avait besoin que je lui donne, après chaque visite, une réponse catégorique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Cependant, Vikram, même s'il "fonctionne" comme tous les agents immobiliers indiens, a au moins le mérite d'être efficace : c'est lui qui a trouvé l'appartement de Dhruv, Sonia et Marion - où je loge depuis mon arrivée -, c'est aussi lui qui a trouvé un logement à au moins deux des étudiants de Sciences Po partis à JNU les années précédentes. Cela m'a aidé à lui faire confiance. Du reste, Vikram est sympathique, et vous vous sentez vite comme son ami. Deux jours de suite, hier et aujourd'hui, il m'a emmené, dans sa voiture Tata, visiter de nombreux appartements. Pendant les trajets, ponctués de klaxons et d'incessants appels sur l'un ou l'autre de ses téléphones, nous avons beaucoup discuté, de l'Inde, de la France, de tout et de n'importe quoi. Il m'a appris un certain nombre de choses sur l'hindouisme. Il semble assez dévôt, et ne passe jamais devant un temple dédié à Hanuman, Vishnu ou Krishna sans ralentir, esquisser un geste respectueux, et prononcer un "Yo!" qui doit valoir un "Amen". Nous avons ri, aussi. En passant devant le Mac Donald's de Priya, le premier jour, alors que le soleil se couchait, Vikram m'a regardé avec un sourire d'enfant, et, en me désignant ce qu'il a qualifié d'ambassade américaine, m'a dit que son travail était aléatoire, qu'il ne savait jamais quand des clients allaient venir le voir, et que, de ce fait, il n'avait pas encore déjeuné. Et, me tendant un billet de cinq cents roupies, il m'a demandé d'aller lui chercher un Mac Do et d'en profiter pour prendre quelque chose pour moi. Ainsi, j'ai mangé mon premier Mac Do indien, et goûté le Chicken Maharaja, sorte de Big Mac au poulet avec une sauce un peu relevée, dans le bureau climatisé de Vikram, en parlant de football, et, bien sûr, de Zidane. Le lendemain, aujourd'hui, cela a été mon tour de lui offrir le Mac Do, devant lequel nous sommes mystérieusement repassés, et demain, ce sera de nouveau à lui, pour fêter notre réussite commune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Car, en effet, nous avons fini par me trouver un appartement, à Munirka DDA Flat, à trois rues de celui de Dhruv, Sonia et Marion. Il y a deux pièces, la première avec une cuisine dans un coin, la seconde donnant accès à un petit balcon, et une salle de bains. C'est assez lumineux - le carrelage blanc y est pour beaucoup - et assez propre. Je pense que je m'y plairai bien, lorsque je m'y serai installé. Je récupère l'appartement ce week-end, et je n'aurai plus qu'à le meubler. Le loyer mensuel est de huit mille roupies, plus les charges, ce qui équivaut à environ cent soixante euros. J'espère que je n'aurai pas de mauvaise surprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Quoi qu'il en soit, je vais donc enfin avoir un chez-moi indien. Et, d'ailleurs, après deux semaines passées à Delhi, je commence à bien connaître Munirka, JNU, Vasant Vihar et Priya, je commence à avoir mes habitudes chez tels commerçants, ou dans tel cybercafé perché sur une colline boueuse et sale surmontée de constructions de fortune, je commence à avoir mes repères, je commence à réaliser que je vais vivre ici pendant dix mois ; bref, je commence à me sentir un peu chez moi en Inde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115488240203234941?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115488240203234941/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115488240203234941' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115488240203234941'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115488240203234941'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/08/jeudi-3-aot-22h30-vritables-icnes-de.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115416527860364840</id><published>2006-07-29T11:25:00.000+02:00</published><updated>2006-08-01T09:56:30.556+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;Vendredi 28 juillet, 22h30&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette semaine a été consacrée à l'inscription à JNU. On nous avait promis un parcours du combattant, nous n'avons pas été déçus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a d'abord fallu lever le doute quant à notre statut. Les années précédentes, les étudiants de Sciences Po à JNU étaient des casual students - des auditeurs libres. Ils échappaient alors à presque toute obligation : ils suivaient les cours qu'ils voulaient, n'avaient pas de contrainte d'assiduité - ce qui leur permettait de partir en expédition et de voir du pays - et pouvaient ne pas passer les examens. Mes camarades et moi avons d'abord cru que nous jouirions des mêmes avantages. Cependant, peu après que Sciences Po nous ait informés que nous partirions en Inde comme nous en avions exprimé le voeu, nous avions reçu un document selon lequel nous releverions d'un nouveau statut, à l'intitulé obscur : SSP, Student Supervised Package. Ce statut nous avait été présenté comme étant la condition exigée par JNU pour accueillir davantage d'étudiants de Sciences Po que les années précédentes. Avant même notre départ, pour nous pré-inscrire à JNU, nous avions alors dû faire un choix de cours parmi des possibilités relativement restreintes. Nous avions tous sélectionné les mêmes matières - hindi, littérature indienne, étude de la société indienne - dans l'optique d'en apprendre le plus possible sur le pays dans lequel nous vivrions pendant un an. Or, la lettre de confirmation de JNU que nous reçûmes quelques semaines avant notre départ mentionnait que nous étions casual students.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, lorsque nous avons commencé à nous inscrire à JNU, nous avons voulu le faire en tant que casual students - cela nous plaisait davantage que ce SSP sorti d'on ne sait où. Ce n'est qu'alors que nous avions débuté les démarches que nous avons appris que nous devions finalement bien être en SSP. Cette confusion a été le premier élément un peu fastidieux de notre inscription.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le second élément qui nous a considérablement freinés a été le certificat médical du Health Centre de JNU. En France, il est vraisemblable que nous aurions pu nous contenter d'une brève visite chez un médecin de quartier. En Inde, obtenir ce certificat a relevé du chemin de croix. C'est à peine fini que j'en ris déjà, comme d'une mésaventure qui, sitôt qu'elle est un souvenir, devient amusante, mais qui ne l'était pas sur le coup. Nous étions au bloc administratif de JNU, en train de compléter quelques formulaires répétitifs, lorsqu'on nous a demandé d'aller au Health Centre et d'en revenir avec le fameux certificat. Nous faisons le trajet, à travers la jungle du campus. Une fois, un bon kilomètre. Nous arrivons au Health Centre, un peu crasseux, un peu douteux, et d'une atmosphère étouffante. Après avoir fait deux ou trois bureaux, nous tombons sur un médecin qui nous explique qu'il ne peut pas nous examiner s'il n'a pas un mot de l'administration le requérant. Nous retournons donc au bloc administratif - deuxième trajet - et patientons une bonne demie-heure dans le bureau d'un responsable de je-ne-sais-quoi, qui étudie ensuite notre cas comme s'il s'agissait d'un problème mathématique resté sans solution depuis des siècles, en croisant les bras derrière son dos et en se penchant en arrière sur son siège. Son intense réflexion est interrompue tantôt par des coups de téléphone dans lesquels il passe du sourire à l'agressivité, tantôt par des gens qui viennent lui faire signer des papiers sur lesquels il ne jette pas un oeil. Je commence à me dire que nous aurions dû faire de même, lorsqu'il finit par se décider à écrire trois lignes de recommandation à l'intention du médecin. Nous repartons vers le Health Centre, troisième trajet. Là, nous passons encore dans deux ou trois bureaux pour remplir une misérable fiche, et nous nous présentons à l'examen, auprès d'une femme docteur franchement peu accueillante. Elle prend notre pression, nous pose quelques questions sommaires, nous envoie dans une salle voisine passer un test de vision quant à la fiabilité duquel j'émets les plus grands doutes. Puis, notre docteure nous dit qu'il nous faudra subir une prise de sang, le lendemain. Nous commençons à être un peu surpris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, mardi, nous revenons donc de bon matin. La faute, cette fois, est nôtre : nous avons oublié de venir à jeûn, et la prise de sang est reportée au lendemain. On nous explique en outre qu'il faut aussi que nous allions faire une radiographie de notre thorax, dans un hôpital à l'extérieur de JNU. De plus en plus étonnés, nous prenons un rickshaw, allons à l'hôpital Holy Angels à Priya, faisons ces radios, qui, ô surprise!, ne décèlent aucune tuberculose dans nos poumons. Le lendemain, ce matin, nous retournons à jeûn au Health Centre, que nous commençons à bien connaître. On nous fait une prise de sang, on nous demande un échantillon d'urine, puis on nous dit qu'il faut désormais que nous mangions et que nous revenions à onze heures, pour une seconde prise de sang visant à établir la concentration plasmique de sucre lors de la digestion, ou quelque chose comme ça. Lorsque nous revenons à l'heure dite :&lt;br /&gt;'A quelle heure avez-vous mangé?'&lt;br /&gt;'A neuf heures trente, juste après la première prise de sang.'&lt;br /&gt;'Il faut attendre deux heures, revenez dans une demie-heure.'&lt;br /&gt;Nous patientons une demie-heure dans ce dispensaire où il fait une chaleur épouvantable, et où, d'ailleurs, survient une panne. Nous faisons la deuxième prise de sang. Le médecin auquel j'ai affaire pour cela me demande, en m'enfonçant son aiguille dans le bras, ce que je pense de Zidane. Ma réponse a dû lui paraître un peu crispée. On nous dit ensuite de revenir chercher tous les résultats deux heures plus tard. Nous arrivons avec une dizaine de minutes de retard. Les docteurs commencent par refuser de nous dresser le certificat, car la pause déjeuner est pour dans dix minutes. Nous insistons, exaspérés, et finissons par les convaincre de rédiger le précieux papier. Un assistant nous accompagne ensuite dans un shopping complex voisin du Health Centre pour y photocopier le document si difficilement obtenu. Et enfin nous le tenons, ce Graal. Il se résume à deux lignes : "l'étudiant XX est en bonne santé et ne porte pas de maladie contagieuse. Il peut s'inscire à JNU." Une signature, un cachet pompeux. Voilà tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne prétends pas que ce certificat, avec tout ce qu'il nous a fallu faire pour l'obtenir, soit totalement absurde. La situation sanitaire de l'Inde étant ce qu'elle est - la tuberculose est encore une réalité en Inde -, une telle minutie se justifie sans doute dans le cas des étudiants locaux, même si nous n'avons pu nous empêcher de nous demander si nous n'étions pas plutôt en train de passer un examen de santé pour devenir pilote de ligne sur Air India - tout en espérant, pour la sécurité des voyageurs, que les pilotes de la compagnie soient soumis à un test de vision autrement plus rigoureux. Ce qu'il y a de cocasse, dans cette histoire, c'est le mélange très kafkaïen de cette minutie obstinée, de cette volonté d'exhaustivité, du sérieux extrême des formalités et des apparences, avec la vétusteté du matériel et du bâtiment, le caractère douteux de certains tests, et la dimension aléatoire, presque improvisée, de la réalisation concrète des démarches. En somme, tout cela s'est apparenté à une farce se prenant au sérieux, même si, pour rétablir un jugement plus juste, je m'empresse d'ajouter que l'Inde a des médecins extrêmement compétents et des hôpitaux excellents - à tel point que des Américains viennent s'y faire soigner. Si j'ai raconté dans le détail cette anecdote au risque de paraître condescendant, c'est parce que je crois déceler dans la dimension à la fois cocasse et fort sérieuse de l'obtention de notre certificat médical une tendance très fréquente en Inde, et qui caractérise sans doute, d'une manière d'ailleurs finalement très touchante, les immenses progrès qu'un pays miséreux fait pour se développer. La farce, c'est la transition, lorsque la modernité naissante se superpose à des relents d'un autre âge, qui, forcément, frappent davantage l'oeil de l'habitant privilégié d'un pays privilégié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois le certificat médical obtenu, il a fallu payer les frais de scolarité, et cela a encore été toute une histoire. Pour le premier semestre, nous devions payer quatre cents euros, ou cinq cents dollars - deux sommes dont l'égalité paraît déjà approximative. Le problème est qu'en Inde, ce sont des roupies qu'on manie - eh oui, ces bonnes vieilles roupies qui portent le visage de Gandhi! Or, les Indiens semblent être plus conscients de l'existence des roupies lorsqu'il s'agit de recevoir un paiement que lorsqu'il s'agit de dire à combien s'élèvent des frais de scolarité. En d'autres termes, on peut légitimement se demander pourquoi les documents de JNU ne mentionnent même pas le montant des frais dans la monnaie qui a cours sur le territoire... Comme nous n'avions que des roupies, nous avons demandé à un employé de nous indiquer la somme à verser dans cette devise. Après quelques instants d'hésitation, il nous a répondu un nombre, qu'il semblait avoir tiré au hasard, et qui nous a tout de suite paru douteux. Nous avons protesté, et nous sommes finalement arrivés à convaincre l'homme d'appeler une banque pour obtenir un change plus précis. Le montant qui nous a alors été communiqué était en effet inférieur de cinq mille roupies au nombre précédemment inventé... La liasse de billets que nous avons dû donner a tout de même été impressionnante, et a fait l'objet d'un recomptage nettement plus minutieux que les opérations précédentes, effectué par un individu obstiné, mais qui semblait avoir fait des études de taillage de moustache plutôt que de calcul mental, car j'ai dû lui expliquer longuement que trente coupures de cent roupies font trois mille roupies. Et, sur-ce, nous nous sommes retrouvés avec un reçu attestant que nous avions payé la somme dûe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choses sérieuses ont alors pu commencer. Nous avons dû remplir un formulaire en quatre exemplaires, puis le faire signer en quatre bureaux différents, parcimonieusement répartis sur l'ensemble du vaste campus, puis refaire le tour des quatre mêmes bureaux afin de laisser à chacun d'entre eux un des exemplaires du document désormais signé par tous... Dépaysant circuit! Les bureaux des administrations de JNU ressemblent à des vieux greniers. Le mobilier est rouillé, bancal, sale, obsolète - il y a encore des machines à écrire qui semblent avoir parcouru plusieurs fois la distance Terre-Lune en paperasseries tant elles paraissent antiques. De grands ventilateurs brassent l'air, qui, cependant, sent le renfermé et la poussière. Le plus petit bureau - et Dieu sait qu'il y en a! - est occupé par au moins cinq employés, si le terme "occupés" correspond à l'activité en vérité peu frénétique des dits-employés. En général, ces derniers sont très gentils, vous regardent avec douceur, mais parlent peu l'anglais, ne savent pas ce qu'ils doivent faire, ne comprennent pas qui vous êtes ni ce que vous avez à les déranger pendant leur intense réflexion, et froncent les sourcils lorsqu'on leur parle de SSP, comme s'il s'agissait d'une nouvelle théorie de la physique quantique. Finalement, après un conciliabule de plusieurs minutes entre eux, ils vous renvoient vers un autre bureau d'où l'on vous renverra vers eux, mais avec un paraphe supplémentaire sur le papier, paraphe qui les autorise, enfin, à appliquer lourdement un tampon sur le document et à vous le tendre fièrement. Voilà comment une journée s'écoule, du moins jusque vers quinze heures trente. C'est l'heure à laquelle je suis arrivé dans un dernier bureau, aujourd'hui, pour y tendre à un homme bedonnant un dernier formulaire. Le regard de l'homme a voyagé plusieurs fois de mon visage au document et du document à mon visage. Puis, l'homme m'a demandé qui m'avait donné ce papier - c'était lui-même, une heure plus tôt, je revenais avec les signatures et les tampons requis. L'homme m'a encore regardé, a posé ses lunettes sur son bureau crasseux, s'est frotté le front pendant trente secondes et m'a dit dans un sourire, en remuant ses mains au-dessus de son crâne :&lt;br /&gt;'Des fois, l'esprit est encombré, et on ne comprend plus rien. Faites une chose : revenez me voir lundi.'&lt;br /&gt;Je reviendrai donc lundi, chercher cet ultime tampon, cette ultime signature... Avant les inscriptions pour le second semestre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps, toute la journée, des adolescents misérables vont de bureau en bureau, pour apporter aux employés leur tasse de thé au lait, qu'ils prennent sans un regard pour le serveur. Je savais que les enfants, en Inde, travaillent plus souvent qu'ils ne vont à l'école, mais il y a quelque chose de profondément scandaleux à ce qu'une université aussi prestigieuse que JNU, lieu de savoir et d'ouverture d'esprit s'il en est, fasse travailler dans ses cuisines et ses cafétérias des enfants en âge d'aller à l'école, précisément. Lorsqu'on veut s'adapter à l'Inde, lorsqu'on veut apprendre à l'aimer, il y a bien des choses que l'on accepte de tolérer et d'endurer quand bien même elles heurtent nos standards occidentaux : par exemple, en dépit du ton des lignes qui précèdent, je ne veux pas me plaindre du caractère ubuesque de l'inscription à JNU, et mes collègues et moi sommes restés calmes et patients quand nous aurions explosé de colère en France ; mais l'emploi d'enfants par une université est un trait trop violemment scandaleux pour être ainsi toléré dans un "peu importe, c'est l'Inde", trop choquant pour être relégué au rang des "défauts sympathiques de l'Inde", surtout lorsque l'on voit des centaines d'adultes ne servir à rien et croupir sur une chaise défoncée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mousson a commencé mercredi. Il a plu presque continuellement ce jour-là et le suivant, d'une grosse pluie pénétrante. Il a fait grand soleil aujourd'hui, mais la mousson n'est pas terminée, il peut pleuvoir un mois entier. Le phénomène connaît une intensité et une durée variables ; parfois, il ne pleut pas de toute une année à Delhi. Selon Dhruv, la mousson 2006 s'annonce généreuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes camarades et moi préfèrerions ne pas avoir à affronter des averses trop fréquentes, d'autant que la fraîcheur qu'elles apportent est toute relative, et qu'en vérité Delhi s'apparente ces jours-ci à un gigantesque hammam boueux. Cependant, là encore, c'est une vision égoïste, une vision occidentale : il faut voir le bienfait extraordinaire de ces litres d'eau, attendus des mois, et soudain déversés sur la terre indienne, et sur son peuple soumis encore à une insalubrité épouvantable - insalubrité permanente et générale, qui s'impose comme une des impressions dominantes que je retire de l'Inde. La pluie, en Inde, est une fête ; elle semble tout laver - et elle annonce malgré tout des températures moins accablantes. D'ailleurs, la jungle du campus était magnifique aujourd'hui, sous le soleil suivant les deux jours d'averses : la pluie a réveillé d'enivrantes senteurs florales, elle a révélé les couleurs. Les verts paradent au-dessus de troncs luisants ; et les roses, les jaunes, les blancs sont éclatants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, la pluie est une fête. Sur le trottoir du rond-point au bidonville, que l'on trouve en allant de Munirka à Priya, un enfant en haillons, couvert de saleté, dansait, bondissait en balançant son corps, tandis que les premières gouttes heurtaient la bâche de mon rickshaw dans un clapotement d'abord timide, puis régulier. Cet enfant avec sa danse, comme les arbres du campus avec leurs déploiements de couleurs, fêtait la pluie. Et, à Priya où nous étions pour faire les radiographies nécessaires à notre certificat médical, le jeune tenancier du petit restaurant installé sur une charette, où nous avons déjeuné de riz et de haricots, la buvait à pleine gorge, lui, cette pluie si précieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec toutes les formalités et la recherche d'appartement qui m'occupent, je n'ai encore rien vu d'autre que Priya, Munirka et JNU. J'ai hâte, d'ailleurs, d'être enfin totalement posé, et d'avoir plus de temps pour pouvoir me lancer dans des excursions plus ambitieuses, aussi bien à Delhi que dans le reste de l'Inde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, je commence à vraiment bien connaître mon quartier. Il faut dire que je vais presque quotidiennement à Munirka Market. Je m'y rends dès que j'ai une course à faire, dès que je dois racheter des crédits téléphoniques, des bouteilles d'eau minérale ou des féculents - éléments omniprésents de mon alimentation depuis mon arrivée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, ainsi que je me l'étais promis, je suis retourné voir le jeune marchand au sourire extraordinaire, celui auquel j'avais acheté quelques bananes la semaine dernière. Ses fruits de toutes les couleurs luisaient à la lueur d'une ampoule nue, autour de laquelle gravitaient quelques insectes. Au niveau exact de son étalage, de l'autre côté de la grande route qui va vers Priya, se dresse, impeccable, le bâtiment le plus moderne que j'aie vu à Delhi : on le croirait échappé du quartier parisien de la Défense, et une sorte de pyramide de verre, comme celle du Louvre, y fait office de hall. Ce bâtiment abrite les bureaux de quelques grandes compagnies étrangères. Ici, on est riche, on est occidentalisé, on parle anglais ; de l'autre côté de la route bruyante et chaotique, mon vendeur, lui, ne parle toujours pas un mot d'anglais, il est misérable, il n'a jamais quitté l'Inde, et n'est même sans doute jamais sorti de Delhi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès qu'il m'a vu, il m'a décoché son sourire face auquel le plus austère des hommes fondrait tel un sucre, et m'a serré la main. Je pense qu'il m'a reconnu - les Occidentaux ne courent pas les rues à Munirka Market, je n'en ai jamais croisé. Je lui ai dit "Namasté" - bonjour en hindi - en joignant les mains devant mon visage et en m'inclinant légèrement, comme font les Indiens. Il m'a répondu en faisant le même geste, avec beaucoup de déférence. Je lui ai demandé trois mangues et un gros melon jaune, il m'a proposé de prendre autre chose en plus, comme la fois précédente, et comme la fois précédente j'ai refusé. Ce-faisant, dès qu'un autre client s'avançait vers son étalage, il s'occupait de lui et me reléguait à plus tard - sans doute avait-il compris que je ne lui en voudrais pas. Notre transaction a, ainsi, été plusieurs fois interrompue, mais, peut-être pour me faire patienter, ou pour m'amadouer un peu plus, il m'a offert une banane après l'avoir soigneusement épluchée. Ce geste, à la fois si simple et si inouï pour moi, m'a laissé abasourdi, et je me suis retrouvé tout bête, à manger cette banane, en attendant patiemment. Finalement, mon vendeur en ayant fini avec ses clients indiens, j'ai pu le payer - je pense qu'il m'a arnaqué de plusieurs dizaines de roupies mais je n'y ai pas fait trop attention. Avant de partir, je me suis désigné du doigt et j'ai dit "Julien", puis je l'ai désigné lui et il a dit "Avral" en souriant encore. Puis il m'a de nouveau serré la main, et je me suis éloigné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dhruv dit que les Indiens sont hypocrites. Il est évident qu'il y a - outre, peut-être, un certain émerveillement pour moi l'Occidental, moi le riche - beaucoup d'intéressement dans le comportement d'Avral à mon égard, dans ses sourires et dans sa douceur : il faut m'attendrir, moi l'Occidental, moi le riche, pour que j'en oublie de négocier, et pour que, même arnaqué une fois, deux fois, je revienne, et revienne encore. Cependant, il est difficile de croire qu'un tel sourire puisse n'être qu'hypocrisie, tant il est beau. Bien plus, je vous assure que la sensation provoquée par ce sourire est tellement aérienne qu'elle vous transporte au-delà de ces considérations, et que la question de savoir si le sourire est hypocrite ou intéressé ne vient même pas à l'esprit. Peut-on comprendre cela, ailleurs qu'en Inde? Peut-on comprendre l'émotion limpide et innocente qu'un simple vendeur de fruits peut susciter? Peut-on comprendre qu'elle n'entre pas dans la classification des sentiments que l'on connaît chez nous? Je pense que je ne l'aurais jamais compris, si j'étais resté en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi qu'il en soit, je retournerai encore voir Avral. Il y a bien peu de mots que nous partageons, entre mon hindi inexistant et son anglais guère plus présent. Pourtant, par les sourires, les regards et les gestes, la communication fonctionne, venant prouver que deux êtres humains, d'où qu'ils viennent et quelle que soit la distance matérielle et culturelle qui les sépare, finissent toujours par se comprendre. Ce n'est pas une grande découverte, les communications historiques entre les peuples nous l'ont enseigné depuis longtemps, mais en faire soi-même l'expérience, sur un marché misérable noyé dans la folie indienne, est une aventure unique, une aventure qui vous bouleverse au-delà de ce qui est imaginable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Munirka, je n'ai eu affaire à aucun mendiant. C'est sans doute un quartier trop purement indien et insuffisamment riche pour attirer ceux qui n'ont rien. Cependant, au cours de quelques trajets en rickshaws, j'ai été sollicité par des quémandeurs, et c'est toujours une expérience profondément marquante, qui me hante et que je n'oublierai peut-être jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mendiants attendent que les feux de circulation passent au rouge pour se précipiter vers les véhicules qui leur semblent prometteurs, c'est-à-dire les belles voitures ou les rickshaws transportant des étrangers. Ils font alors preuve d'une insistance qui ne prend fin que lorsque le feu repasse au vert, une insistance qui vous étouffe implacablement. A chaque fois, je suis terrassé, je me sens si impuissant, si monstrueusement riche face à ces enfants vêtus de rien et dépourvus de tout, face à ces mères au visage grave qui portent leurs nourrissons, face à ces hommes qui étalent leurs plaies hideuse et leur infirmité insupportable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviendrai de cet homme, avançant les jambes croisées, se soulevant sur ses bras, sur le goudron, dans les peaux d'échappement, au milieu de voitures qui sans doute ne le voyaient même pas. Il n'a même pas eu le temps d'arriver jusqu'à mon rickshaw avant que le feu ne repasse au vert et qu'il doive s'enfuir vers le trottoir. Je me souviendrai de ce garçon, de cinq ans peut-être, posant sa petite tête sur mon genou, puis sur mon pied, et se relevant enfin pour me mimer l'action de manger. Je vous assure que lorsqu'un enfant en haillons s'humilie ainsi devant vous, lorsqu'il baise vos pieds, vous ne vous sentez pas le maître de l'univers, vous vous sentez moins que rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En principe - mais c'est un principe que l'on apprend bien vite à relativiser devant le poids écrasant de la misère à laquelle on est confronté -, il faut éviter de donner de l'argent, dont l'utilisation ne sera pas celle qu'on aurait souhaité pour ces êtres misérables. Il est préférable de donner de la nourriture, mais encore faut-il en avoir sur soi. Et puis, surtout, encore faut-il trouver la force, l'énergie de bouger alors que vous êtes figé, médusé. J'ai quand même voulu, j'ai profondément voulu donner quelques roupies à un mendiant, et je n'ai pas pu, je n'ai pas été capable de tendre la main vers mon portefeuille. Peut-être serai-je moins faible la prochaine fois, peut-être est-ce une question d'habitude, mais peut-on, doit-on s'habituer à de telles visions?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sourire d'Avral est beau, mais Avral est à peine moins pauvre que ces mendiants, et, derrière son sourire, c'est aussi toute la misère indienne qui apparaît.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115416527860364840?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115416527860364840/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115416527860364840' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115416527860364840'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115416527860364840'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/07/vendredi-28-juillet-22h30-cette.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115365914509955256</id><published>2006-07-23T14:41:00.000+02:00</published><updated>2006-07-23T14:54:19.236+02:00</updated><title type='text'>Premieres photos</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/Delhi%20-%2022juil06%20011.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/320/Delhi%20-%2022juil06%20011.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/Delhi%20-%2022juil06%20009.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/320/Delhi%20-%2022juil06%20009.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/1600/Delhi%20-%2022juil06%20004.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7872/3244/320/Delhi%20-%2022juil06%20004.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://img87.imageshack.us/img87/8594/delhi22juil06001wr9.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand" alt="" src="http://img87.imageshack.us/img87/8594/delhi22juil06001wr9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Coucher de soleil a Munirka DDA Flat. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Photos prises depuis le toit de notre appartement, le 22 juillet&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115365914509955256?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115365914509955256/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115365914509955256' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115365914509955256'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115365914509955256'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/07/premieres-photos.html' title='Premieres photos'/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115365793452455373</id><published>2006-07-23T14:31:00.000+02:00</published><updated>2006-08-04T16:41:14.696+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;Dimanche 23 juillet, 13h&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes collègues et moi avons déjà eu l'occasion de nous rendre deux fois à Jawaharlal Nehru University (JNU, prononcer djainiou), où nous étudierons et où nous essaierons de nous inscrire à partir de demain - pour l'instant, nous sommes dans le plus grand flou quant au statut, aux obligations et aux cours que nous aurons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le campus en lui-même vaut le détour : c'est une immense jungle, où ce cotoient des espèces très diverses, aussi bien animales que végétales. Ainsi, plus de trois cents variétés d'oiseaux sont répertoriées. Je suis incompétent en ornithologie, mais j'ai quand même su reconnaître un paon, perché sur un arbre. C'est, paraît-il, l'oiseau national. Cette nature luxuriante est sillonnée par une grande route goudronnée sur laquelle circulent motos, rickshaws, bus et voitures, et par d'autres voies au revêtement plus aléatoire. Lorsqu'on les suit, on s'aperçoit très vite que le campus comme une sorte de ville très dispersée : on y trouve tout ce dont on peut avoir besoin pour vivre, dans des "shopping complexes" qui semblent avoir été semés au hasard dans la jungle. Ainsi, certains étudiants, logeant dans les hostels de l'université, ne sortent jamais du campus. Je trouve cela un peu triste, mais c'est davantage une question de moyens que de choix, pour la très grande majorité des étudiants, dont certains vivent avec quelques dizaines de roupies par semaine : sur le campus, tout est moins cher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accentuant l'impression que JNU est une ville dans la ville, les magnifiques affiches syndicales peintes à la main - les affiches imprimées étant interdites -, sont le signe le plus omniprésent de l'activité des étudiants, comme si c'était à JNU que se décidait l'avenir d'un pays entier. "Everything is political in JNU", selon une formule consacrée. Dans les faits, JNU est très marquée à gauche : ce sont les syndicats marxistes et altermondialistes qui paraissent les plus visibles, même si la droite modérée et le nationalisme hindou sont aussi représentés. Sous l'effet de ce tiraillement entre les extrêmes, les élections syndicales déchaînent les passions et sont le moment fort de l'année : les cours sont suspendus les jours de vote, le comptage des voix et la proclamation des résultats donnent lieu à une grande fête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le campus est déjà animé ; j'ai hâte de voir ce que cela donnera lorsque les cours auront commencé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu'on s'est promené dans les chemins qui sillonnent Munirka, on n'a encore rien vu. Il faut se rendre à la limite du quartier, à Munirka Market. Toutes les impressions y sont décuplées, centuplées. Les rues sont étroites et grouillantes. D'un côté de la main road par laquelle on peut se rendre à Priya, on trouve des tailleurs, des marchands de meuble, des épiceries, des magasins d'électronique ou de téléphones, des laveries. De l'autre côté se succèdent des marchands de fruits et légumes, souvent jeunes, toujours miséreux. Nous avons fait quelques courses. J'ai acheté vingt roupies un régime de petites bananes - quelque chose comme une roupie par banane. Pour le coup, je n'ai pas osé négocier. Le vendeur, un adolescent, paraissait trouver absurde que je ne lui prenne que des bananes, sans doute un de ses produits les moins chers. Il insistait tant bien que mal pour que j'achète autre chose. Evidemment, il ne parlait que l'hindi ; évidemment, je ne comprenais pas, et il le voyait bien, mais il continuait à me parler, sans répit. J'ai résisté, non sans peine, et sans parvenir à m'éloigner de son pauvre étalage. J'étais fasciné par son regard, son sourire un peu triste mais si beau, qu'il n'abandonnait jamais. Finalement, je suis parti ; peu rancunier, il m'a serré la main. Je me suis promis que je reviendrais le voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Munirka Market est sans doute, dans tout ce que j'ai vu pour l'instant, ce qui s'approche le plus d'une certaine idée que l'on pourrait se faire de l'Inde authentique. Cependant, je ne doute pas une seconde que je suis loin d'être au bout de mes surprises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chaleur est parfois difficile à supporter - je ne sais pas si l'on peut s'y faire, puisque je vois qu'elle fait même transpirer. Heureusement, dès septembre, la température devrait s'abaisser, et les mois d'octobre à mars seront plus frais, voire froids. Il fait 0°C à Delhi, la nuit, en hiver. J'ai peine à l'imaginer en ce moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces jours-ci, je transpire continuellement. Lorsque je me réveille le matin, ma joue est collée contre l'oreiller, mes cheveux plaqués sur mon front. Lorsque je ne fais rien, la sueur perle à mon front ; lorsque je marche, elle tombe à grosses gouttes en me chatouillant le nez. Il n'y a guère que lorsque je suis sous le misérable jet de ma douche froide - tiède, en réalité, car l'eau ne peut pas être froide - que je ne transpire plus. Sitôt que j'en sors, le seul fait de devoir m'essuyer avec ma serviette recommence à me donner chaud. Les crèmes solaire et anti-moustique dont je dois me tartiner, en bon occidental, accentuent encore mon impression d'avoir la peau constamment humide et grasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'essaie d'éviter de m'en plaindre. Ce n'est pas facile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'appartement où je loge pour l'instant, outre les quatre Françaises, il y a un couple, composé de Sonia, une étudiante espagnole en stage dans son ambassade, et de Dhruv, un Indien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dhruv est extraordinaire. Il a étudié les grandes religions et la philosophie, notamment celle des penseurs français, de Sartre.&lt;br /&gt;'En France, nous raconte-t-il un soir sur la terrasse de l'appartement, il y a beaucoup de philosophes, parce que les gens ont le temps de réfléchir à autre chose qu'à la façon dont ils pourront gagner leur vie. En Inde, il n'y a pas de philosophe, parce que les gens travaillent sans cesse, mais il n'y a pas pour autant moins de sagesse.'&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Désormais, Dhruv travaille dans la mode, pour des grandes marques, comme Figaret ou Dior. Cela l'amène à voyager, surtout à Hong Kong et en Europe, il connaît très bien la France, où il a vécu, et d'autres grandes villes du vieux continent. Il parle parfaitement français, anglais, il doit aussi maîtriser l'espagnol. Il vit comme les jeunes Européens, il aime sortir le soir, il boit du vin, il soigne son apparence physique. Il est aussi occidentalisé qu'il est possible de l'être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, son identité indienne est très forte. Il est né dans le Penjab. Lorsqu'il avait six ans, son père l'a confié à un vieux sage, en compagnie duquel il est resté dans les montagnes, pendant quatre ans, sans voir qui que ce soit d'autre, même pas sa famille, et sans aller à l'école. Quatre ans de silences imposés, de contemplation, de méditation.&lt;br /&gt;'A dix ans, lorsque je suis redescendu de la montagne, je ne connaissais rien, mais j'avais appris beaucoup.' Il avait appris, nous explique-t-il, la valeur de chaque chose, jusqu'au plus petit caillou, 'celui que tu méprises et ignores jusqu'à ce que tu marches pieds nus sur le sol et qu'il t'écorche le pied'. Il avait appris la valeur la vie.&lt;br /&gt;'Si tu as du caviar et du champagne tous les soirs, c'est très bien ; mais si tu n'as que du pain sec et de l'eau, tu peux être tout aussi heureux.' Etre heureux avec ce que l'on a, voilà ce qui semble être son grand principe. Voilà ce qui semble être son hindouisme. Après tout, l'hindouisme n'est pas une religion, c'est bien connu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dhruv est fier, fier de réussir et de gagner beaucoup d'argent - en Inde, la richesse tend à s'afficher sans complexe, au contraire de ce qui se passe en France. Fier, aussi, de son pays. Si occidentalisé qu'il soit, il ne le renie pas une seconde. Il est même visible qu'il l'aime.&lt;br /&gt;'En Inde, toi l'Occidental, tu découvres qui tu es. Les Indiens sont hypocrites, mais comme ils sont aussi étouffants, comme ils ne te laissent pas d'espace, ils t'amèneront dans tes retranchements, ils te pousseront à te révéler à toi-même, à te débarasser de l'enveloppe dont tu te recouvres lorsque tu es en Occident. Le fait que tu aies choisi de partir en Inde prouve déjà beaucoup de choses sur toi. Lorsque tu reviendras en France, tu ne seras pas forcément plus mature, mais tu sauras ce que tu vaux, ce que tu veux.'&lt;br /&gt;Et encore :&lt;br /&gt;'Lorsque tu ne vaux rien quelque part, tu fuis. Beaucoup des Occidentaux qui s'installent durablement en Inde sont considérés comme des moins que rien dans leur pays d'origine. Et, lorsqu'ils arrivent en Inde, ils gagnent des salaires qui leur permettent de vivre aisément, ils sont vus comme des princes. L'Inde est un pays où les Occidentaux qui ont raté leur vie chez eux ont une seconde chance, sans que personne, ici, ne leur pose de question.'&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dhruv aime son pays jusque dans ses défauts :&lt;br /&gt;'La corruption, en Inde, est nécessaire à ce que beaucoup de choses fonctionnent. En Inde, lorsque tu es au mauvais endroit au mauvais moment, quand on t'arrête parce qu'on croit que tu as commis un crime, alors que tu es innocent, tu as moyen d'obtenir ta libération par la corruption.'&lt;br /&gt;Dhruv semble ignorer les cas où des coupables obtiennent également leur libération par la corruption. Il continue :&lt;br /&gt;'Les castes et les sectes religieuses permettent que cette corruption ne soient pas réservée aux riches. L'homme innocent qui est arrêté pourra s'en sortir même s'il n'a pas d'argent, car il ira voir un chef de sa caste, un chef de sa secte, il lui dira "j'appartiens à ta caste, j'appartiens à ta secte", et le chef l'aidera, sans rien lui demander en retour, car il ressentira le besoin de l'aider.'&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A entendre Dhruv, un soir, à la lueur d'une chandelle allumée pour parer aux pannes de courant - qui sont quoditiennes -, on se dit qu'il n'est pas toujours de bonne foi, qu'on pourrait lui opposer bien des arguments s'il nous accordait un répit dans son flot de paroles, mais on a, malgré tout, le sentiment extraordinaire que l'Inde est le pays de la Liberté et de la Vérité, et on ne demande qu'à le croire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/30280847-115365793452455373?l=carnets-indiens.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/feeds/115365793452455373/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=30280847&amp;postID=115365793452455373' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115365793452455373'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/30280847/posts/default/115365793452455373'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://carnets-indiens.blogspot.com/2006/07/dimanche-23-juillet-13h-mes-collgues.html' title=''/><author><name>Julien</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08952669769713202534</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-30280847.post-115365764869549192</id><published>2006-07-23T14:25:00.000+02:00</published><updated>2006-07-29T11:24:45.473+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;strong&gt;Vendredi 21 juillet 2006, 16h (heure de Delhi)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sont les premiers mots que j'écris depuis mon arrivée en Inde, mercredi soir.&lt;br /&gt;Au-dessus de ma tete, le ventilateur tourne et apporte un léger souffle ; sur la terrasse, le soleil est intransigeant. Hier, le ciel était nuageux, et il avait plu mercredi : je ne dirais pas qu'il faisait frais, mais il faisait moins chaud que ce à quoi je m'étais attendu. Aujourd'hui, le seul fait de marcher est épuisant. Autant en profiter pour écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai peu de faits à raconter, mais tellement d'impressions à tenter de décrire - tenter seulement, car la réalité indienne, que je découvre tout juste, m'est encore trop peu familière pour permettre le recul nécessaire à une description fidèle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela commence dès la sortie de l'aéroport, mercredi soir. Imaginez : vous avez passé la journée entière dans un avion frais, vous êtes dans un hall d'aéroport climatisé, et soudain, pour prendre votre taxi, vous franchissez une porte, vous entrez dehors, vous entrez dans l'Inde. Ce n'est pas de chaleur qu'il convient de parler ; c'est de touffeur : l'air semble d'une pesanteur inouïe, la chaleur est enveloppante et humide à la fois, elle est chargée d'une sorte d'arrière-odeur comme il y a des arrière-goûts. C'est une sensation climatique qui n'existe pas en France, même au plus fort de l'été, et même si, finalement, parce qu'il fait nuit et qu'il a plu, la chaleur n'est pas si forte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le trajet en taxi, de l'aéroport à l'appartement, est déjà un total bouleversement. J'ai décidé de partir en Inde pour être dépaysé, et je n'avais qu'une seule certitude, celle que je ne serais pas déçu à ce sujet. Tous les récits livrés par les voyageurs occidentaux partis en Inde parlent de dépaysement, tous les guides de voyage, les sites internet. Alors, en partant, j'avais cru deviner à peu près quelle serait mon impression liée à ce dépaysement. Erreur, prétention, ignorance : c'est impossible ; le fait est qu'il n'y a pas de mot suffisamment fort pour caractériser le choc qu'un Occidental vit en arrivant en Inde pour la première fois, et que le terme dépaysement est faible. Dire que l'on est dans un autre monde est un peu facile, mais c'est l'expression à laquelle on se rattache, par défaut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le taxi roule, vitres ouvertes. La circulation est anarchique : les voitures, les motos conduites par des hommes sans casque et les rickshaws - ces triporteurs motorisés qui font office de taxis très bon marché - se faufilent les uns entre les autres, certes avec agilité, mais au mépris de toutes les règles de circulation, et dans un concert incessant de klaxon. En Inde, le klaxon est indispensable, il relève des bons usages ; il y a même des bus sur lesquels est écrit : "prière de klaxonner". Assis dans mon taxi, j'ai peur pour chaque piéton que je vois traverser la route, tant le comportement de tous les véhicules semble imprévisible, dicté uniquement par des réflexes aiguisés. D'énormes vaches impassibles encombrent régulièrement la chaussée - ce n'est pas un mythe. Delhi, déjà, donne l'impression d'être une ville constamment vivante, trépidante, folle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La route que suit mon taxi passe devant des immeubles qui ont l'air décent, puis devant des bidonvilles. L'un d'eux me marque plus que les autres : installé au milieu d'un immense rond-point, il paraît être une île dans le flot de circulation. Un peu plus loin, des gens dorment par dizaines à-même le trottoir, serrés les uns contre les autres à quelques centimètres de la route si dangereuse. On m'avait prévenu que je verrais la misère et l'insalubrité, je les vois ; je les sens, aussi. Par les vitres m'arrivent tantôt des effluves légèrement épicées et assez agréables, tantôt des miasmes insoutenables pour qui est habitué à la propreté presque clinique, en comparaison, des métropoles européennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le taxi, finalement, me laisse, ou plutôt nous laisse : nous sommes quatre Français de Sciences Po à être arrivés ensemble, et nous rejoignons une de nos collègues, arrivée quelques jours plus tôt avec ses parents. Elle a récupéré l'appartement d'une autre étudiante de notre école, qui était à Delhi l'an passé. Il est agréable de ne pas avoir à chercher où poser ses valises. L'appartement, du reste, est très bien. En France, on le trouverait sans doute délabré, mais au regard des standards indiens il serait presque luxueux. Il est situé dans un quartier résidentiel, Munirka DDA Flat, qui est juste à côté de JNU, notre université.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous prenons l'air un instant sur la terrasse et sur le toit. Je n'arrive pas à réaliser que je suis en Inde. Je ne suis ni angoissé, ni excité, ni heureux, ni triste. Je suis écrasé par le seul fait d'être présent dans un pays dont je ne connais rien, je ne ressens rien d'autre, je ne peux qu'observer, écouter. J'entends le vrombissement des avions qui volent très bas au-dessus du quartier, et j'entends les gardes du quartier qui rythment leur ronde de coups de sifflet tout en frappant le sol de lourds batons - pour signaler leur présence, dissuader les voleurs, rassurer les habitants?&lt;br /&gt;Bientôt couché, je ne tarde pas à m'endormir. Nous sommes cinq dans une grande chambre rectangulaire, installés sur des matelas mis les uns à côté des autres. Je suis le seul garçon, et je me sens gêné. Les ventilateurs brassent l'air inlassablement. On nous a prévenus qu'il n'y aurait pas d'eau dans la salle de bains pour les deux jours suivants. Tout cela est insignifiant, au fond. Nous sommes en Inde ; nous ne pouvons nous permettre de dresser des comparaisons entre Paris et Delhi, nous devons même l'éviter à tout prix, parce qu'on ne peut pas comparer l'incomparable, et parce qu'on ne peut s'adapter à la différence si on la ramène toujours à ce que l'on connaît. S'adapter implique d'ouvrir un cahier vierge, débarassé autant que possible des préjugés, des comparaisons, des questionnements, et même, du moins au départ, des opinions, des sentiments. Ceux-ci viendront plus tard. Pour l'instant, il faut savoir être amnésique. Pour l'instant, il faut dormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, au lever, je suis surpris par le beau rouge brique des façades des immeubles de Munirka, et par la végétation assez fournie et très verte qui pousse partout dans Munirka, jusque dans un Central Park au gazon presque digne des pelouses anglaises - je m'amuse à penser que c'est un reste de l'époque coloniale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes collègues françaises et moi voulons nous rendre à Priya, un quartier dont on nous a parlé, dans le but de faire quelques courses et de trouver de quoi donner des nouvelles à ceux que nous avons laissés en France - dès mon arrivée, j'ai ressenti le besoin violent de communiquer avec les personnes que j'aime, non pas tant parce qu'elles me manquent - il est encore un peu tôt pour cela - que pour leur faire partager mes premières impressions, si limitées soient-elles. J'ai le pressentiment que leur parler, écouter leurs réactions, m'aidera à prendre conscience de mes propres sensations, à réaliser que je suis en Inde, en Inde pour dix mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous comptons d'abord, grâce à quelques indications, trouver Priya à pied. Nous commençons donc à errer dans les rues tantôt goudronnées, tantôt terreuses, de Munirka. C'est notre premier contact direct et intégral avec l'Inde - car le taxi de la veille était une bulle d'où nous pouvions voir sans être vus. De fait, tout est différent lorsque l'on marche dans la rue, au milieu des Indiens : alors, on s'expose, alors on est vraiment l'étranger, dévisagé comme tel. Tout le monde nous regarde, mais sans animosité, sans malveillance, juste avec une certaine curiosité et, sans doute, une gentille moquerie. Cette dernière semble tout spécialement suscitée par la casquette que je porte pour me protéger des rayons de Soleil qui, lorsqu'ils filtrent à travers les nombreux nuages, sont particulièrement forts. Mes camarades, en raison de leur sexe et bien qu'elles soient habillées de façon à ne pas provoquer, sont dardées de quelques regards pesants, soupçonneux de la part des femmes indiennes, ambigus de la part des hommes. Quant à moi, je suis gratifié de sourires inoubliables, d'une beauté profondément émouvante, offerts par de jeunes garçons ou adolescents : j'ai l'impression de les émerveiller, sans doute parce que je leur parais représenter un Occident qu'ils imaginent lumineux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très vite, nous sommes perdus dans Munirka. Nous sommes perdus au sens propre, parce que nous n'arrivons pas à trouver Priya, et que les informations que nous demandons à des gens dans la rue s'avèrent contradictoires. Il faut dire que les personnes que nous interrogeons ne connaissent pas l'anglais, et que nous autres ne connaissons pas l'hindi ; quoi qu'il en soit, ils manifestent tous une volonté de nous aider, et une gentillesse qui, très vite, nous met un peu plus à l'aise. Pourtant, nous sommes aussi perdus au sens figuré, tant les rues que nous empruntons sont "dépaysantes" : sales, bruyantes, animées au-delà de tout ce que l'on peut connaître en France. Les boutiques se ressemblent toutes par leur fouillis, il faut y attarder son regard pour parvenir à déterminer ce qu'elles vendent. Les produits, quels qu'ils soient, semblent disposés sans la moindre organisation. La plus petite échope emploie quatre ou cinq personnes ; le travail de certaines d'entre elles se limite à mettre les achats des clients dans des sacs plastiques ; d'autres, même, semblent n'avoir rien à faire, et se contentent d'observer, debout à côté de la caisse. Il y a de petites boutiques où des femmes font la lessive et repassent, il y a des barbiers à l'hygiène douteuse, des comptoirs où les gens viennent retirer du lait dans des bidons qu'ils apportent. Il y a aussi des marchands ambulants, qui poussent de grosses charettes couvertes de fruits, notamment de mangues savoureuses - nous en avons acheté -, ou des sortes de stands vendant des cartes de téléphone, des journaux, des chips, des chewing-gums. Il y a encore des enfants ou des femmes qui, assis sur le trottoir, font cuire sur quelques braises des épis de maïs et qui nous interpelllent. D'ailleurs, partout où notre regard se pose, il rencontre un vendeur, qui, d'un signe de la tête, d'un geste du bras, nous incite à lui acheter quelque chose. Et puis ces vaches sacrées, et puis ces klaxons, et puis ces rickshaws ; cette misère matérielle, cette richesse humaine et toute cette vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous optons finalement pour la facilité, et prenons un rickshaw, non sans avoir négocié le prix. Trente roupies pour aller à Priya, soit aux alentours de cinquante centimes d'euro (50 roupies équivalant à un peu moins d'un euro). Pourquoi négocier? Pour gagner cinq roupies, dix de nos centimes? Oui, parfaitement, pour une somme aussi insignifiante ; mais pour le principe, aussi : nous allons vivre un an en Inde, et si notre pouvoir d'achat est conséquent, ce n'est pas une raison pour accepter sans broncher de payer un tarif supérieur à ce qu'il est normalement. Ce n'est pas que nous sommes à quelques roupies près, ce n'est pas non plus, bien sûr, que nous refusons de donner à un travailleur de quoi nourrir un peu mieux les siens le soir, c'est que nous devons vivre en Inde, et que négocier fait partie intégrante de la vie indienne. En renonçant à négocier, nous resterions des touristes, et nous sommes venus pour être un peu plus que des touristes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Priya, on trouve un complexe de cinéma, un Mac Donald's, un Subway, des boutiques de grandes marques comme Adidas. C'est un quartier à l'occidentale, si l'on peut dire, un quartier riche. D’ailleurs, on ne nous y regarde pas, alors que partout ailleurs on n’a d’yeux que pour nous. Et il y a beaucoup moins à en dire que sur Munirka.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous achetons dans une sorte de superette quelques produits alimentaires et sanitaires, avec des prix qui, pour l'Inde, sont élevés, mais qui sont fixés, et ne laissent donc pas de place à la négociation. Nous allons dans un cybercafé, téléphonons depuis des cabines, donnons quelques nouvelles comme nous espérions le faire. Nous allons dans une librairie acheter un guide de Delhi. Là, un homme m'aborde, et commence à me parler, dans un anglais approximatif dont je ne saisis qu'un mot sur trois :&lt;br /&gt;'D'où viens-tu?'&lt;br /&gt;'De France. Paris.'&lt;br /&gt;'Ah! Je suis désolé pour la défaite contre l'Italie.'&lt;br /&gt;Et, à ma grande sur
